
Crash Bandicoot : La vengeance de Cortex
publié le 7 avril 2003- Etat : Disponible
- Développeur :Traveller's Tales
- Distributeur :Universal Interactive Studios
- Genre :Action / Aventure
- 23/11/2001
- 31/10/2001
- inconnue
Un Crash, perd et passe ? Souvenez-vous. C'était il y a de cela près de deux ans, lors de l'une des premières rencontres entre les pontes de Sony Computer Entertainment, et le monde du jeu vidéo venus pour la circonstance à plat ventre, implorant Ken Kutaragi de bien vouloir leur donner la primeur de ses paroles d'évangiles.
Souvenez-vous de ces pingouins sur la banquise sur écran géant, de cette fumée sortant de leur bec, et de Crash, le poil soyeux, courant devant eux, en full 3-D sauce 128bits temps réel, que même-ta-mère-elle-en-perdait-ses-dents ! Souvenez-vous surtout qui était au commande de cette démo béton, ne durant que quelques minutes, mais franchement bluffante. Naughty Dog's, les barrés de l'aventure Jak and Daxter. Fallait se pincer pour le croire, mais ces images étaient, à l'époque, tout simplement révolutionnaires. Et puis le temps passe. Les licences avec. Naughty Dog's, sentant probablement que l'histoire du bandicoot commençait sérieusement à renifler le sapin, décide de vendre à prix d'or sa licence la plus rentable, et de partir vers de nouveaux sentiers, encore empruntés par personne, donc.
Il y a bien un Dieu du jeu vidéo, qui inspire les talents, et purge les besogneux. Et des sbires de Traveller's Tale (que l'on a connu plus inspirés, justement), aux cerbères du bureau des vérifications de la qualité minimale pour un jeu, personne n'a vu la cata arriver, se profiler, et finalement s'abattre comme une bonne vieille mandale à la Van Damme.
C'était fatal, la mort d'un héros est toujours triste, et c'est à un enterrement de première classe auquel on assiste (presque) impuissant. Quelque chose à sauver ? Tout commence par les retrouvailles de ce cher Crash avec sa sœur, la sympathique Coco, découverte dans les épisodes précédents, sur PSOne. Une fois encore, il vont devoir joindre leur force, afin de déjouer les plans maléfiques de l'incontournable (et presqu'aussi célèbre qu'eux), Dr Neo Cortex. Mais gare, car faut pas la lui faire trop souvent au bon savant fou, et cette fois c'est une véritable armada de big boss, tous plus givrés et gargantuesques les uns que les autres, qui prêtent leurs services zélés aux visées apocalyptiques de Cortex.
La toile de fond repose sur les 4 éléments fondateurs de la vie, l'air, la terre, le feu, et l'eau. 4 masques en détenaient le contrôle, avant d'être battus par les "anciens", et ainsi d'être retenus prisonniers pendant des milliers d'années, dans des cristaux magiques.
Ces derniers, après une infinie période d'hibernation, reprennent vie, et ne décolèrent pas. Déchaînant les éléments dont ils étaient les maîtres, ils se font fort de montrer au monde qui a le pouvoir de perturber le climat, à grands coups de tempêtes, de tremblements de terre, de volcans en éruption. Cortex et sa clique ont, semble t-il encore frappé. Aku Aku, Crash et Coco se mettent à la recherche de ces fameux masques, afin que la malédiction cesse, et que la terre retrouve un semblant de sérénité.
Du boddybuildé Crunch, LE méchant du jeu, un bandicoot qui serait passé du côté de Tchernobyl, au tigre Tiny, en passant par l'improbable Dingodile, mélange plus ou moins joyeux de croco et de Dingo (si, puisqu'on vous le dit !), il y en a pour tous les (dé)goûts.
Il y a donc du pain sur la planche en prévision, et force est de constater que l'on se pourlèche les babines d'avance, à l'idée de faire virevolter comme au bon vieux temps, ce satané Crash, premier digne représentant de l'ère Playstation première cuvée. Comme au bon vieux temps... Tout commence pour le mieux avec une intro sympa en diable, la présentation des forces en présence et enfin le premier tableau à finir dans les meilleur délais... du moins, ça c'est ce qu'on souhaite au départ. Avant qu'un interminable loading vous fasse presque passer le goût de voir la première image. Mais bon, faut ce qu'il faut, et une fois chargé, ça devrait aller tout seul...
Avant de rentrer dans le vif de l'aventure, vous devez passer par une salle où sont regroupés, à l'instar des épisodes précédents, les différents "sas" spatio-temporels, correspondants au différentes mini-quêtes que vous devrez mener à bien, ainsi que l'accès aux sauvegardes et chargements.
Allez hop, on part vers le premier sas.
Les innovations du gameplay ne sont pas flagrantes. Crash peut marcher sur la pointe des pieds, ramper, tournoyer sur lui même comme une toupie, courir, faire des sauts dignes de Carl Lewis. Rien de bien nouveau à première vue, mais fallait pas s'attendre à des miracles... patience car quelques petits zestes agrémentent l'histoire.
De nombreux véhicules vont être mis à votre disposition, tous plus loufoques les uns que les autres.
Certains de ceux que vous allez utiliser sont assez difficiles à conduire. La maniabilité laisse à désirer notamment sur la course dans le désert, où il faut plus la jouer à l'intuition qu'à la conduite fine. De même pour les niveaux où interviennent les lasers. Crash équipé d'un mini coptère peut se déplacer aussi bien latéralement que verticalement. Là, si ce n'est pas la maniabilité de l'engin qui est à remettre en cause, c'est l'estimation des distances avec la lave au sol et les fameux lasers. Vous allez refaire ces niveaux un nombre de fois considérable avant de pouvoir éviter les éléments obstruant le bout du tunnel !
Les graphismes sont eux fort beaux, bien que peu détaillés. Mais c'est le style du jeu lui même qui l'impose. L'ambiance est là, décoiffante, et on ne s'en plaindra nullement. Vous avais-je dit que pour accéder à ce premier défi, j'ai du me refaire une heure de loading ? Non ? bien, c'est chose faite.
Tout ça est bien joli, bien fait, fort élégamment produit, mais une question se pose. Y a-t-il matière à réjouir ici les possesseurs de PS2 voulant débourser près de 60 euros dans un titre digne de ce nom ?
Les niveaux s'enchaînent sans déplaisir, des mini-jeux agrémentent l'ensemble, et les boss sont assez retors pour vous donner de longues minutes de plaisir, avant de les occire. De plus, les niveaux, au total de 25 (sans compter les niveaux bonus), sont assez longs, très diversifiés, et collent parfaitement aux environnements des 4 éléments que sont l'air l'eau la terre et le feu. Mention toute particulière pour les décors et les adversaires, tous très colorés et dans la droite ligne des premiers Crash Bandicoot. Bravo, çà c'est de la belle ouvrage !
Toujours ce mixte intéressant de jeu de plateforme en 2D et en 3D... on aurait aimé pouvoir évoluer dans les décors plus à sa guise. Il est dommage de devoir suivre linéairement le circuit imposé, comme par le passé... Certains niveaux sont assez spectaculaires, tel celui ou Crash doit bombarder des navires du haut de son petit coucou... votre dual-shock va subir les assauts des ennemis décidés à vous faire perdre au moins une aile !
Mais là où le bât blesse, et où l'on ne peut comprendre la démarche d'adapter ce titre sur PS2 et non sur PSOne, que pour une question de gros sous, c'est qu'il est évident qu'aucune avancée, ne serait-ce qu'infime, ne différencie fondamentalement ce Crash Bandicoot, de ces aïeux. Traveller's Tale, les "pondeurs" de "la vengeance de Cortex", sont des décalqueurs scrupuleux certes, mais bien peu inspirés. Et ce n'est pas le fait que Crash puisse ponctuellement devenir invisible ou métallique, ou que sa sœur Coco soit jouable qui change grand chose.
Les niveaux parcourus sont tous pourtant très bien rendus, donnant parfois même l'impression, comme dans les niveaux "glaciers" de réellement sentir, avec force détails (reflets superbes dans la glace, lave mouvante, torches enflammées etc...) le froid, la grande chaleur, l'humidité vous percer le bas ventre.
Des musiques aux effets sonores, on ne peut que déplorer une stricte photocopie. Tous les plus petits effets ont été gardés des versions antérieures, mais on mettra sur le compte du respect de l’œuvre le manque d'imagination... mouais. Mais au fait, vous ai-je assez parlé des temps de loading ? Oui, car pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, on ne se lassera jamais assez de dire qu'il est inadmissible, affligeant, de voir des temps de chargements aussi longs qu'une chanson de Garou, sur PS2. On sait, grâce notamment à Jak and Daxter, que l'on peut tout bonnement supprimer désormais ce fardeau. Mais non, ici, on vous laissera hypnotisé devant votre écran "loading". Peut être la meilleure façon de décrocher du jeu, si l'on ne se lasse pas avant de sauter sur des caisses. Je suis un peu dur, mais Crash méritait bien mieux que cette pâle adaptation. A défaut de nous apporter un jeu totalement neuf, se reposant sur de solides fondations pour donner un gros coup de boost à une série en fin de carrière, Universal Interactive Studios nous livre une nouvelle aventure du bandicoot, qui se laisse savourer sans déplaisir, à condition de ne pas être trop regardant sur la nouveauté.
Verdict
De l'aveu même de Jason Rubin, président de Naughty Dog's, cet épisode relève plus de l'exploitation pure et simple d'un nom, que d'un désir d'en donner pour son argent au joueur. Si on lui concèdera un rien d'amertume de ne pas être aux commandes (bien que ce soit lui qui l'ait voulu ainsi), on ne peut qu'acquiescer... devant ce loading, qui loading, qui loading, qui loading....

A partir de 9.9 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie