
Conspiracy: Weapons of Mass Destruction
publié le 2 octobre 2005- Etat : Disponible
- Développeur :Kuju Entertainment
- Distributeur :Oxygen Interactive
- Genre :FPS / Doom Like
- 12/07/2005
- inconnue
- inconnue
Surfant sur la médiatisation du conflit en Irak et sur la fameuse et infructueuse recherche d’armes de destruction massive, Kuju Interactive nous propose de partir à leur recherche dans Conspiracy : Weapons of Mass Destruction. Alors, y sont elles vraiment ?
C’est amusant de voir comment certains développeurs n’hésitent pas à se servir de l’actualité, plus ou moins dramatique, pour faire vendre leurs jeux. Prenons l’exemple de ce FPS de Kuju Interactive. Avec un nom comme Conspiracy accompagné de la fameuse appellation Weapons of Mass Destruction, nulle doute que la volonté des développeurs était d’attirer les détracteurs de la politique américaine. Et quand on voit que la publicité papier contient une citation du secrétaire de la défense américaine, on s’imagine déjà pouvoir contrôler un soldat américain qui découvre l’horrible vérité sur cette conspiration. Et bien non…Du grand n’importe quoi…Alors que l’on s’attend à parcourir l’Irak le M16 à la main, le joueur incarne Cole Justice (de la bonne caricature), un ancien agent secret du gouvernement fraîchement recruté par « l’Agence », un groupuscule gouvernemental, afin d’exécuter un ultime contrat. D’après certains renseignements, « l’Hydra », une agence gouvernementale corrompue jusqu’à l’os, s’apprête à vendre des armes de destruction massive à plusieurs groupes terroristes qui veulent y mettre le prix. A vous de venir empêcher cela, avec le sourire.
C’est donc ce prétexte qui sert de scénario à ce FPS. Mais niveau implication il faudra repasser parce qu’aucune cinématique ne vient jamais introduire l’action, nous avons le contrôle d’un parfait anonyme, un homme sans visage. Au mieux on se contentera d’un briefing pendant le temps de chargement. ..Génial.
Le pire c’est que même entre les missions les liens sont absents. On commence le jeu dans des ruines Aztèques en pleine Amérique du Sud et dans le niveau suivant on se retrouve dans le Cercle Polaire en passant par des bureaux et des docks sans savoir pourquoi ni comment. Et les choses ne vont pas en s’arrangeant lorsqu’on se lance dans une mission.Jeu développé sur Net Yaroze !Une fois décidé à jouer, on se lance dans la première mission se déroulant des les ruines Aztèques. La première chose qui frappe est la laideur graphique totalement inadmissible pour une jeu PlayStation 2 sorti en 2005. A la rigueur pour un jeu développé par des développeurs amateurs au tout début de l’année 2000 ça passerait presque encore (quoique), mais voir un tel résultat fin 2005 alors que le jeu est développé par les responsables du très bon Call of Duty : Le Jour de Gloire, on se demande si ce n’est pas une blague. Enfin, il faudra faire avec cette sorte de bouille de pixels fondus et continuer à jouer.
Ceci dit, la qualité d’un jeu vidéo ne passant pas uniquement par sa charte graphique, il faut quant même faire abstraction de ce « détail » pour s’attarder sur le gameplay à proprement parler. Là encore, on touche le fond. Les ennemis que l’on rencontre sont tous des clones à l’intelligence artificielle digne d’un porte savon. La plupart du temps ils se contentent de recevoir les balles que l’on daigne leur jeter au visage. Le pire m’est arrivé lorsque des gardes placés en hauteur m’ont repéré et qu’ils n’ont rien trouvé de mieux que de tourner en rond…Du grand n’importe quoi.
Alors on se contente de traverser les niveaux du jeu en tirant sur les appeaux à balle que l’on croise sans jamais tenter une stratégie de combat. D’autant que les objectifs des missions sont pratiquement toujours les mêmes : défoncer tout le monde pour trouver des armes. Le seul petit moment intéressant est de tomber sur les pièges mortels et vicieux dans le premier niveau dans la jungle. Le reste est laborieux, d’autant que l’ambiance est purement absente. Comment pouvons nous nous impliquer dans ce jeu alors que même la musique d’ambiance est absente ?
Le seul petit moment de musique que l’on peut entendre est une douce sonate au piano qui intervient lorsque l’on passe de vie à trépas et rassurez-vous, vous l’entendrez plus qu’il ne faut. Pourquoi me direz vous ? Tout simplement parce que vendre un jeu qui prend une après midi pour abattre les cinq ( !) niveaux de jeu peut paraître une arnaque si la difficulté corsée ne vient pas rallonger la durée de vie. Alors les développeurs ont pris le pari de corser la difficulté rendant les parties parfois délicates, même en mode facile.Quelques détails qui gênent. Bon résumons : un jeu moche, sans ambiance ni profondeur et qui s’offre le luxe d’être court et peu évident. Que rajouter à cela ? Je dirai l’absence totale de modes multijoueurs qui rend la durée de vie encore plus minimale et le jeu encore moins convivial ou encore le manque d’armes et leur classicisme. Le pistolet, le M16, le fusil…du déjà vu dans tous les jeux du genre. On s’ennuie ferme !
Ceci dit certains détails sont quant même sympathiques comme les dégâts localisés pour les ennemis qui s’écroulent d’une balle dans la tête ou la violence du jeu. Une grenade bien placée et les gardes explosent comme une courge bien mûre. Ajoutons à cela le réalisme de porter deux armes à la fois uniquement . Sympa sans plus.
La qualité graphique c’est fait, la durée de vie c’est fait, le gameplay c’est fait et la partie musicale également. Seule reste la maniabilité qui, elle, s’en sort correctement puisque les deux sticks sont utilisés à bon escient et que les gâchettes servent à tirer et recharger vos armes. Mais même jouable, il faut encore vouloir y jouer.
Proposé à 40 euros dans le commerce, il vaut mieux passer sont chemin pour se rabattre sur des hits comme Cold Winter ou Project Snowblind qui doivent désormais coûter le même prix. A bon entendeur…
Verdict
Bon, j’espère vous avoir convaincu de garder vos précieux deniers pour un jeu qui en vaut vraiment la peine parce que ce Conspiracy est lamentable. En fait, tout comme les armes de destruction massives en Irak, le plaisir que nous procure ce FPS est tout simplement introuvable. Un authentique navet vidéoludique !

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie