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Commandos Strike Force

Commandos Strike Force

publié le 11 avril 2006
  • 17/03/2006
  • inconnue

Connue comme l’une des plus sérieuses représentantes du jeu de stratégie sur PC, la série des Commandos revient sur PlayStation 2 dans un épisode bien loin de sa vocation d’origine, à savoir, nous prendre la tête. Rangez votre subtilité et sortez l’artillerie lourde !

Depuis son premier épisode sorti à la fin des années 90 sur PC, la série des Commandos s’est rapidement imposée comme LA référence du jeu de stratégie en temps réel. Avec une petite poignée de soldats aux compétences propres largués au milieu de l’enfer de la guerre, c’est une véritable partie d’échec qui devait être jouée entre vous et l’ennemi nazi. Fort de ce succès, trois épisodes et une tripotée de disques additionnels furent pressés chez les espagnols de Pyro Studios. Une honnête version PlayStation 2 de Commandos 2 est d’ailleurs sortie en 2002, mais ne resta pas gravée dans les mémoires à cause d’une maniabilité un peu capricieuse. On se demande encore pourquoi les développeurs n’avaient pas inclus une compatibilité totale avec les souris USB…

Conscient que la mode est aux jeux de tirs en vue subjective, Pyro Studio a changé son fusil d’épaule et propose aujourd’hui, après de nombreux retards, un Commandos Strike Force résolument orienté action. Est-ce une façon de trahir ou de sublimer le concept original ?Commandos of HonorTerminés la vue du dessus, le clic de la souris et le point de vue omniscient, dans ce Commandos Strike Force vous ne jouez plus un fin stratège qui doit bouger ses pions au bon moment, vous pénétrez de plain pied dans la peau de vos chiens de guerre de la Strike Force. De toute la bande de soldats d’élite, seuls trois héros ont survécu à ce passage au format FPS. Ainsi, vous ne dirigerez plus que le noyau dur de cette troupe : le béret vert, le sniper et l’espion, trois hommes de terrain aux gameplays différents mais bien souvent orientés action pure. En raison du type de mission qui vous est attribué vous ne contrôlerez parfois qu’un seul personnage, réduisant ainsi votre éventail d’options tactiques, alors qu’à d’autres moments vous pourrez alterner entre deux ou trois hommes d’une simple pression du bouton triangle. La coopération prend alors une tournure plus sérieuse mais bien trop limitée en comparaison avec ce que proposait l’opus original. Enfin, l’idée est tout de même louable et suffisamment novatrice pour donner un peu de fraîcheur à un genre surexploité : les jeux d’action se déroulant pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Avec son goût prononcé pour l’action, le béret vert est souvent l’homme des situations les plus explosives. Armé et dangereux, diriger le béret vert revient à diriger le soldat Paterson de Medal of Honor : on suit un chemin tout tracé sur une carte et on vide son chargeur sur le premier ennemi qui ose croiser notre route. Bien loin des possibilités offertes par le concept original, les choix tactiques de notre homme de terrain se résument à tirer sur tout ce qui bouge, lancer des grenades et donner des coups de couteaux à ceux qui le méritent (l’option discrétion que tous les membres de l’équipe peuvent choisir). Il n’est plus possible de se cacher dans la neige ou de porter des barils explosifs pour anéantir toute une unité, ni même de simplement cacher un corps puisque les nazis ont la fâcheuse tendance à se dissoudre dans l’air quelques secondes après leur mort.

L’œil sur la lunette de son fusil, le sniper a pour vocation première de couvrir ses coéquipiers depuis des hauteurs et de leur ouvrir des routes bien gardés. Relégué au rôle de tourelle mobile le sniper a tout de même ses jambes et aura donc lui aussi des missions semblables au béret vert et basées sur l’action. La différence entre les deux hommes n’est pas particulièrement palpable.

Enfin arrive l’espion, le chef de la Strike Force, qui a la particularité de pouvoir jouer au caméléon avec les ennemis. Aussi discret que l’agent 47, l’espion peut tuer furtivement une sentinelle pour lui voler son uniforme et passer incognito auprès des autres soldats. Mais attention, si les soldats de base ne font pas attention, les gradés reconnaîtront tout de suite le subterfuge. La solution à ce problème ? Tuer aussi vite que possible un gradé pour lui prendre son uniforme et recommencer à chaque nouvel échelon hiérarchique que vous croiserez. L’idée est bonne et les morts subtiles aussi (gaz, poignard, étranglement, silencieux…) mais sont trop assistées, une simple pression du bouton croix déclenchant une cut scène de strangulation. On ne retrouve pas cette tension grandissante quand on arrive derrière un garde pour le poignarder, avec le risque de foirer son coup comme dans la série Hitman. Là encore, si vous êtes démasqués, la seule solution qui vous reste est l’action. Dommage.Des bonnes idées mais beaucoup de lacunesAlterner entre trois personnages et leur proposer des phases de jeux différentes est une bonne idée, d’autant que les objectifs sont souvent nombreux et diversifiés (infiltration, sauvetages, sabotages, embuscades…), mais pas suffisamment bien exploitée. Il est regrettable par exemple de tomber sur des phases de jeu souvent scriptées et dont les options stratégiques sont imposées par le niveau. Impossible d’aborder le même niveau de plusieurs façons comme à l’origine de cette série, il faut se contenter de suivre la marche à suivre et la respecter. Les possibilités ne sont donc pas nombreuses et loin de l’action tactique promise par Pyro Studio, on se retrouve devant un sous Medal of Honor qui aurait oublié deux éléments essentiels de son succès : l’intelligence artificielle et la réalisation.

Loin de vouloir comparer l’intelligence des ennemis de Commandos Strike Force à une intelligence humaine, il faut tout de même avouer que les nazis du jeu font le minimum syndical : ils se planquent derrière des caisses mais ne jettent jamais de grenades, ne s’organisent pas pour se couvrir, ne vous poursuivent pas en cas de découverte et ne sont pas très regardant sur le bruit que vous faites ou sur leur champ de vision. Comparé à ce que les petits gars de Pyro Studios nous ont habitué à voir, on ne peut que rester perplexe.

Basé sur la technologie Renderware, la réalisation graphique affiche dès les premières secondes le poids des âges et des nombreux retards. Les textures sont floues et pixélisées par endroits (rochers, arbres…), les ennemis ne sont que de vulgaires clones, les effets spéciaux sont pauvres…bref, les développeurs ont réussi l’exploit de faire en 2006 un jeu moins beau que Medal of Honor : En Première Ligne sorti en 2001. Un ou deux trains de retard donc qui nous percutent aussi lors des déplacements ou des scènes un peu chargées : le frame rate est bas et l’animation accuse de sérieux ralentissements. De même, au rang des regrets nous pourrions citer l’absence de moteur physique, l’absence d’ordre à donner aux soldats qui nous entourent ou encore l’absence de souffle épique – les phases d’action étant particulièrement molles.

Reste une durée de vie conséquente avec ses 14 missions et son mode Online couplée à une jouabilité bien pensée et tout aussi efficace que la concurrence mais globalement, on a connu mieux.

Commandos Strike Force - 44 Commandos Strike Force - 43 Commandos Strike Force - 41 Commandos Strike Force - 39 Commandos Strike Force - 33 Commandos Strike Force - 35 Commandos Strike Force - 28 Commandos Strike Force - 22 Commandos Strike Force - 20 Commandos Strike Force - 19 Commandos Strike Force - 21 Commandos Strike Force - 15 Commandos Strike Force - 13 Commandos Strike Force - 11 Commandos Strike Force - 5



test écrit par Vincent


  • Graphismes

    4 / 10

    Le moteur Renderware arrive clairement en fin de vie. Les textures sont simples et le frame rate perd souvent la tête.

  • Jouabilité

    6 / 10

    Les commandes répondent bien et alterner d’un perso à l’autre se fait facilement.

  • Son

    7 / 10

    Les musiques d’ambiances sont discrètes mais belles, les voix françaises sont de bonne facture.

  • Durée de vie

    7 / 10

    14 missions et un mode Online mais les regrets pèsent sur la durée de vie.

  • Fun

    5 / 10

    Moins prise de tête que les Commandos classiques, mais aussi bien moins intéressant.

• Les musiques et les voix
• Trois personnages différents
• La durée de vie

• Une technique dépassée
• L'intelligence artificielle pas au point
• De bonnes idées mal exploitées

5.5 / 10

Verdict

Sans être un ratage complet, cette déclinaison FPS de l’univers de Commandos est un jeu bien trop moyen en comparaison des nombreuses autres productions du genre qui existent sur PlayStation 2. L’aspect stratégique a purement et simplement disparu au profit d’une action basique et sans éclats visuels. Restez donc sur Medal of Honor et Call of Duty !

- / 10

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Commandos Strike Force

Commandos Strike Force

5.5 / 10
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