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Boku to Maoh

Boku to Maoh

publié le 7 avril 2003
  • inconnue
  • 16/05/2001

Pour une fois dans votre vie, unissez-vous avec le mal. Que ce soit sans votre consentement n'est qu'accessoire. Allons conquérir le monde…

Puisqu'il faut introduire le sujet, je vais commencer par le commencement (quelle originalité). Boku to Mao débute dans une cuisine par une scène purement familiale avec Lucas (le héros) et sa maman qui lui demande d'aller acheter du pain (notez avant de continuer que je ne ferais aucun commentaire sur le lieu de départ, pourquoi pas commencer dans les chiottes tant qu'on y est). Votre sœur, apparemment plus maligne que vous, arrive à prétexter pour éviter cette corvée. Sur le chemin de votre course vous apprenez qu'un cirque s'est installé près de votre ville. Ce cirque va être indirectement la catapulte qui va démarrer l'aventure de Boku to Mao.

En effet, le soir de la première, votre sœur qui se dirige vers le cirque est envoûtée par des fantômes. Pour la sauver, votre père ne trouve qu'une seule solution : invoquer le démon qui veille dans la lampe trouvée quelque jours auparavant. Manque de pot, le démon se trouve être Satan. Après âpre négociation entre la famille et le valet de ce dernier, vous vous retrouvez obligé d'accepter l'accueil Satan dans votre ombre, de devenir son esclave et de conquérir le monde avec lui.

Le monde de Boku to Mao est en tous les aspects à l'opposé de celui des RPG traditionnels. Les rôles sont inversés, en commençant par vous même qui devez aller combattre tous les démons qui se disent être Satan. Faut pas déconner tout de même, le vrai Satan est celui qui est dans votre ombre. Et il n'est pas tout a fait réjoui par l'idée de se faire dépasser par des monstres sans aucun titre de noblesse.

En relisant les premiers paragraphes, je me rends compte que je vous ai décrit un environnement plutôt glauque. La vérité est à l'opposée car Boku to Mao joue à fond la carte de l'humour et de la dérision. En effet, on passe le plus claire de son temps à rire. Votre Satan est plutôt compulsif dans le genre et perd son sang froid à chaque petit problème. Tous les personnages bénéficient ainsi d'un grand soin quant à leurs attitudes, ce qui les rend attachants mais aussi, et il faut l'avouer, un peu atteints. Le seul qui à l'air normal est votre personnage, mais étant l'esclave de Satan vous ne dites pas grand chose.

D'ailleurs, esclave ne sera pas votre seul statut car au détour d'une rencontre avec une princesse vous allez aussi devenir son valet. Et on se retrouve alors devant une scène assez mythique où Satan et cette dernière négocient avec ardeur pour vous garder sous leur contrôle. Et, vous, dans cette histoire, vous n'avez nul mot à dire. Le personnage principal fait d'ailleurs penser à Candide de Voltaire dans le sens où il n'a aucun contrôle de sa vie et qu'il est balancé d'évènement en trouble comme un vulgaire pion.

Tous les personnages bénéficient d'un design mignon qui leur donne un aspect gentillet. Mais avec le coté humour sur lequel mise le jeu, ça colle parfaitement. A part Lucas, plusieurs autres personnages viendront se joindre à cette aventure plutôt atypique. On compte en autre, un héros (qui de plus est une femme) et un chercheur loufoque. Il faut d'ailleurs savoir que dans l'univers de Boku to Mao, les héros sont nombreux et il existe même des classements. Devenir un héros est un sport national, c'est un vrai monde de déjantés.

Le gameplay de Boku to Mao ne fait pas dans l'originalité. C'est un RPG en somme toute classique avec des villes à visiter, des informations à débusquer, des énigmes à résoudre et des combats à mener. Ces derniers se jouent d'ailleurs à la sauce Final Fantasy. Cependant, ils ne sont pas aussi impressionnants question beauté et on constate peu d'animations différentes pour les personnages ainsi que des effets simplistes pour les sorts. De plus, ils deviennent rapidement répétitifs car on se retrouve souvent à combattre les mêmes ennemis dans des zones où l'on revient pour les besoins du scénario. Le ballet incessant entre les villes est d'ailleurs une caractéristique du jeu.

Coté graphique, on atteint le haut de gamme. Bien que l'aliasing soit présent (et encore y a pas grand chose), l'ensemble est de toute splendeur. La modélisation des bâtiments est particulièrement réussie : ils jouissent d'une grande variété et pétillent de couleurs. Chaque ville a sa propre architecture et franchement, on a parfois du mal à garder le contact avec sa mâchoire. Les textures sont tout à fait correctes et donnent de la crédibilité aux décors. De même pour la profondeur de champ de vision, assez impressionnante, grâce à une bonne maîtrise de l'effet de flou. Dommage tout de même pour la présence d'un peu de clipping sur les sentiers reliant les villes.

Ce n'est malheureusement pas aussi bon du coté des donjons. Ils se ressemblent tous. Même décors, même textures et une architecture assez carré nous plonge dans la monotonie. C'est dommage car cela fait "tâche" dans un ensemble particulièrement bien réussi. De plus, un problème de positionnement de la caméra vient perturber la progression dans les donjons. En effet, la plupart des pièces étant de petites tailles, la caméra qui suit les personnages se coince dans certains angles. Assez énervant…

Vu qu'on est dans le médiocre, je vais aussi vous parler de la musique et des bruitages du jeu. Ils sont en général inégaux. Certaines musiques sont vraiment barbantes et donnent l'envie de zapper au bout de 30 secondes. Enfin, les meilleures ne sont pas non plus transcendantes.

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test écrit par Ken


  • 7 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 6 / 10

    Son

  • 7 / 10

    Durée de vie

7 / 10

Verdict

Boku to Mao est la surprise du mois de Mars. Drôle, et caricatural, les personnages nous apportent de belles séquences de rire. Dommage tout de même car des problèmes de finitions et des donjons un peu ennuyeux viennent gâcher la fête. Reste tout de même un très bon RPG accessible à tous mais que je conseillerais surtout aux amateurs du genre pour l'univers à l'opposé de ce qui se fait habituellement.

Ps: pour les non-japonisants, je vous conseille d'attendre une éventuelle version française (rien n'est encore confirmé par Sony France) car l'intérêt principal du jeu réside dans le scénario et les dialogues. Avec un peu de chance, le jeu sera amélioré pour la version française.

- / 10

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