Atlantis III : Le Nouveau Monde - Test PS2
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Atlantis III : Le Nouveau Monde

Atlantis III : Le Nouveau Monde

publié le 7 avril 2003
  • 05/12/2001
  • inconnue

Beaucoup de clicks pour rien Alors que l'on ne s'est toujours pas remis du dernier épisode de la Naze Zone (en passant d'ailleurs, l'actualité malheureuse a voulu que le test de NYR sorte en même temps que l'annonce du dépôt de bilan de Kalisto), nous arrive (façon de parler, puisque le jeu est sorti depuis quelque temps déjà, mais à la rédaction, on s'est pas bousculé pour le tester celui-la) frais et dispo, dans son emballage vermoulu, cet Atlantis 3, revendiquant victorieusement sa collaboration prestigieuse avec une personnalité du cinéma... comme nous allons le constater, il ne faut jamais se vanter, ça peut vous foutre la poisse.

Je savais bien qu'il y avait eu, il y a quelques années, un premier Atlantis (mais si, souvenez-vous, Atlantis, avec son char des étoiles tout blanc, emprunt direct du film TRON), comme il y a avait eu un premier Versailles (déclinable à volonté avec ses Louis XIV, XV, XVI, ... je crois que je viens de filer une idée à Cryo, là), un Egypte par ci, un Besançon par là, etc... c'est pas les pays et les villes aux noms chargés d'histoire qui manquent (Besançon, c'est énorme), on peut donc penser que l'on n'a pas fini de tester des jeux "intestables" à la Cryo.

Le plus intéressant de tous serait, quand même, de faire une simulation des locaux de Cryo, afin de comprendre un peu mieux la manière qu'a ce fleuron français de l'industrie du divertissement, de réaliser des jeux qui n'ont bien souvent de jeu, que le nom.
Quoi ? Vous sentez bien que je retarde le plus possible le moment fatidique du dit test ? Que je me dérobe à mes obligations contractuelles de donner mon avis objectif de testeur du dimanche ? Meuh non, je prépare juste le terrain pour les âmes sensibles, c'est tout. Bien, puisqu'il faut y aller... Un champ de vision de 360°... en friche On le sait désormais, Cryo excelle dans la réalisation de cinématiques haut de gammes, léchées à l'excès, toutes plus magnifiques les unes que les autres. Petite déception d'entrée, car si celles de cet opus ont certes de la gueule, elles n'en demeurent pas moins standardisées et sans charmes. Pour qui veut nous faire voyager dans un ailleurs des plus exotiques (Bagdad, l'Orient, tout ça), force est de constater qu'on est loin de léviter dans son salon à la vue de ces images bien pâlichonnes. De plus, le mélange préconisé ici de modernité rencontrant l'antique Egypte n'est pas des plus heureux, renvoyant par exemple à un Stargate de mauvais aloi.
N'étant pas un adepte des jeux à la PAC (point and click) pour cause de crises d'acné aiguës passé bien souvent la première demi heure, je me fais violence et, ragaillardi par les promesses d'une bonne tranche de rigolade, je plonge dans l'aventure, bouteille de Biactol en mains...
... et effectivement, toutes nos attentes sont bien satisfaites en moins de 5 minutes, record du monde battu, et le zénith du n'importe quoi, du pétage de plombs tout azimut confère à ce joyeux luron, le titre tant convoité de médaille d'or des non-jeux. On a trouvé la réincarnation numérique d'Ingmar Bergman ! Atlantis 3, nouvel opus du réalisateur Suédois ?
Je le dis avec d'autant moins de scrupules, que comme à leurs habitudes, ils vont en vendre un maximum. On peut donc émettre quelques réserves, sans avoir pour autant l'impression désagréable de participer à une campagne de lynchage bien nuisible. Par contre, il faudrait voir du côté de la sécurité sociale, s'il y a la possibilité d'un remboursement quelconque. Un vrai médicament contre la mauvaise humeur, la dépression, l'énervement passager et l'angoisse existentielle ! Une cure de jouvence que cet Atlantis aux vertus thérapeutiques insoupçonnées. Mais pourquoi tant de haine ? Basé sur le concept du point-and-click (pointer et cliquer), évoluant dans des environnements en 360° panoramique, dit d'Omni-3D, Atlantis se veut, depuis le premier épisode, l'égal hexagonal d'un Myst ou d'un Exil (la suite de Myst). On peut trouver (pour les non réfractaires à ce type de jeu) dans les aînés américains pré-cités, une certaine ambition à développer un univers unique et foisonnant de personnages et lieux riches de détails, en parfaite adéquation avec le style même, qui applique à ces softs un rythme lent mais, si l'on sait y faire, fort original (très casse gueule soit dit en passant), captivant, et finalement, plutôt reposant et intellectuellement stimulant.
Malheureusement pour nous, l'équilibre fragile entre la recherche graphique poussée et une intrigue digne de ce nom se heurte à un mur infranchissable du nom de Cryo. Le nirvana ça doit être çà ! L'aventure débute par l'arrivée dans un désert inhospitalier de l'héroïne que vous incarnez au départ, une égyptologue, clone parfait de Chiara Mastroianni, vedette de charme, et porte parole médiatique de ce dérivé du prozac. Au passage, on peut s'interroger sur la similitude vestimentaire et permanentée de cette dernière avec la vénérable Aki, égérie du film Final Fantasy. On s'interrogera moins longtemps par contre sur le jeu d'actrice de la dite Chiara, et le devenir tué dans l’œuf de sa carrière pour les doublages de jeu vidéo.

Après un accident de voiture, elle est aidée par un nomade fort aimable. Leurs chemins doivent se séparer peu après, lui devant défendre ses intérêts pour la protection d'un puit, elle devant rejoindre au plus vite, après l'interlude du désert Algérien, et une brève visite dans la Sibérie de l'ère Paléolithique, Bagdad. A la recherche de son but ultime, trouver les traces d'une civilisation aujourd'hui disparue, mais dont les origines pourraient coïncider avec la fameuse cité d'Atlantis. Pour mener à bien sa tache, elle croise la route de nomades et autres autochtones hostiles, d'énigmes embrouillées, et de décors à la définition plus que douteuse... la pauvre, pour un coup d'essai, c'est loin d'être un coup de maître !

Dès la prise en main du "machin", il faut se pincer pour ne pas croire que l'on rêve. Oui, vous êtes bien sur PS2, et là, vous venez de perdre en gros 60 euros. Vous inquiétez pas, vous faites ça pour la France ! Et elle vous en remercie.
Plus sérieusement, si l'on veut décortiquer un peu, on peut dire que le jeu repose essentiellement sur une construction simple : chaque lieu que vous explorez recèle une énigme qu'il vous faudra résoudre, afin de sortir de l'endroit, pour ensuite retomber dans une autre salle, où une énigme vous attend, qui, elle-même... Ce scénario bien huilé, sera interrompu de temps à autre par des interlocuteurs devant vous orienter sur telle ou telle piste, et des cinématiques d'une cuvée passable.
En ce qui concerne les personnages que vous croisez, vous avez vite fait de faire défiler les pauvres phrases qui sont à votre disposition. C'est pas du Shen Mue non plus ! Faut pas rêver L'interactivité ultime résidant ici, et d'une, en la compréhension desdites énigmes, qui, il faut le dire, ne peuvent définitivement pas être le fait d'êtres humains normalement constitués. Et de deux, d'objets que vous récolterez sur votre chemin, et qu'il vous faudra associer les uns aux autres pour venir à bout de ces énigmes du 3ème type. Les décors sont plutôt correctement réalisés, bien que, en y regardant de plus près, c'est pas ce que l'on a fait de plus vibrant, ceux-ci manquant singulièrement de qualité et de finesse. De plus, il est à noter que les développeurs auraient pu se fendre, vu que c'est du pré-calculé, de plus de détails animés, tel des nuées de sauterelles égyptiennes, des herbes grimpantes en live, des mammouths volants, que sais-je !

Niveau histoire, ça doit être bien...seul problème pour ma part, le temps de comprendre comment marchent ces fameuses énigmes, j'ai complètement oublié de quoi cela parlait !! Véridique Au bout de quelques heures, on ne peut dire si on est en Chine à la recherche du Tigre perdu, sur Mars ou tout simplement devant sa télé, en train de mordre violemment sa moquette. D'autant plus que l'on navigue entre plusieurs époques, grâce à des voyages temporels, vous amenant dans des lieux éloignés les uns des autres. Pour augmenter encore la sensation de désorientation, vous allez incarner, au cours du voyage, plusieurs personnages. C'est disparate, incohérent, mal écrit, et bien peu attrayant. Un conseil en passant, si vous persistez à vouloir ce jeu, munissez-vous de l'indispensable soluce, sinon l'asile vous guette.

Les différentes musiques sont elles fort bien conçues, de même pour l'environnement sonore qui s'intègrent, ô surprise, parfaitement aux différents "mondes" visités, évitant à Atlantis 3 de sombrer complètement dans le fond des abysses interactives.

La durée de vie est courte, mais je soupçonne les concepteurs d'avoir de manière torve, corsé les tableaux à résoudre de façon outrancière, afin de rallonger artificiellement la longueur de l'ensemble.

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test écrit par Paulo


  • 6 / 10

    Graphismes

  • 2 / 10

    Jouabilité

  • 6 / 10

    Son

  • 3 / 10

    Durée de vie

3 / 10

Verdict

Ce qui a de quoi charmer (éventuellement) sur PC, trouve ici ses limites, dans une ergonomie des plus discutables, due en grande partie à l'utilisation du dual shock qui n'est franchement pas adapté (il faut voir ce pauvre curseur mettre une heure avant de frôler l'objet tant convoité), l'affligeante lenteur avec laquelle tout cela se déroule, et pour boucler le tout, une réalisation qui n'est pas des plus flatteuses. Une fois pour toutes, il faut le dire haut et fort, tous les titres PC ne peuvent être adaptés de manière pertinente sur console de salon. Ou alors c'est rien que pour cette rubrique qu'ils le font, et là je dis chapeau bas. Comme il est à parier que nous allons être confrontés à un Atlantis 4 de future triste mémoire, je pense raisonnable de plancher dès maintenant sur le résumé de ce monument épique de jouabilité complexe, digne descendant de la lignée des mono-neurono-craignos-gamos. En attendant qu'ils découvrent le gameplay parfait, on peut compter sur Cryo pour nous émerveiller encore longtemps avec des jeux vidéo qui, si l'on n'y prend garde, peuvent devenir une drogue dure pour qui apprécie à sa juste valeur les géniaux Max Pecas et Aldo Maccione. Nanars de tous pays..

- / 10

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Atlantis III : Le Nouveau Monde

Atlantis III : Le Nouveau Monde

3 / 10
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