
Difficile de décrire, au moyen de simples mots et de vulgaires phrases, les charmes d’une licence telle que « Taïko No Tatsujin ». Synonyme de « divertissement ultime » pour les uns, de « bizarrerie nippone » pour les autres, les aventures du petit tambourin font mouche, et ceci, quelque soit le support. Toute portable qu’elle est, la récente PSP se devait donc d’accueillir cette icône du monde vidéo ludique. L’occasion, pour Namco, de démontrer son savoir-faire. Né de cette démarche, voici venir un UMD propre à ravir les mélomanes ; ce support miniature abritant, en son sein, tubes récents de J-Pop et titres reconnus. Une telle programmation fermera-t-elle, à ce produit, les frontières de l’occident ? A n’en pas douter, la réponse est « oui ». Suffisant pour tourner le dos à cette valeur sûre du genre « rythm game » ? Certainement pas. Entrons plutôt, sans attendre, dans l’univers curieux de TNT Bataburu (ou TNT Portable)… La dernière folie de Namco ?Pour se faire une idée du caractère étrange de cette saga, il suffit, d’ailleurs, de jeter un œil sur l’introduction de ce nouveau volet. Celle-ci dépeint, en effet, à force de couleurs criardes, l’atmosphère folklorique d’un concert de tambours. Japon oblige, c’est donc le timbre nasillard d’une « star » locale qui servira d’accompagnement à ces toutes premières percussions ; un joyeux tintamarre se voyant notamment soutenu, à l’image, par la chorégraphie d’une meute de chiens danseurs et quelques bambins aux mines enjouées. Etrange ? Assurément. Reste qu’une telle mise en bouche aura, au moins, eu le mérite d’attirer nos regards, de mettre l’emphase sur une orientation ô combien décalée. En atteste, d’ailleurs, l’apparition délibérément héroïque de notre fameux instrument. Des faux airs de Superman ? Certes, mais, ne nous y trompons pas, il est d’abord question de réflexes.Un mode « solo » conséquent Soucieux de ne pas s’écarter d’une ligne de conduite édictée, au fil des versions, par la sympathie de milliers d’aficionados et « otakus » de l’archipel, cette itération se focalisera finalement sur tout ce qui en fait le sel : un amusement simple, immédiat, ne manquant jamais de saveur. Qu’ils soient novices ou bien rompus aux pratiques de ce genre, les acheteurs potentiels trouveront, ici, de quoi soigner leur sens du rythme ; rassasiés qu’ils seront, par une kyrielle de modes de jeux. Peur de se lancer ? Le tutorial rassure. Egarés dans moult menus esthétiquement réussis, les débutants pourront y suivre les enseignements d’un « sensei » et prendre connaissance, au plus vite, des finesses de la prise en main. Ils auront même tôt fait d’apprendre qu’un tambour bleu équivaut à presser les gâchettes L ou R, tandis que la couleur rouge sollicitera une direction. Enfantin ? Loin s’en faut… Au défilement de ces curieuses « pastilles », viennent se greffer deux variantes ; pour autant de manières d’exploiter le stick de la bête. Ces dernières, requérant attention et réactivité, insufflent, disons le, de la variété à l’ensemble, tout en assurant le spectacle via quelques tintements de cloches ou explosions de confettis. Ceci étant, et tout bien considéré, il nous faudra reconnaître que, concentrée à son maximum, l’âme joueuse n’aura guère le temps d’admirer le « show » proposé. De même, c’est avant tout le score qui constituera, ici, notre point de mire, et notre ennemi le plus farouche. Obnubilés par le défilement des touches, les plus consciencieux mettront ainsi un point d’honneur à réaliser le plus long « combos ». Il est, en conséquence, logique, que les différents modes convergent vers ce but.Du « fun », même à plusieurs En a-t-on, pour autant, négligé l’aspect convivial ? Pas le moins du monde, puisque les plus chanceux pourront même, par l’intermédiaire du « wi-fi », s’adonner à quelques duels. Dans le même genre, on notera aussi la présence, salvatrice, de trois mini-jeux. De quoi attirer le chaland, en marge des innombrables morceaux que vous vous plairez à jouer seul, dans un programme s’échelonnant sur trois niveaux distincts (fleur, arbre, ou bien encore « oni »). Le moins que l’on puisse dire est donc que cet opus parvient à couper court à toute lassitude. Mieux encore, il provoquera nombre de fous rires, aussi bien lors d’épreuves demandant du doigté (il s’agira, dans les faits, d’assembler un maximum de taikos, sous la pression du chronomètre), ou de la mémoire (en vous imposant de retenir, le temps de quelques pas de danse, une séquence précise de touches). Bref, vous l’aurez compris, cette séquelle constitue un modèle de variété. Pour vous en convaincre, visez donc la « tracklist » qui suit :
- Natsu Matsuri
- NO MORE CRY
- Neo Melodramatic
- Sakuranbo
- Tsubasa
- Hana
- Choo Choo TRAIN
- Mirai no Chizu
- TRAIN-TRAIN
- Omatsuri Ninja
- DANZEN ! Futari wa Precure (Ver. MaxHeart)
- CHA-LA HEAD-CHA-LA
- Lum no Love Song
- Rewrite
- Ai wo Torimodose !!
- Touch
- Lupin Sansei no Theme '78
- Ignited -Ignited-
- WE WILL ROCK YOU
- Matsuken Samba II
- I'm A Slave 4 U
- TRUTH
- Mokusei Kumikyoku "Wakusei" Yori
- Turkey Koushinkyouku
- Walkure no Kikou
- Miwaku no Rhythm
- Entertainer
- Onpu no Uta
- Niji-iro Yume-iro Taiko-iro
- Donko no First Date
- Taiko no March
- Mojipittan Medley
- Mappy Ondo *
- Kata On The Rock
- Dragon Spirit Medley
- Scroll Mika
- Ridge Racer
- Yoku Deru 2000
A bien y regarder, il apparaîtra évident que cette version prône l’éclectisme ; une initiative louable, d’autant qu’elle est, en ce cas précis, soutenue par des morceaux de premier choix. Qu’on se le dise sans détour, des génériques d’ « animes », aux tubes tels que « We Will Rock You », en passant par les derniers « hits » de quelques « boys band » asiatiques, rien ne vous sera épargné. Pas même le désopilant thème de « Katamari Damacy ». A ce titre, il faudra s’attendre à ce que ses rangs soient grossis par l’ajout de morceaux bonus, idéals pour renouveler un « challenge » qui, sans cela, aurait risqué l’essoufflement. Enfin, à plus long terme, les plus tenaces pourront, au gré de leurs envies, modifier la sonorité accompagnant chaque percussion. Comme quoi, l’exhaustivité semble être au rendez-vous…Aspect technique et concert d’éloges Quid des graphismes ? Et bien, dans ce registre, nul besoin d’être fort loquace. Les écrans, loin de tirer la quintessence du « hardware » disponible, se bornent à dévoiler un habillage typé « manga » et quelques personnages inspirés du folklore local. Rien d’étonnant, partant de là, à ce que se côtoient, en bordure d’écran, dragons, tortues et autres lampions colorés. Un ravissant spectacle, qui, sans réellement parvenir à flatter la rétine, se veut rassurant quant au potentiel de l’écran. Oui… soyons clairs et concis… En terme de lisibilité, l’ensemble ne souffre d’aucun reproche ; sans parler de l’aspect sonore, qui, a sa manière, étonnera pareillement. A dire vrai, que ce soit au casque ou via les enceintes, nous sommes bien loin des airs simplistes que déversait, autrefois, une célébrissime concurrente. Logique ? Certes, car le progrès technique joue indéniablement en faveur de Sony. Néanmoins, cet état de fait n’enlève rien au mérite du présent produit. Avouons le sans hésiter, la dernière-née dispose, sur ce tableau, d’un argumentaire implacable.
Verdict
En définitive, et à l’heure de dresser un quelconque bilan, force est de reconnaître que Namco nous gratifie d’un galop d’essai concluant. C’est donc fort logiquement, et sans contestation, que ce TNT Portable ravira le statut d’incontournable du genre. Ses qualités, indéniables, en font-elles un soft candidat à l’export ? Hélas, non, ou du moins, pas sans une refonte quasi-globale de sa « playlist »… Trop clairement orientée « J-Pop » et japanimation, celle-ci le destine à de trop rares occidentaux. Un premier regret, auquel s’ajoute le fait de ne pouvoir utiliser de tambourin ; une composante, qui, pourtant, fait tout le charme des épisodes Playstation 2. A vouloir tenir dans la poche, le concept perd en intérêt. Malgré cela, et dans l’attente d’une suite évitant cet écueil, ne boudons pas notre plaisir…

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie