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Sphinx et la malediction de la momie

Sphinx et la malediction de la momie

publié le 20 février 2004
  • 02/2004
  • 13/11/2003

Après James Bond et Buffy contre les vampires, Eurocom abandonne le développement de jeux à licence pour se lancer dans un projet plus original prenant place en pleine Egypte Ancienne : Sphinx et la Malédiction de la Momie. Graphiquement très réussi et au gameplay habilement pensé, cet énième jeu d’aventure action a plus d’un atout dans sa poche. Scénario anecdotique Puisqu’il met en scène deux personnages différents, Sphinx débute par deux histoires sans rapport apparent. Ainsi le jeu débute alors que Sphinx et Horus, sur les ordres d’Imhotep, leur mentor, explorent le mystérieux palais d’Uruk à la recherche de l’épée d’Osiris. Compétiteur dans l’âme, Horus ne peut s’empêcher de provoquer son ami qui, selon lui, est un incapable. Pourtant, si nos deux comparses atteignent l’épée, c’est bel et bien grâce au courage de Sphinx. Malheureusement, alors qu’il se précipite de manière imprudente vers l’épée, Horus est frappé par un mystérieux rayon de lumière et disparaît dans la lave. Impassible, Sphinx s’empare de l’arme d’Osiris et se retrouve projeté dans un endroit inconnu.

Ce lieu, c’est le palais de Toutankhamon, jeune prince appelé à régner un jour sur les terres d’Egypte. Alors que tout le monde s’affaire à préparer son anniversaire, un abominable complot, dont l’instigateur n’est autre que le frère du prince, Akhenaton, se noue en coulisse. Jaloux de sa réussite, Akhenaton, aidé d’une sorcière, entreprend de faire disparaître son frangin. Malheureusement pour lui (et heureusement pour Toutankhamon), la cérémonie est interrompue alors que Sphinx explore le palais. Cependant, Toutankhamon n’en ressort pas indemne mais sous les traits d’une momie. Néfertiti, petite amie du prince, supplie Sphinx de venir en aide à son amour en recherchant pour elle les canopes renfermant un peu de son âme. Débute ainsi votre voyage…Un Zelda-like ? Le gameplay du jeu fait irrémédiablement penser à la saga Zelda (qui sévit sur les consoles Nintendo) et de multiples clins d’œil sont là pour nous le prouver. On retrouve dans un coin de l’écran la configuration des touches du paddle auxquelles correspond une fonction automatique ou imposée par le joueur comme sauter, se servir du bouclier, attaquer et ainsi de suite. De même la progression du jeu nous pousse à explorer des temples que l’on pourrait apparenter aux donjons de la série phare de Nintendo (seul manque les cartes des niveaux). Il faut alors progresser de salles en salles en résolvant des énigmes, en combattant des monstres en nombre limité (les combats ne sont clairement pas au cœur de Sphinx), en évitant moult pièges et en récupérant toute sorte d’objets indispensables à notre progression. Bref tous les ingrédients d’un bon Zelda sont ici réunis. Les développeurs sont même allés jusqu’à copier certains éléments comme l’ouverture d’un coffre dans un halo de lumière ou encore les notes de musiques à chaque coup donné à un ennemi. De même, le système des points de vie est clairement pompé sur le titre de Miyamoto : si vous débutez votre aventure avec trois points de vie, ce nombre peur grimper après avoir terminé une quête ou tout simplement en récoltant quatre fragments (ça ne vous rappelle rien ?). Le gameplay de Sphinx est donc excellent et clairement porté sur les énigmes et les pièges. Ainsi, il est désormais acquis que jouer à Sphinx réclame concentration et réflexes. Les combats sont bien évidemment de la partie mais brillent la plus grande majorité du temps par leur rareté. De plus, le jeu est clairement basé sur la coopération entre nos deux héros. Un objet vous est inutile ? Pas de panique, il servira à l’autre protagoniste. Ainsi la progression alterne phases de jeu au contrôle de Sphinx et phases au contrôle de Toutankhamon. Bien sûr, si le gameplay reste foncièrement le même, à savoir basé sur la résolution d’énigmes principalement, les développeurs ont intégré de multiples nuances dans le maniement et les capacités de nos deux héros.Deux façons de joueur Le jeu nous offrant deux personnages différents, les développeurs ont jugé bon de différencier la manière de jouer de chacun. Ainsi, Sphinx est l’athlète de notre duo. Ce dernier peut courir (il est possible de piquer un sprint en empruntant un certain mécanisme), sauter (le double saut n’est pas disponible en début de partie), s’aggriper aux rebords, nager (là aussi il est possible de nager plus vite en gagnant un mini jeu), grimper à la corde, tirer ou pousser des objets (un des côtés Tomb Raider du jeu) et bien sûr combattre. Depuis l’acquisition de l’épée d’Osiris, Sphinx est devenu un habile combattant et il n’hésitera pas à affronter quiconque croisera sa route. Plus vous avancerez dans l’aventure est plus votre arsenal prendra de l’ampleur. Ainsi vous ferez l’acquisition d’une sarbacane (plusieurs flèches différentes) indispensable pour venir à bout de certains ennemis ou déclencher certains mécanismes. Il sera même possible, après les avoir affaiblis, de capturer toute sorte de monstres, soit pour les revendre au musée (l’une des quêtes annexes), soit au contraire pour les utiliser à vos propres fins (certains monstres sont très utiles pour mettre le feu ou faire exploser certains éléments du décor).

Si le gameplay de Sphinx est loin d’être des plus originaux, celui de la momie est en revanche beaucoup plus original. Puisqu’il est mort (du moins pour le moment, votre quête étant de le ramener à la vie), Toutankhamon va se servir de son malheur comme d’un avantage. Ainsi son immortalité sera vivement mise à contribution pour la résolution des énigmes. Par exemple, Touti (surnom donné par Néfertiti) pourra prendre feu pour brûler certaines barrières en bois, se charger d’électricité pour enclencher certains mécanismes ou encore se faire aplatir comme une crêpe, histoire de passer entre les barreaux d’une grille. Par endroit, Toutankhamon sera même divisé en trois entités distinctes qu’il faudra alors gérer de son mieux. Bref le gameplay du jeu joue la carte de la diversité et force est de constater que le mélange est parfaitement réussi.

Enfin la jouabilité ne pose pas de réels problèmes. D’une manière générale, nos deux héros se manient à la perfection. La prise en main est rapide et l’interface parfaitement étudiée. Cependant, il subsiste de légers défauts. Premièrement la gestion des sauts qui sont parfois approximatifs. En effet, les développeurs ont mis au point un système calculant l’amplitude de votre saut selon que vous appuyez plus ou moins longtemps sur la touche. La marge de manœuvre étant la plupart du temps quasi inexistante, rater sa cible devient parfois monnaie courante. De même, la gestion des caméras fait parfois des siennes en nous offrant des angles de vue pas toujours très jouables, que ce soit dans les espaces étroits ou plus grave lors de combats. Cependant, pas de panique, la jouabilité du soft reste majoritairement excellente.Un enchantement visuel En plus de nous proposer un gameplay varié et une jouabilité réussie, Sphinx est aussi un véritable régal pour les rétines. Chacun des décors est peaufiné à l’extrême et les différents environnements brillent par leur variété et leur modélisation convaincante. Les textures sont superbes ; fines et variées et les effets d’ombres et de lumières réussis. Les niveaux sont vastes et le nombre de détails élevé. Malgré un léger clipping sur certains objets, le moteur graphique ne rechigne pas à afficher des environnements gigantesques visibles d’un bout à l’autre d’un même niveau. Comble du raffinement, les développeurs ont intégré tout un tas d’effets spéciaux sympathiques comme de la brume, de la fumée, des flammes ou encore des effets de réverbération sur le sol du plus bel effet. Ajoutons à cela le fait que l’aliasing estasiment inexistant et les scintillements discrets. La modélisation des différents personnages est aussi des plus réussies tout comme celles des différents monstres croisant votre route. La seule chose que l’on puisse véritablement reprocher aux personnages est le manque d’expression sur leur visage. Il est difficile de déceler chez les protagonistes le moindre sentiment que ce soit d’étonnement ou encore de peur. Enfin, l’animation n’est pas en reste avec une fluidité la plupart du temps acceptable et une palette de mouvements fluides et variés.Une déception sonore Si Sphinx constitue une véritable claque graphique, en dépit de légers problèmes d’affichage, l’ambiance sonore est quant à elle carrément décevante. Pourtant tout se présentait sous les meilleurs auspices. La première musique que l’on peut entendre après avoir lancé le jeu nous scotche littéralement par son étonnante qualité. Comme nous pouvions nous y attendre, les compositions du jeu tire clairement leur inspiration des sonorités égyptiennes et force est de constater que le résultat final est à la hauteur. Chacune des compositions soulignent à merveille chacune des situations rencontrées. Ainsi, les musiques seront tantôt dynamiques pour souligner l’intensité de l’action, tantôt mélancoliques durant certaines cinématiques, tantôt calmes pour marquer les moments de répit et enfin, tantôt épiques lors des combats. Notons également que chaque coup porté à un adversaire s’accompagne d’une note de musique, faisant ainsi varier la mélodie selon l’intensité de vos frappes. Pour ce qui est des bruitages, le jeu assure le minimum syndical. Ces derniers ne sont pas transcendants mais restent globalement suffisamment réussis. Cependant, l’ambiance sonore parvient à décevoir pour la simple et bonne raison que les doublages répondent absents ! Si pour nous consoler, l’on peut arguer que cela nous évite les affres d’un doublage raté, l’absence de voix nuit clairement à l’ambiance et au côté dramatique de certaines situations. En contre partie, l’on doit se contenter de gémissements loin d’être toujours de bon goût. Quel dommage que les développeurs ne se soient pas donnés les moyens de peaufiner au maximum l’ambiance sonore car en plus de décevoir, ce point nuit parfois gravement à l’ambiance et à l’immersion.Une longévité satisfaisante Enfin, la durée de vie est tout à fait satisfaisante pour ce genre de production. Les niveaux sont le plus souvent immenses et les situations rencontrées promettent des heures de jeu intensives. Pour les amoureux des chiffres, il vous faudra libérer de 15 à 20 heures pour espérer boucler l’aventure une première fois, selon que vous soyez à l’aise ou non avec les énigmes. En effet, il n’est pas rare de bloquer de longues minutes devant une situation qui, avec du recul, semblait enfantine et ce parce qu’un petit détail nous avait échappé. La difficulté est également au rendez-vous avec ses phases de plate forme millimétrées et ses combats pas toujours évidents. En plus de cela, les points de sauvegarde se veulent assez rares. Pourtant malgré cela, Sphinx n’agace jamais. Au contraire, puisqu’il y a toujours quelque chose à faire. Si le joueur bloque trop longtemps sur une énigme, libre à lui de participer à l’un des nombreux mini jeux que comporte le titre. Pour varier un peu plus le gameplay (qui n’avait vraiment pas besoin de cela pour être varié), les développeurs ont incorporé de nombreux mini jeux et autres quêtes annexes. Vous pourrez par exemple participer à une course à la nage, à une course d’obstacles ou, depuis certaines boutiques, à des jeux d’adresse comme celui sur le double saut, la sarbacane ou encore sur la mémorisation de séquence musicales. Pour corser et rallonger chaque challenge, ces derniers se déclinent en plusieurs niveaux de difficulté parfois vraiment durs. Bref, question longévité, Sphinx assure et vous réserve assurément de longues heures de plaisir en compagnie de nos deux anti-héros.

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test écrit par Olivier


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 7 / 10

    Son

  • 8 / 10

    Durée de vie

8 / 10

Verdict

Totalement inconnu et inattendu, Sphinx et la Malédiction de la Momie est au final une réussite. S’il tire son inspiration des références du genre action aventure, le titre d’Eurocom parvient néanmoins à nous faire vivre une expérience unique aux graphismes enchanteurs, au gameplay riche et varié (merci la complémentarité des deux héros), aux musiques excellentes et à la longévité supérieure à la moyenne. Bref, Sphinx et la Malédiction de la Momie est une excellente surprise !

- / 10

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