
Space Channel 5
publié le 12 avril 2003- Etat : Disponible
- Développeur :Sega UGA
- Distributeur :Sony Computer Entertainment
- Thème :Futuriste
- Genre :Musique
- 13/03/2002
- 2002
- 2001
Fidèle à sa politique multi-plateforme, Sega poursuit le recyclage de ses anciens titres. Les portages de jeux Dreamcast sur PlayStation 2 se succèdent donc les uns aux autres, cette fois-ci, on a droit à Space Channel 5, un des jeux les plus originaux de sa génération.
Les p’tits gars de Sega UGA (United Game Artist) portent vraiment bien leur nom. Il n’y a qu’à regarder Rez pour s’en convaincre. Mais ce dernier exemple en date n’est pas le seul à prouver leur immense sens artistique, il ne faut en effet pas oublier qu’il y a deux ans, ces développeurs réalisaient leur premier gros coup d’éclat grâce à Space Channel 5, un jeu… différent. I’m dancing in the space, just dancing in the space Inutile de s’attarder trop longtemps sur le scénario-prétexte : d’infâmes extraterrestres envahissent notre belle planète bleue, une chaîne de télé, Space Channel Five, envoie alors une reportrice de choc appelée "Ulala" couvrir l’événement. Mais une fois sur place, la belle n’entend pas rester passive devant ce drame affreux qui se profile, n’écoutant que son courage, elle décide d’aller repousser les indésirables à coup de pas de danse et autres interjections criées en cadence !? Ben oui, les vilains envahisseurs ont le rythme dans la peau et s’amusent à hypnotiser les terriens grâce à leurs danses. Le problème, c’est que lorsque ces Travoltas venus d’ailleurs se mesurent à meilleur qu’eux, ils disparaissent. Ca tombe bien, il se trouve qu’Ulala est particulièrement douée pour mettre le feu aux dancefloors. Dommage pour les martiens… l’invasion sera donc pour une prochaine fois (en l’occurrence le deuxième volet tout juste débarqué au Japon). Faites péter l’audimat !!Ulala a beau combattre le mal, elle n’en demeure pas moins en direct à la télé, son travail est donc toujours dicté par l’impitoyable loi de l’audimat. Pour qu’elle génère le maximum d’attention de la part des téléspectateurs, rien ne doit être négligé du côté de ses pas de danse et de son aisance à éliminer l’ennemi. Mieux elle bougera son corps, plus les extraterrestres mourront vite et donc plus il y aura d’action et, à fortiori, de téléspectateurs à suivre le reportage. A vous donc de manier avec dextérité Ulala, car si ce n’est pas le cas, les dirigeants de la chaîne couperont immédiatement le programme, bref, c’est le Game Over.
Pour cela, rien de plus simple, puisque seulement quelques touches suffisent à manipuler la danseuse. Le concept du jeu est en effet des plus basiques : Ulala suit un parcours prédéfini dans un monde psychédélique où elle rencontre régulièrement des groupes d’extraterrestres, ces derniers entament des chorégraphies se composant, au départ, de deux ou trois pas. Vous devez alors répéter la combinaison en appuyant sur les bonnes touches au même rythme qu’eux. Dès que vous réussissez, le défi se corse avec l’ajout de mouvements supplémentaires et souvent un changement de rythme. Votre sens du rythme et de la coordination, ainsi que votre mémoire sont donc mis à rude épreuve dans ce titre.
Dés que vous réussissez à reproduire dans sa totalité une chorégraphie de martien, ils sont éliminés et Ulala continue son émission à la recherche des autres aliens restants. Vous aurez bien entendu compris que ce principe, calqué en grande partie sur Parappa The Rapper (Psone / PS2) , a le don de rapidement devenir lassant. L’interaction est beaucoup trop limitée, il n’y a qu’à appuyer « bêtement » sur des touches pour que l’aventure progresse. Comme la plupart des jeux de musique, Space Channel 5 accuse les mêmes défauts faisant de lui un titre destiné à un public averti, très restreint. La Kitch-attitudeSi le charme et l’originalité de Space Channel 5 ne se situent vraiment pas dans son gameplay, c’est plutôt vers sa réalisation qu’il faut se tourner pour les trouver. Les concepteurs du jeu ont en effet mis l’accent sur l’esthétisme avec un énorme travail de design. La charte graphique est volontairement accès vers le kitch. Les couleurs pètent de partout, les graphistes se sont lâchés sans aucune retenue. Niveau extravagance, les décors ne sont pas mal non plus avec leurs formes généreusement arrondies. On les croirait directement tirés de l’imagination de ces visionnaires des années 60 qui anticipaient naïvement notre futur. Mais la palme de l’esthétisme revient incontestablement à Ulala et sa tenue digne des stylistes les plus avant-gardistes. Une mini-jupe orange rigide, des couettes roses et des bottes à semelles compensées; quoi de plus tendance ?
Techniquement, le jeu a assez mal vieilli, même si le transfert sur PS2 a permis d’intégrer des vidéos bien mieux compressées. En effet, dans Space Channel 5, seuls les personnages figurent en 3D, le reste, c’est-à-dire le décor, apparaît en arrière plan, sous forme de vidéos. Cette technique permet évidemment d’alléger le travail du processeur. Sur DC, l’image avait tendance à pixéliser à cause du taux moyen de compression. En revanche, sur PS2, DVD oblige, l’image est nickelle, digne d’un film DVD justement. Hélas, le procédé exploité dans ce jeu ne permet pas une bonne gestion des ombres, ces derniers sont très rudimentaires lorsqu’on les discerne. Autre imperfection, les éléments 3D bénéficient du même nombre de polygones que sur Dreamcast, c’est-à-dire peu pour la PS2…
Par contre, le détail qui rend le sourire est l’intégration d’un sympathique mode 60Hz qui permet d’apprécier le soft à sa juste valeur, merci Sega !
Verdict
Quelques qualités, mais aussi pas mal de défauts, Space Channel 5 n’est vraiment pas un jeu à mettre entre toutes les mains. Il ne saura contenter que les joueurs ayant le sens du rythme, et encore, il leur faudra fermer les yeux sur la répétitivité qu’entraîne le gameplay. L’autre gros point négatif va à la faible durée de vie, d’autant plus préjudiciable qu’une fois fini, on n’y revient pas facilement. Malgré ça, le kitch, l’humour et le look unique du jeu risquent de suffire aux yeux de certains joueurs. Bref, à essayer avant d’acheter. On vous aura prévenus !

A partir de 24.95 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie