
Kuon
publié le 27 novembre 2005- Etat : Disponible
- Développeur :From Software
- Distributeur :Agetec
- Thème :Horreur
- Genre :Action / Aventure
- 30/09/2005
- 09/2004
- 01/04/2004
Qu'est ce que la peur ? Sentiment étrange vous parcourant le corps d'une sueur froide, de frissons incontrôlables, de pulsions primitives. Sentiment puissant vous paralysant, vous asséchant la gorge, vous tiraillant l'estomac. Comment se manifeste-t-elle ? Dès la plus tendre enfance avec l'imagination débordante remémorant les souvenirs d'une journée passée ou d'une histoire effrayante contée avant de dormir. Imagination qui crée des monstres sous les lits, des esprits frappeurs cognant la fenêtre de la chambre, des démons malins grattant le dessous des pieds dans les fonds des lits. Toutes ces apparitions que la pénombre crée dérangent le sommeil des plus jeunes d'entre nous. Le noir, cet inconnu indomptable et tellement attirant dans lequel on plonge tête la première pour en défaire les moindres secrets. Secrets révélés par tant d'auteurs ou réalisateurs qui tentent de nous dévoiler les mystères de ces endroits assombris par une nuit inquiétante. Voilà ce qui nous propose ce nouveau survival-horror développé par From Software : Kuon.
Dans une ancienne demeure princière, des habitants errent comme des fantômes et des démons affamés se glissent dans la pénombre. Personne ne sait ce qui est à l'origine de ces phénomènes. Si vous avez suffisamment de courage pour ne pas éteindre la console dès vos premiers pas dans l'antre de la terreur, vous découvrirez une aventure pernicieuse qui se nourrit de vos angoisses. La tâche est rude et l'adversité pour le moins insaisissable… Saurez-vous transcender vos peurs et faire preuve de suffisamment de sang-froid pour incarner deux jeunes femmes vouées à défier le monde des esprits ? Voilà comment débute le scénario de Kuon. Emprunt de mysticisme japonais et des croyances fantomatiques, le titre surfe sur la nouvelle vague des films d'horreurs nippons. Les esprits torturés ayant subi une mort des plus atroces reviennent dans le monde des vivants pour s'amuser avec leurs consciences et les traîner doucement dans la folie. On se laisse bercer dans l'histoire en ayant hâte de subir chaque frisson dans cette univers démoniaque, hostile, froid et bien sûr plongé dans le noir total. Choisissant le scénario yin, nous contrôlons une jeune femme blanche, frêle mais tout de même courageuse. Eclairée de sa seule petite lanterne et armée d'un tanto, cette jeune fille, nommée Utsuki, est attirée dans cette demeure sinistre pour en découvrir tous les secrets.
Baignée dans une ambiance semblable à Ring ou Ju-on : The Grudge, les graphismes sobres et parfois trop éphémèrement travaillés nous plongent dans un Japon féodal superstitieux recouvert par la brume des croyances campagnardes et maléfiques. Le noir, principal acteur d'une pièce sombre et mortelle, est très clairement présent. Seule votre chandelle vous permettra de distinguer certaines formes vous plongeant dans certaines surprises macabres. Oh joie de la pendaison et des grandes conversations entretenues avec les morts. La lumière, seule arme efficace contre les ténèbres, est gérée d’une telle façon que l'ombre entourant votre personnage symbolisera la peur s'immisçant dans chaque recoin de votre corps. La bande de son angoissante avec une musique discrète sachant nous faire sursauter de plaisir à chaque rencontre macabre est d'une pureté semblable aux rêves des enfants mais joueuse pour nous enfoncer dans l'effroi. Les jeunes filles se déplacent allégrement, leurs vêtements portés par des courants d'air soufflés depuis l'abîme de la frayeur, mais ne sont en aucun cas des combattantes émérites et pratiquent une sorcellerie simple mais dévastatrice pour venir à bout d'un bestiaire plutôt limité. Des sorts vous permettront d'invoquer des créatures enchantées vous prêtant mains fortes pour renvoyer tous les démons en enfer. Des flammes jailliront des papiers exorcistes lancés par votre héroïne pour brûler, tels des inquisiteurs, toutes sorcelleries malveillantes. Points noirs de leur combativité, les jeunes filles ne peuvent garder en visuel les assaillants et souvent les sorts dirigés échouent lamentablement à côté de vos ennemis. Frustrant de ne pouvoir brûler rapidement un démon qui se ferait un malin plaisir de déposer ces crocs acérés dans vos chairs douces et délicatement raffinées. Les caméras sont parfois positionnées pour certes donner une plus grande impression de peur mais cette position rend la jouabilité trop imprécise et la maniabilité de votre poupée de chair sera affectée et vous souvent en train de frotter votre joli minois sur des murs râpeux. L'exorcisme nippon se fait non pas dans des fontaines d'effets dont sont friands les amateurs de RPG mais dans quelques sorts et combats au couteau mollement enchaînés. L'histoire se terminera rapidement malgré la présence de deux chapitres et d'un troisième à débloquer. De nombreux temps de chargement même courts viennent couper l'aventure rompant l'ambiance hantée.
Verdict
Kuon nous fait le surprise de reprendre les histoires de fantômes asiatiques pour nous replonger dans nos effrois d'enfance. Graphismes pauvres emprunts de mysticisme, bande son discrète mais révélatrice d'un univers malsain, un gameplay trop simple et parfois malmené, le titre s'adresse plus aux lecteurs assidus d'histoires fantastiques baignées de peur et aux assidus des nouveaux films sortis tout droit des pensées macabres des nouveaux réalisateurs nippons en vogue.

A partir de 6.9 €
Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie