
Jaws : Les Dents de la Mer
publié le 13 novembre 2006- Etat : Disponible
- Développeur :Appaloosa Interactive
- Distributeur :Majesco Entertainment
- Thème :Nautique-Naval
- Genre :Action / Aventure
- 20/10/2006
- inconnue
- inconnue
Monstre sacré du cinéma aux côtés de King Kong et autre Godzilla, le grand requin blanc des Dents de La Mer débarque sur PlayStation 2 trente et un ans après sa sortie en salle. Après quelques heures passées sur le jeu, on n’est pas prêt d’aimer les requins !
Fantasme pour certains (très peu), véritable psychose l’été sur la plage pour d’autres (la majorité des gens), le grand requin blanc du film de Steven Spielberg ne laisse personne indifférent. Flairant le bon coup, les équipes de Appaloosa Interactive sous les ordres de l’éditeur Majesco ont tenté de relever le défi: développer un jeu dans lequel le joueur serait aux commandes du prédateur. Alors, promesse tenue ?Les Vents de la MèreMalgré l’acquisition de la licence à prix d’or, les développeurs des Dents de la Mer n’ont pas voulu faire une banale adaptation d’un ou de plusieurs films de la saga. Logique après tout puisque les longs métrages sont centrés sur des personnages humains et que le ou les requins meurent toujours à chaque fin de film. Le scénario du jeu se passe pourtant encore à Amity Island, la petite bourgade des deux premiers opus, qui va de nouveau connaître une incroyable série de drames dont vous serez le responsable direct. Soyons francs, le jeu n’a pas volé son interdiction aux moins de 18 ans et la violence de vos coups de mâchoires, de queue et vos charges laisse son empreinte indélébile sur vos victimes et une marrée rouge autour de vous. Des nageurs amputés à vifs dans de l’eau salée ayant la fâcheuse tendance à hurler à la mort, on ne peut que s’interroger sur le bien fondé d’une telle débauche de violence et de sadisme. Ceci dit, les attaques de requins – qu’elles soient sur des humains ou des espèces marines – sont des choses «naturelles» de la chaîne alimentaire alors ne faisons pas nos précieux.




Limité au bourrinage basic, le gameplay se base uniquement sur de nombreuses séances de dégustations gratuites et sur la destruction de pontons, de bateaux et autres ponts. Certes, il faudra parfois s’échapper d’un piège tendu par ses pollueurs d’humains mais même dans ces situations ne vous attendez pas à de la finesse. On dirige un grand requin blanc agressif après tout, pas un dauphin sans défense ! Dans cette optique, notre héros dispose d’une panoplie d’attaques évolutives allant de la simple morsure, à la traction sous la surface (d’enfants) en passant par le déchiquetage ou l’attaque en tire bouchon. De nouvelles compétences sont à débloquer en fonction de points glanés pendant un niveau que l’on dépense pour améliorer la précision, la défense, la vitesse, la faim ou les dégâts de notre mâchoire flottante. De temps en temps, vous croiserez un boss prêt à en découdre avec vous (orques, calmars géants…) qui demandera patience et endurance de votre part, vos jauges de vie et d’appétit s’évaporant aussi vite que de l’eau dans le désert. D’ailleurs, pour des raisons naturelles évidentes, vous devez souvent manger des proies pour reprendre un peu de tonus.
A noter également qu’à l’instar d’un GTA, des missions libres et des défis annexes parfois rébarbatifs n’attendent que vous. Indispensables pour gagner des points de compétences et pour rallonger la durée de vie, ces missions oscillent entre le sympa et le pas terrible. Enfin, comme tout bon prédateur, votre tueur des mers a la chance d’avoir une vue spéciale lui permettant de repérer facilement ses cibles ainsi que trois vues cinéma (dont une vue intérieure) plus ou moins pratiques.Un homme à la mer !Malheureusement, faire le petit diablotin en mordant à droite et à gauche de pauvres enfants, chiens ou éléphants de mer amuse quelques minutes mais quelques minutes seulement. Les équipes d’Ubisoft Montpellier l’avaient bien compris lors du développement de Peter Jackson’s King Kong en optant pour un double gameplay homme/animal. Il aurait été plus sympa de faire pareil pour ces Dents de La Mer avec une partie purement survie dans la peau de différents protagonistes humains ou animaux et une partie carnage aux commandes de Jaws. Seulement là, on tourne aussi vite en rond qu’un poisson rouge dans son bocal…




A ce côté lassant, rajoutons une maniabilité un peu laborieuse et pas toujours très intuitive de la chose basé sur les boutons de la tranche (L1, R1, L2 et R2) pour les actions, des objectifs pas toujours très clairs dans les missions (il faut tuer le point rouge du radar ?) et quelques bugs de caméra par-ci par-là pour compéter ce tableau peu glorieux. Puisqu’il me reste de la place, parlons également de la difficulté assez mal dosée et de la faible résistance – comparé aux films – de notre poulain.
Ne dramatisons pas pour autant, la réalisation d’ensemble est plutôt correcte, les effets d’eau et la modélisation du requin ayant accaparé la plus grande attention au détriment des humains ou des textures des bâtiments. La faune et la flore sont crédibles et très bien documentés, moult espèces destinées à être de la chair coincée entre vos dents pullulent dans les eaux profondes. On irait jusqu’à croire qu’un message écologique subtilement implanté au jeu veut nous ouvrir les yeux sur la beauté des océans. Enfin, la musique est évidemment celle du film, film que l’on retrouve en quelques extraits dans les bonus.
Que penser des ces Dents de la Mer finalement ? Et bien pas grand-chose de mémorable, le soft étant toujours entre la chaise du sympathique et celle du très moyen. Si l’on peut s’amuser à cartonner des innocents un court moment, il manque clairement un intérêt digne de ce nom à cette production pour ne pas sombrer dans la masse. Vite joué, vite oublié.








• Modélisation de la bête
• Documenté
• Le plaisir éphémère de tuer des baigneurs
• Le manque d’intérêt
• Vite lassant
• Caméra et maniabilité
Verdict
Contrairement au film dont il est tiré, le jeu Les Dents de la Mer ne restera pas dans les mémoires et on aura vite fait de l’oublier complètement. En l’absence d’un véritable intérêt autre que celui de changer la couleur de la mer en rouge sang, on tourne en rond et on se lasse. A réserver pour le marché de l’occasion.

Graphismes
6 / 10Les fonds marins et le requin sont bien modélisés, le reste est juste correct.
Jouabilité
6 / 10Pas évident de maîtriser un tel animal, surtout avec la caméra parfois limite.
Son
6 / 10La musique du film et les thèmes dérivés sont très répétitifs, les hurlements aussi.
Durée de vie
5 / 10Il faut s’accrocher pour ne pas se lasser de faire l’enfant en massacrant tout le monde.
Fun
5 / 10Une fois la gueule pleine de bras et de jambes d’enfants, on pense à revendre le jeu.