
Da Vinci Code
publié le 19 mai 2006- Etat : Disponible
- Développeur :The Collective
- Distributeur :2K Games
- Genre :Action / Aventure
- 05/2006
- inconnue
- inconnue
Après avoir enflammé le monde littéraire, le Da Vinci Code tente une double percée, à la fois cinématographique et vidéoludique. C’est bien évidemment ce dernier aspect de la franchise qui nous intéresse aujourd’hui avec le test du jeu adapté de l’œuvre de Dan Brown.
Sorti en 2003, le Da Vinci Code est un roman qui se propose de révéler à son lecteur de nombreux secrets de l’Eglise catholique romaine, en mélangeant habilement faits historiques, suppositions et inventions. L’ouvrage de Dan Brown traite en effet de sujets mystérieux tels que le Prieuré de Sion, une supposée organisation secrète à laquelle auraient appartenu de nombreux personnages de l’histoire. Le thème des Templiers est aussi abordé et plus particulièrement le trésor que ceux-ci auraient amassé jusqu’à la dissolution de leur ordre en 1311. Enfin, et c’est probablement l’aspect du livre dont le public a le plus entendu parler, le Da Vinci Code affirme que Jésus aurait eu une relation amoureuse avec Marie-Madeleine, de laquelle serait née une descendance.Une adaptation librePrécisons dès maintenant que le jeu Da Vinci Code est inspiré du roman de Dan Brown plutôt que de son adaptation cinématographique sortie dans les salles obscures il y a à peine deux jours. Vous n’y reconnaîtrez donc aucun acteur particulier et les personnages principaux du livre prennent ici les traits d’illustres inconnus.
La trame scénaristique du roman est globalement conservée et vous incarnez alternativement Robert Langdon, professeur à l’université de Harvard, et Sophie Neveu, cryptologue de la police. Comme dans l’ouvrage de Dan Brown, l’histoire débute alors que le professeur Langdon se rend au Louvre sur l’invitation du conservateur du musée, Jacques Saunière. Ce dernier est malheureusement victime d’un étrange assassinat peu avant la rencontre prévue et Langdon se retrouve malgré lui suspect numéro un de l’affaire. Il réussit pourtant à s’échapper avec l’aide de Mlle Neveu, en fait la petite-fille de Saunières, et tous deux cherchent alors à faire la lumière sur cette affaire.
Afin d’offrir au joueur ayant déjà dévoré le roman une expérience intéressante, l’équipe de développement The Collective a inclus de nombreux passages inédits, qu’il s’agisse de résolution d’énigmes, de déplacements discrets dans des salles gardées, ou de combats. Force est de constater que ces ajouts s’inscrivent impeccablement dans le scénario et qu’ils ne paraissent jamais trahir l’idée originale. En revanche, le jeu s’avère extrêmement linéaire, et le joueur doit la plupart du temps suivre à la lettre le script écrit par les développeurs pour pouvoir progresser dans l’aventure.Des phases de jeu distinctesLa majorité du temps de jeu est consacré à la recherche d’indices permettant notamment de mieux comprendre qui était Saunières et ce qui lui est arrivé. On arpente donc divers décors à la recherche de lettres, clés, statuettes et autres artefacts permettant de dénicher des objets encore plus importants grâce auxquels le scénario continuera d’avancer. De nombreuses énigmes sont bien entendu de la partie, du simple anagramme au message codé en passant par le placement ou l’utilisation d’objets précis à un endroit donné. Signalons au passage l’existence d’un menu d’inventaire clair et fonctionnel permettant d’utiliser, d’associer (lorsque cela est prévu dans le scénario !) ou d’examiner les objets en sa possession.
De nombreuses actions font l’objet de QTE (Quick Time Events) à la Fahrenheit ou, dans un genre différent, God of War, mais ceux-ci restent fort simples, se limitant la plupart du temps à marteler une touche puis à orienter un stick dans une direction précise. Les indications sont bien entendues données à l’écran et ces passages obligés ressemblent finalement plus à une astuce destinée à tenir le joueur en éveil plutôt qu’à une véritable implication de ce dernier dans l’intrigue.
Autre type de manœuvre à laquelle le joueur est parfois confronté: l’infiltration. Durant leur aventure, Langdon et Mlle Neveu sont poursuivis par différents ennemis, tantôt membres de la police, tantôt d’organisations secrètes. S’il est possible de foncer tête baissée pour combattre l’adversaire, il est parfois plus judicieux de passer discrètement dans son dos (en maintenant L1 appuyé pour ne pas faire de bruit). Lors de son premier exercice du genre, le joueur se voit conseillé de rester dans l’ombre afin de ne pas se faire repérer. Il suffit ensuite d’attendre que les gardes passent leur chemin pour se faufiler derrière eux ni vu ni connu. Bien qu’amusantes, ces sections n’offrent pas de réelle difficulté et l’on est bien loin des prouesses d’un Snake !
Comme évoqué plus haut, il est aussi possible d’affronter directement les ennemis via un système de combat encore basé sur des QTE qui se révèle, il faut bien l’avouer, peu convaincant. Notons tout d’abord l’existence d’une attaque furtive: le joueur doit s’avancer discrètement dans le dos de sa cible puis marteler le bouton carré jusqu’à ce que le coup soit porté. Pas vraiment difficile à accomplir et diablement efficace ! Toutefois, pour un challenge légèrement plus élevé, il est aussi possible d’engager un véritable combat dont le déroulement dépend de la première phase dite d’observation,durant laquelle les deux protagonistes cherchent à porter un coup (bouton carré). Le premier qui réussit à toucher l’autre prend l’avantage, déclenchant ainsi une seconde phase.
Si vous réussissez votre coup, vous passez en mode offensif et agrippez l’adversaire. Vous pouvez alors choisir de lui asséner un combo (bouton carre), le pousser (bouton rond) ou le projeter contre un mur (bouton triangle). Quelle que soit votre décision un QTE se déclenche alors et il faut accomplir la manœuvre indiquée à l’écran en un temps limité afin de réussir votre action.
Si durant la phase d’observation votre adversaire prend le dessus, vous passez alors en mode défensif et une séquence de trois à quatre boutons du pad s’affiche en bas de l’écran. Aussitôt un bouton affiché, vous devez appuyer dessus pour effectuer une parade et éviter le coup. Si vous échouez, votre jauge de vie décroît et peut rapidement vous conduire à un game over. Rassurez-vous, il existe des médikits pour refaire le plein lorsque son niveau est au plus bas !
Après plusieurs heures de jeu, on s’habitue aux divers QTE utilisés et les combats finissent par devenir une simple formalité qui laisse rapidement place à la lassitude. C’est là l’une des faiblesses de Da Vinci Code: autant ses énigmes sont intéressantes, bien trouvées et en adéquation avec le roman, autant ses séquences d’action ne semblent pas vraiment à leur place…
Une réalisation qui manque d’éclatCôté présentation, le jeu offre tout juste le minimum syndical avec des environnements certes plaisants dans leur modélisation mais dont les textures manquent singulièrement de détail. Evidemment, on peut toujours blâmer le manque de mémoire vidéo de la PS2 pour expliquer ce problème mais force est de constater que d’autres titres s’en sortent bien mieux avec les mêmes contraintes techniques. Au chapitre des reproches, ajoutons aussi l’absence d’un mode 16/9, absence d’autant plus curieuse que l’écran de jeu en lui-même est présenté dans ce format, occasionnant de larges bandes noires sur un écran 4/3!
Les différents personnages incarnés ou rencontrés se déplacent de manière crédible mais leurs expressions faciales lors des cut-scenes utilisant le moteur 3D du jeu sont quasi-inexistantes: hormis leurs lèvres animées, le reste du visage semble inerte. A noter que les quelques cinématiques en images de synthèse servant à introduire les différents niveaux du jeu ne sont pas particulièrement impressionnantes, mais qu’il est en plus difficile de reconnaître les personnages lorsque l’on passe des séquences de jeu à ces vidéos: un manque de cohérence quelque peu regrettable…
La bande son du jeu est quant à elle en demi-teinte: les musiques d’ambiance ont l’avantage de s’intégrer correctement et de ne pas énerver lorsque l’on est penché depuis de longues minutes sur l’une des énigmes, mais les dialogues (en Français) sonnent parfois assez faux et certaines répliques semblent parfois hors de propos. Si l’on ajoute quelques légers bugs comme une conversation entre deux gardes qui se poursuit alors que l’on est passé dans une autre pièce depuis belle lurette, on comprend que l’aspect sonore du jeu n’est pas exactement son point fort !
Terminons sur la durée de vie du titre, qui vous plongera pendant une quinzaine d’heures dans l’univers du Da Vinci Code, sans compter la recherche des secrets renfermés par chacun des niveaux, leur obtention vous permettant de débloquer certains bonus dont nous vous laissons la surprise. Au passage soulignons la bonne idée de The Collective qui a inclus de nombreuses informations sur les différents thèmes abordés par le jeu, celles-ci étant disponibles à tout moment par simple pression sur un bouton !












• Une adaptation libre du roman tout en restant fidèle à son esprit
• Des énigmes intéressantes
• De nombreuses informations distillées en cours de jeu
• Une réalisation moyenne
• Des séquences d’action trop peu convaincantes
• Une aventure extrêmement linéaire
Verdict
Au final, Da Vinci Code est un jeu d’aventure plaisant, au scénario bien ficelé, et offrant des énigmes parfois corsées qui demanderont au joueur un minimum de réflexion. En revanche, les séquences d’action type QTE sont peu intéressantes et ne semblent parfois servir qu’à rallonger artificiellement la durée du titre. Quoiqu’il en soit, cette adaptation vidéoludique du roman de Dan Brown reste un titre intéressant pour les amateurs du genre, qu’ils aient ou non lu l’œuvre originale.

Graphismes
6 / 10Si la modélisation des décors est agréable, leurs textures manquent clairement de finesse. L’expression faciale des personnages est pauvre mais leur animation générale reste correcte si l’on excepte quelques problèmes de raccord entre certains mouvements.
Jouabilité
6 / 10Les énigmes sont plutôt bien pensées et il est très agréable de parvenir à les résoudre. En revanche, les séquences d’actions et autres QTE sont d’une simplicité enfantine qui fait vite douter de leur intérêt.
Son
6 / 10La musique d’ambiance joue son rôle et ne gêne aucunement pendant les phases de réflexion liées à la résolution d’énigmes. En revanche, les dialogues (en Français) sont parfois mal joués et peuvent prêter à sourire.
Durée de vie
7 / 10Comptez une quinzaine d’heures pour boucler l’aventure sans forcément chercher à obtenir tous les bonus. Rajoutez une dizaine d’heures si vous comptez lire et écouter toutes les informations contenues dans le jeu !
Fun
7 / 10L’intrigue est prenante et les amateurs de casse-tête prendront certainement du plaisir à résoudre les différentes énigmes proposées par le jeu. Les combats sont en revanche rébarbatifs mais ne sont heureusement pas trop nombreux.