
Conan
publié le 11 octobre 2007- Etat : Disponible
- Développeur :Nihilistic Software
- Distributeur :THQ
- Genre :Action / Aventure
- Nb de joueurs :1
- 12/10/2007
- inconnue
- inconnue
Toujours fringuant malgré ses soixante-quinze ans, Conan repart à l’aventure sur PlayStation 3 dans un beat-em-all sympathique qui ne révolutionne toutefois pas le genre. De quoi faire patienter gentiment les joueurs en attente d’un God of War next-gen.
Au cas où vous vous demanderiez pourquoi le barbare incarné sur grand écran par l’actuel gouverneur de Californie revient en force ces derniers temps dans l’univers des loisirs, sachez que ce personnage fut créé dans les années 1930 par Robert E. Howard. Déclinée depuis sur divers supports tels que des comics, des jeux de rôles, des séries télévisées, des jeux vidéo et bien entendu des films, la licence entend bien aujourd’hui profiter de son soixante-quinzième anniversaire pour revenir sur le devant de la scène. D’ailleurs, si l’on en croit l’un des communiqués de presse de THQ diffusé au début de l’année, le jeu qui nous intéresse aujourd’hui n’est que le premier d’une série qui aspirera évidemment à durer le plus longtemps possible !L’ombre de KratosOn a beau savoir qu’un jeu à succès verra immanquablement ses idées reprises par les titres qui lui succèderont, rares sont les productions s’inspirant aussi largement de la concurrence que Conan. Vous l’aurez compris, le titre de Nihilistic pioche sans vergogne du côté de God of War, et ce aussi bien pour son système de combat évolutif que pour ses nombreux QTE utilisés àla fois dans les phases d’exploration et durant les combats contre des ennemis normaux ou des boss. Mais voyons cela plus en détails.




Le jeu relate l’histoire de Conan après que ce dernier ait libéré un sorcier extrêmement puissant nommé Graven alors qu’il cherchait à récupérer une pierre précieuse. Lors de cette malheureuse rencontre, notre barbare se fit voler son armure puis perdit connaissance pour se réveiller sur une île inconnue, infestée de pirates. Au départ amnésique, Conan retrouve rapidement la mémoire et part alors en quête des différents morceaux de son armure avec comme but ultime de renvoyer le sorcier maléfique dans les ténèbres.
La progression de l’aventure est relativement classique puisqu’elle alterne les phases d’exploration durant lesquelles vous devez trouver votre chemin ou résoudre de rares énigmes pour atteindre la zone suivante, et les combats contre un ou plusieurs ennemis à la fois. Si les premières ne sont pas passionnantes, les seconds méritent qu’on s’y attarde car ils renferment toute la richesse du jeu: comme dans d’autres titres du même genre, vous pouvez donner un coup rapide avec le bouton Carré, un coup puissant avec Triangle, et attraper un adversaire avec Rond. Le bouton Croix sert à sauter tandis que L1 sert à parer. Enfin le stick droit permet d’effectuer des roulades afin d’esquiver les coups adverses.
Comme dans God of War, il est possible de déclencher différents combos en utilisant les coups de base, et il faut bien avouer que de ce côté-là, Conan fait très fort: il existe en effet des dizaines de combos différents, que vous devrez débloquer un à un en accumulant les orbes rouges laissés par les ennemis vaincus ou trouvés dans des coffres. En outre, il existe plusieurs catégories de combos dépendant de l’arme que vous utilisez. Armé au départ de sa seule épée, notre barbare peut à tout moment se saisir d’une arme laissée par un ennemi, et c’est ainsi qu’il pourra se battre avec une seule arme dans une main, une arme plus un bouclier, deux armes (une dans chaque main !) ou une arme s’utilisant à deux mains. Selon la configuration, les combos sont différents et il faudra donc trouver puis dépenser de nombreux orbes rouges pour débloquer tous les coups disponibles. Cerise sur le gâteau, les armes ramassées peuvent être jetées sur les adversaires grâce au bouton R2. Toujours comme dans God of War, Conan peut aussi utiliser la magie à partir d’un certain moment du jeu via le bouton L2. Il lui faudra cependant d’abord remplir la jauge correspondante, ce qui se fait le plus simplement du monde en récoltant des orbes bleus.




Pour se débarrasser rapidement de ses ennemis, la meilleure technique consiste à effectuer une parade puis à contre-attaquer avec un coup mortel, un mécanisme que les fans de Heavenly Sword doivent désormais maîtriser. Ils ne seront ici pas dépaysés puisque le système est identique: parez juste avant que le coup ne vous touche, puis appuyez sur le bouton qui s’affiche à l’écran pour éliminer votre vis-à-vis !Amusant pendant un tempsSi le gameplay de Conan paraît plutôt riche malgré son manque flagrant d’originalité, quelques heures de jeu suffisent malheureusement à en montrer quelques limites. Tout d’abord, en dépit de ses nombreuses ressemblances avec God of War, le jeu de Nihilistic se révèle à l’usage bien moins exaltant que son illustre modèle. La faute en incombe avant tout à l’enchaînement des coups qui souffre d’un manque certain de fluidité, mais l’intelligence artificielle des adversaires n’est pas non plus exempte de défaut. Il est par exemple regrettable qu’une unique technique de combat permette de battre à peu près tous les ennemis proposés: attendez que votre vis-à-vis attaque, esquivez ou parez, puis allez-y de votre petit combo. En répétant inlassablement ces mouvements, vous n’aurez aucun mal à traverser les différents niveaux proposés et il ne vous faudra guère plus de sept petites heures pour boucler l’aventure. En outre, si vous espérez varier votre schéma d’attaque et prendre vos adversaires au dépourvu en utilisant une roulade afin de les attaquer à revers, sachez que ceux-ci ont la fâcheuse habitude de tourner sur eux-mêmes afin de toujours vous faire face, si bien que la manœuvre est, la plupart du temps, vouée à l’échec. Plus gênant encore, les combats contre les boss manquent eux aussi d’envergure et malgré une présentation convaincante d’adversaires parfois gigantesques, il manque toujours cette petite dose de folie qui pourrait rendre ces affrontements réellement dantesques.Pour apporter un peu de diversité à une action un peu trop monotone, les développeurs ont eu la bonne idée d’insérer quelques phases spéciales basées sur des QTE: hormis les classiques manipulations servant à ouvrir des portes, tirer des chaînes, grimper aux murs ou achever des ennemis, quelques séquences plus amusantes comme l’utilisation d’immenses arbalètes vous seront ainsi proposées. Si l’on ne peut que saluer l’initiative, un petit air de déjà-vu relativement tenace flotte toutefois durant ces phases de jeu.




Graphiquement parlant, Conan mêle le bon et le moins bon: si certains environnements comme l’île sur laquelle vous débutez l’aventure se révèlent agréables à l’œil, quelques bugs d’affichage viennent noircir le tableau à commencer par une gestion des ombres qui engendre parfois un effet de scintillement des plus désagréables. De plus, le niveau de détail dans les textures utilisées manque de constance, et la modélisation des décors varie elle aussi du soigné au plus spartiate. Du côté des personnages, les gros plans des cut-scenes trahissent un certain manque de polygones qui n’est toutefois pas perceptible durant les phases d’action. Précisons au passage que ces dernières imposent une caméra certes dynamique mais sur laquelle le joueur n’a aucune influence: un choix de design classique pour ce type de production mais qui peut parfois gêner lorsque les angles choisis par les développeurs ne sont pas des plus judicieux. Heureusement, le problème ne survient ici qu’occasionnellement.
Terminons sur l’aspect sonore du jeu dont les thèmes musicaux accompagnent parfaitement l’action, de même que les effets sonores qui auraient toutefois gagné à être un peu plus variés. Le ton exagéré et les textes presque risibles des dialogues en français donnent en revanche une petite note comique dont on se demande si elle a vraiment été voulue.
• Une grande variété de combos
• Plusieurs armes disponibles
• Trop facile et trop court
• Un gros manque d'originalité
• Quelques soucis techniques
Verdict
Correctement réalisé et facile à prendre en main, Conan est un beat-em-all sympathique mais auquel on reprochera en premier lieu son manque d'originalité : clairement inspiré par God of War dont il reprend la plupart des idées, le titre de Nihilistic ne parvient toutefois pas à offrir un système de combat aussi jouissif et intuitif que son modèle, même si les combos disponibles ici sont extrêmement nombreux. Si l'on ajoute à cela quelques problèmes d'ordre technique et une durée de vie assez courte, on constate que Conan a encore quelques progrès à faire pour se hisser au niveau du mythique Kratos. Peut-être une éventuelle suite saura-t-elle améliorer ces quelques défauts ?

A partir de 23.9 €
Graphismes
7 / 10Les décors sont dans l'ensemble agréables mais la gestion des ombres occasionne parfois des scintillements gênants, et les textures sont de qualité inégale. L'animation des personnages est correcte mais pourrait gagner en fluidité.
Jouabilité
7 / 10Malgré les innombrables combos disponibles, on a du mal à chorégraphier les combats comme dans un God of War : on aurait aimé un enchaînement des coups plus fluide. L'ensemble est par ailleurs extrêmement convenu.
Son
6 / 10Si les musiques et les effets sonores accompagnent bien l'action, les dialogues manquent en revanche de conviction. Il faut dire que le texte n'est pas très recherché et il vaut mieux prendre l'ensemble au second degré.
Durée de vie
6 / 10Extrêmement facile dans le mode de difficulté par défaut, Conan aide en permanence le joueur en lui permettant de régénérer sa santé et en lui opposant des adversaires pas trop futés. Résultat, on peut boucler le jeu en six ou sept heures.
Fun
7 / 10Amusant durant les premiers niveaux, Conan devient assez vite répétitif, la faute à des ennemis pas suffisamment accrocheurs dont on se débarrasse trop aisément. L'aventure reste sympathique à suivre mais sans grand challenge.