
Bleach
publié le 12 septembre 2005- Etat : Disponible Japon
- Distributeur :Sony Computer Entertainment
- Genre :Combat
- inconnue
- inconnue
- 2005
Vous vous sentez d’humeur joueuse ? Alors, devinez donc quel est le point commun entre les mangas « One Piece », « Naruto » et « Bleach ». Bien informés, leurs inconditionnels répondront invariablement qu’ils font, tous trois, l’objet d’une parution dans le magazine « Shonen Jump ». Toutefois, si ce nom vous paraît obscur, pas d’inquiétude… Arrêtons nous-en à une simple constatation ; à savoir que ces séries auront toutes fait l’objet d’adaptations en jeu. L’effort se voit-il, pour autant, salué unanimement par la critique ? Hélas, non… Il arrive même que de tels projets nourrissent, malgré eux, d’amères déceptions. Même riche de ces enseignements, « Bleach : Heat The Soul » sera-t-il de ceux-là ? Le mystère reste entier… S’imposera-t-il en maître face à de trop rares concurrents ? Le verdict est proche, distant de seulement quelques lignes…Un peu d’histoire Besoin, avant toute chose, d’en savoir davantage sur cette œuvre de Tite Kubo ? Fort bien… Un bref résumé s’impose donc. En parfait « shonen » (comprenez : « manga pour garçons »), cette série, dont 12 volumes sont – à ce jour – parus en France, relate les aventures d’Ichigo Kurosaki, jeune lycéen de quinze ans, que rien ne prédestinait à devenir un héros. Mais ce fut sans compter sur le destin, qui, facétieux, lui aura fait croiser la route d’une mystérieuse Shinigami. Celle-ci, dont la mission sur terre consiste en une chasse aux esprits, va effectivement lui confier une part de ses étranges facultés. Autant dire, qu’à compter de ce jour, le quotidien de notre ado va être quelque peu chamboulé. Combats et rencontres impromptues deviendront son lot quotidien. De quoi exploiter, au gré des chapitres, les poncifs reconnus du genre ; aussi bien, en série TV, qu’à grands renforts de bulles et d’onomatopées.Vu à la TV Et puisque l’on en parle, c’est cette déclinaison télévisuelle qui semble, ici, avoir retenu l’attention des développeurs de ce produit. Un simple coup d’œil à l’introduction suffit, d’ailleurs, à s’en convaincre. Bercés par l’énergique thème d’ouverture, les « fans » ne pourront décemment pas rester insensibles aux charmes de l’introduction ; tous repus qu’ils seront de magnifiques séquences extraites de l’ « anime ». Qu’on se le dise : une telle mise en bouche n’aurait pas à rougir de la comparaison d’un film tenant sur DVD. Mieux encore, la PlayStation Portable nous gratifie, dans le cas présent, d’un modèle de netteté et de compression. Rassurant, pour qui doutait encore des qualités de son écran. Simple vitrine technologique ? Détrompez vous… Ce petit UMD réserve encore bien des surprises.Une prise en main intéressante Avant même de nous intéresser, plus en détail, sur ce qui fait l’attrait de notre objet d’études, penchons nous sur son seul « gameplay » ; lequel s’avère être, disons le, agréable à bien des égards. Confié aux bons soins des géniteurs de « Bloody Roar », ledit projet en conserve la prise en main immédiate et plaisante, sans pour autant s’abandonner aux transformations ayant fait la réputation de cette autre saga. Ici, pas de loups-garous, ni même de lapins mutants, mais bien un lot d’enchaînements se voulant plus conventionnel. Ainsi, digne héritière du « Dual Shock » de sa grande sœur – la PS2 -, la machine nomade de Sony parvient, sans trop de mal, à nous faire vivre d’agréables passes d’armes. Pareillement, il ne faudra que quelques minutes, aux amateurs de combats en 3D, pour que leur reviennent certains automatismes. Une agréable impression, due, en majeure partie, à la configuration des touches, qui, dans le fond, s’avère exempte de tout reproche. Rapidement, les joueurs que nous sommes retrouveront leurs marques, tout en enchaînant, avec la plus parfaite maîtrise, « combo » à l’exécution simple et déplacements aisés. Est-ce à dire que cela le destine, avant tout, aux néophytes ? Possible, dans la mesure ou certains coups, même les plus puissants, ne requièrent qu’une manipulation ô combien basique. Inquiètant et maladroit, surtout dans le cas des « Special » (déclenchées, une fois remplie sa jauge, par simple utilisation du bouton Carré et d’une direction), sensées représenter la botte secrète d’un combattant, son ultime recours face à l’adversité. A vouloir être trop abordable, la jouabilité perd – vous l’aurez compris - une part de sa saveur, et ce, bien que l’on en retire rapidement un plaisir certain. Semblable à un maître du kendo, notre garçon, comme ses comparses, exécute docilement une multitude de techniques ; celles-ci allant du simple coup de bâton, à l’assaut meurtrier. De même, passé outre ces quelques appréhensions, les moins regardants prendront plaisir à marteler Croix (pour les coups rapprochés), Triangle (touche allouée aux sauts), ou Rond (permettant des frappes à distance). Classique ? Certes, mais ce « soft » n’en demeure pas moins doté d’une identité forte. Adaptation oblige, chaque protagoniste fera, en fin de compte, l’étalage de son propre style, entre autres pouvoirs et capacités démoniaques. Pareillement, il se révèlera salvateur d’appréhender, au mieux, le style de chacun. Dit plus clairement, à vous de voir si votre choix se portera, par exemple, sur Ishida Uryu et ses mystérieuses flèches ou sur Yasutora Sado et sa force de frappe. Pour être honnête, ces oppositions de style ne seront pas de trop. Et pour cause, cet opus ne nous propose finalement que 6 guerriers (dont 2 cachés) : Kuchiki Rukia, Orihime Inoue, Renji Abarai, et les trois gaillards précédemment cités. Trop juste ? Assurément, mais il faudra s’en contenter… D’autre part, certaines subtilités, bienvenues, parviendront à nous étonner ; au premier rang desquelles figurent une jauge de furie commune (le gain de l’un des opposants entraînant une perte pour l’autre) et le fait que, lors du second Round, l’énergie du « leader » (entendez par là : « le vainqueur de la première manche ») ne soit pas restaurée. Toutes ces idées, mises bout à bout, contribue aisément à rendre l’expérience agréable. Il n’en devient, dès lors, que plus irritant de voir ce soft pêcher par manque de contenu.Une athmosphère fidèle… Une erreur de jeunesse ? Très certainement. A fortiori lorsque l’on sait que cette itération dispose de nombreux atouts, ne serait-ce qu’en terme de graphismes. Concrètement, son identité ne se limite pas aux quelques trouvailles énoncées plus haut, mais transparaîtra jusque dans la moindre texture. Saupoudrés de « cell shading », les joutes auront ainsi de quoi réjouir, en alliant clarté, vitesse et fluidité. Rarement prise en défaut (seulement lors de certaines furies), l’animation convaincra vite. De même que les décors, plus ou moins réussis. Certes, nous sommes encore loin de la qualité exigible d’une 128 bits de salon, mais n’oublions pas qu’il s’agit, là, de l’un des premiers jeux du genre. Enfin, les amoureux du style « manga » verront d’un très bon œil les dessins et voix digitalisées ponctuant, avec élégance, la plupart des techniques spéciales. Du bon goût, encore et toujours…… Mais trop peu de matière…En revanche, s’il existe un point sur lequel ce « Bleach : HTS » ne fait pas montre d’une grande originalité, il s’agit indéniablement de ses différents modes de jeux. Ainsi, en marge des classiques « Survival », « Time Attack » ou « Soul VS » (mettant l’emphase sur les avantages du « Wi-fi »), les âmes solitaires se focaliseront sur l’option « Story », tandis que les plus acharnés trouveront, via l’ « Appendix », de quoi retenir leur attention. Si la première alternative n’étonnera pas grand monde avec ses phases de dialogue, la seconde, elle, retiendra l’attention des « gamers » en mal de challenge. Dans ce capharnaüm, se trouve répertoriée toute une kyrielle de récompenses, cartes à jouer, films et musiques. A chacun de les remporter, en l’échange de précieux points. Insuffisant, pour qui était en droit de miser sur une forte « replay-value »…
Verdict
A l’heure du bilan, il apparaît donc clair que « Bleach : Heat The Soul » s’essouffle trop rapidement ; la faute incombant au nombre dérisoire de persos disponibles. Partant de là, libre à vous de voir si ses nombreux bonus sauront vous attirez. Si tel est finalement le cas, vous y passerez de longues heures. Encore hésitant ? Cela peut se comprendre. Nous vous conseillons d’attendre sagement sa suite.

Graphismes
Jouabilité
Son
Durée de vie