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![]() Folklorepublié le 15 octobre 2007
Introduction, Structure, Combats
Après un Genji 2 pas franchement convaincant, les développeurs de Game Republic nous proposent un nouveau jeu d’action/aventure mêlant phases d’exploration classiques et combats originaux, le tout se déroulant dans un village irlandais des plus mystérieux. Une recette gagnante ?
L’aventure démarre sur un bateau chahuté par le mauvais temps qui s’approche des côtes irlandaises. Sur le pont, une jeune fille prénommée Ellen se remémore un évènement récent qui, semble-t-il, bouleversera sa vie : elle a en effet reçu il y a quelques jours une lettre de sa mère disparue depuis 17 ans. Cette dernière lui demande de se rendre dans le village de Droolin, désormais à quelques encablures du navire. Mais le temps continue de se dégrader et le capitaine décide de rebrousser chemin. Ellen n’a plus qu’une solution : se jeter à l’eau pour rallier la côte. Confortablement installé à son bureau, Keats réfléchit à son prochain sujet pour Unknown Realms, un magazine de seconde zone consacré aux sciences occultes pour lequel il travaille depuis quelques temps. Alors qu’il feuillette distraitement son dernier article, le téléphone sonne : une femme l’avertit qu’on cherche à la tuer et Keats n’a que le temps d’entendre le nom de Droolin avant que la communication ne soit coupée. Flairant de l’inhabituel, il décide de se rendre sur place. A peine arrivés sur cette mystérieuse terre irlandaise, les chemins d’Ellen et Keats se croisent pour la première fois, sans qu’ils ne se doutent que leurs destinées sont désormais liées : en haut d’une falaise surplombant la plage, ils aperçoivent une femme assise, les jambes dans le vide. Tandis qu’Ellen pense avoir retrouvé sa mère et Keats la femme du coup de téléphone, l’inconnue vacille et tombe sur le flanc, raide morte. Une fraction de seconde plus tard, son corps chute de la falaise : le décor est planté. Une progression en deux tempsA partir de cet instant, vous n’aurez de cesse d’enquêter sur Droolin et découvrirez peu à peu le mystère entourant les venues d’Ellen et de Keats dans le village. L’histoire se décompose en un prologue suivi de sept chapitres, que vous devrez jouer avec chacun des personnages pour obtenir le maximum d’informations. Au début de chaque chapitre, le jeu vous demande de choisir entre les deux protagonistes, et vous pouvez donc décider de vivre l’intégralité de l’histoire avec Ellen puis de la refaire avec Keats, ou bien de changer de personnage à chaque chapitre. Si l’on en croit nos sessions de test, cette dernière option est la meilleure puisqu’elle vous permet de voir évoluer le point de vue chacun sur les évènements presque simultanément. Tous les chapitres proposés suivent le même schéma : vous commencez par enquêter à Droolin pour obtenir de nouvelles informations en discutant avec les habitants, puis réussissez à mettre la main sur un objet ayant appartenu à une personne disparue. Avouons-le, ces phases de jeu relativement courtes ne sont pas franchement palpitantes et ressemblent un peu aux jeux d’aventure des années 80, l’habillage en plus. Mais en amenant les objets récupérés au cercle des anciens, lieu de culte ancestral, vous pourrez ouvrir une porte sur le Netherworld, un monde parallèle infesté de monstres et dans lequel errent les âmes des morts. Car pour élucider le mystère entourant le village, vous devrez parler aux victimes des drames qui s’y sont déroulés, ou du moins réussir à visionner leurs souvenirs, capturés par d’étranges créatures du Netherworld. Seulement voilà, tout le monde ne voit pas d’un bon œil votre venue en ce lieu étrange, et vous devrez donc souvent combattre des entités appelée Folks. Là où Folklore frappe un grand coup, c’est dans son système de combat vraiment bien pensé. En effet, si les Folks prennent un malin plaisir à vous attaquer, seuls ou en groupe, ils deviennent aussi vos alliés lorsque vous parvenez à capturer leur âme : une fois la manœuvre réussie, le Folk se range à vos côtés, et vous pouvez assigner un Folk différent à chacun des boutons Rond, Croix, Triangle et Carré de la manette. Avec une centaine de Folks à capturer, Folklore offre ainsi un petit côté intéressant pour les collectionneurs fous que ne renieraient pas les fans de Pokemon. Mais la mise en place de ce système n’est pas destinée qu’au plaisir d’agrandir son panel de Folks. Sachez en effet que certains de vos ennemis ne sont vulnérables qu’à certaines attaques particulières, et il faudra donc être certain d’avoir tous les Folks nécessaires pour battre les suivants ! Une précaution encore plus importante contre les boss, baptisés Foklore, qui nécessiteront d’utiliser certaines créatures bien précises à différents moments pour pouvoir les terrasser. Heureusement, vos recherches et vos discussions avec les personnages du Netherworld vous permettront de découvrir des pages d’un manuscrit ancien décrivant les faiblesses des monstres les plus retors. Mais revenons un instant sur les combats pour mieux en comprendre le déroulement : au départ, vous ne disposez que de deux Folks, l’un vous permettant d’attaquer et de déclencher des combos, l’autre de vous défendre. Pour battre votre adversaire, vous utilisez donc votre attaque de base et chaque coup s’accompagne d’une silhouette bleue sortant quelque peu du corps de votre vis-à-vis. Lorsqu’il a encaissé suffisamment de coups, la silhouette passe au rouge et sort complètement. Vous pouvez alors appuyer sur R1 puis faire pivoter votre SixAxis d’un coup sec vers le haut pour capturer le Folk. Si la créature était déjà en votre possession, ses capacités s’amélioreront. Si elle est nouvelle, vous pourrez désormais l’utiliser au combat. Précisons que le capteur de mouvement de la SixAxis est par la suite utilisé de manière plus intensive et plus complexe, notamment durant les combats contre les boss dont la capture demande plusieurs manipulations successives. Une fois le boss de chaque région du Netherworld anéanti, vous pouvez retourner à Droolin pour entamer le chapitre suivant ou bien décider de vous prêter à quelques quêtes annexes en discutant avec les personnages rassemblés au pub. Notons au passage la possibilité de télécharger des quêtes supplémentaires sur le PSN, une fonctionnalité que Game Republic mettra certainement à profit pour rallonger la durée de son titre et en augmenter la diversité. Car si l’aventure demande une vingtaine d’heures pour être bouclée par Ellen et Keats, elle souffre du fait que nos deux héros empruntent à chaque chapitre le même itinéraire ou presque, donnant une nette impression de déjà-vu au second passage. Certes quelques monstres diffèrent ça et là, et Keats peut utiliser un ersatz de mode rage pour rendre ses combats un peu plus percutants, mais la répétitivité est tout de même bel et bien présente. Réalisation, Conclusion
Un jeu envoûtantMais malgré ses redondances, Folklore réussit à plonger le joueur au cœur d’une aventure vraiment intéressante dont on a bien du mal à décrocher. Il faut dire que les six mondes du Netherworld sont tous radicalement différents, et que leur modélisation a parfois un petit côté poétique qui n’est pas sans rappeler, toute proportion gardée, Ico ou Shadow of the Colossus. A ce titre, le premier environnement traversé offre des plans magnifiques où les couleurs pourtant criardes parviennent à s’harmoniser pour offrir un rendu extrêmement agréable à l’œil. Seule petite ombre au tableau, les décors restent très statiques et l’on regrette notamment qu’aucune brise ne vienne animer la végétation alentours. Les développeurs ont tout de même inclus différents effets de particules qui apportent un peu de vie et de magie à l’ensemble, mais un peu plus de dynamisme n’aurait pas fait de mal.
On peut d’ailleurs faire le même reproche aux séquences narratives du jeu, présentées sous trois formes différentes. La première est la classique CGI, une vidéo générée par un logiciel spécialisé dont la qualité est ici convaincante. La seconde se présente comme une bande dessinée animée via des zooms et autres travelling, un peu à la manière de Metal Gear Solid : Digital Graphic Novel, si ce n’est qu’ici les personnages restent modélisés en 3D. Enfin, d’autres passages présentent les interlocuteurs face à face de part et d’autres de l’écran. Si la diversité des séquences n’est pas un problème, le manque de dialogues parlés sur les deux derniers types de cut-scene entame l’immersion de manière non négligeable, d’autant que les voix françaises entendues lors des CGI sont de qualité. On aurait apprécié que Game Republic profite de l’espace disponible sur le BluRay pour doubler l’intégralité des séquences ! Il faudra malheureusement se contenter de lignes de texte durant de nombreux passages… Pour rattraper un peu cette faute technique de la bande son, signalons tout de même que d’excellentes compositions accompagnent nos pérégrinations à Droolin et dans le Netherworld, même si les musiques des combats n’ont pas le même impact que celles entendues dans le village, dramatiques et mélancoliques au possible. Pour en revenir à la prestation graphique du jeu, il faut aussi souligner la grande diversité d’apparence dans les Folks et les Folklore : avec une centaine de créatures, on aurait pu craindre que les développeurs tombent dans la facilité et proposent un même design global décliné en quelques coloris, mais force est de constater que la variété est de mise, ce qui rend l’aspect collection du jeu bien plus attirant. Enfin, les animations des personnages à l’écran sont correctes, et le jeu bénéficie d’une bonne fluidité qui connaît toutefois quelques légers problèmes lors de scènes particulièrement chargées. En outre, si la caméra manuelle permet d’adapter l’angle de vue à l’action, sa rotation est parfois un peu trop lente pour permettre de garder tous ses adversaires à l’œil. Mais rassurez-vous, ces quelques soucis ne gênent jamais vraiment le déroulement des combats ! test écrit par Eric Graphismes
8 Si les différents environnements sont franchement jolis à regarder, on regrette toutefois qu'ils ne soient pas un peu plus vivants. La caméra quant à elle aurait mérité d'être plus rapide dans les rotations manuelles.Jouabilité
7 Le système de combat basé sur une utilisation judicieuse des Folks fonctionne parfaitement et l'aspect collection du jeu pousse à avancer encore et toujours dans le jeu. Les phases d'exploration sont en revanche moins accrocheuses.Son
8 Les musiques accompagnant les phases calmes sont excellentes mais celles rythmant les combats sont clairement un ton en dessous. Les dialogues en français sont convaincants mais on aurait aimé qu'ils soient présents sur toutes les cut-scenes.Durée de vie
7 Comptez une vingtaine d'heures pour boucler l'aventure avec Ellen et Keats, une durée modulée en fonction des quêtes annexes que vous décidez d'entreprendre.Fun
7 Prenant dès les premières minutes, Folklore n'échappe toutefois pas à un certain sentiment de répétitivité renforcé par l'obligation de traverser les mêmes environnements avec chacun des personnages.
• Une ambiance réussie
• Ellen et Keats traversent les mêmes niveaux Verdict : 7.5Doté d'une ambiance franchement réussie et d'un système de combat bien pensé, Folklore est un titre qui aurait pu atteindre des sommets si ses phases d'exploration avaient été plus intéressantes et si les chemins empruntés par Ellen et Keats n'avaient pas été quasiment identiques. Malgré ces défauts, la dernière production de Game Republic parvient à plonger le joueur au cœur d'une intrigue prenante dont on a hâte de découvrir les secrets, d'autant qu'elle est soutenue par une réalisation convaincante. |
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