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V-Rally 3

V-Rally 3

publié le 12 avril 2003
  • 21/06/2002
  • 2002

Particulièrement en vogue depuis quelques mois, les jeux de rallye n’ont pour le moment pas brillé par leurs qualités. Alors que les puristes voyaient en WRC une future référence, le jeu fut au final une demie déception. En attendant le 3e volet de Colin McRae et le cru 2002 de WRC, Infogrames et Eden Studios tentent de se hisser sur la première marche du podium en nous sortant le 3e volet de leur série fétiche : V-Rally. Apportant un vent de fraîcheur sur un genre dont on pensait avoir tout vu, ce nouvel épisode pourrait bien vous séduire. Une jouabilité progressivePourtant les premières minutes de jeu sont pour le moins frustrantes : les modes de jeu ne sont pas très nombreux et surtout la jouabilité pose de sérieux problèmes durant la première demie heure. Wave Race (Gamecube), dont la prise en main est aussi délicate, est battu par KO. Jamais dans ma vie de joueur je n’ai connu de démarrage aussi calamiteux : impossible de garder la voiture stable en pleine ligne droite, les bosses et les bas côtés sont autant de pièges qui ne demandent qu’à vous faire perdre du temps, les virages doivent se négocier avec doigté. Cependant, après plusieurs minutes (et insultes du co-pilote …), on se rend compte que le jeu bénéficie d’une énorme marge de progression. Les développeurs l’avaient annoncée : la notion de progressivité est au cœur du jeu. Impossible d’atteindre la victoire lors du premier passage, il faut apprendre à maîtriser le véhicule et aussi à mémoriser les différents tracés. Dans leur grande bonté, les développeurs ont introduit deux types de voitures au comportement bien distinct : les 1.6 litres et les 2 litres. Il est alors conseillé de commencer le jeu par la catégorie des 1.6 l. Certes, la vitesse n’est pas fulgurante, mais l’adhérence est ici beaucoup plus importante, facilitant par la même occasion l’apprentissage du jeu (commencer par les voitures les plus puissantes ne vous rendra pas service). Ainsi à force de persévérance, les temps scratchs commencent à tomber et le plaisir de jeu commence lui à grimper. Après s’être fait les dents sur le contre-la-montre (excellent didacticiel), il est temps de s’attaquer au gros morceau du jeu : le mode carrière. Un mode carrière fabuleux Véritable cœur du jeu, le mode carrière en est aussi la plus grande originalité. Fini les championnats « traditionnels », on vous place cette fois dans la peau d’un jeune pilote qui devra faire ses preuves. Ainsi, après avoir créé votre profil (et par la même occasion avoir fait perdre 2 mo à votre carte mémoire), vous êtes propulsé dans votre bureau : c’est là que se joue votre avenir. Votre premier objectif sera donc de réaliser des essais pour différentes écuries. Si vous battez leur temps de référence, celles-ci vous proposent de signer un contrat, avec bien sûr un objectif à atteindre. Si les premières saisons sont difficiles, notamment à cause du manque de performance de votre bolide, petit à petit des écuries mieux classées vous proposent des essais et des objectifs qui eux aussi grimpent sérieusement, jusqu’à atteindre la première marche du podium. Assez facile dans l’ensemble, gagner le championnat des 1.6 l vous ouvrira les portes du championnat 2.0 l. A cette occasion, vous réaliserez le fossé existant entre les deux catégories de voitures : le championnat 2.0 est difficile : la moindre erreur est souvent sanctionnée par un abandon qui aura pour conséquence de vous faire plonger dans les abîmes du classement. Ne croyez pas qu’être engagé dans une bonne écurie (Peugeot, Subaru, Mitsubishi) vous assure la victoire, personne n’est à l’abri d’un accident.
Véritablement prenant et original, le mode carrière montre qu’il est encore possible d’innover dans le genre. Une réalisation graphique et sonore divineAprès cette première baffe que constitue le mode carrière, tendez l’autre joue pour la deuxième claque, graphique cette fois. V-Rally 3 proposent des graphismes splendides. Loin du photo réalisme d’un WRC, les teintes pastelles confèrent au jeu un cachet chaleureux, loin de la froideur dégagée par WRC. Les effets de lens flare sont superbes et n’ont rien à envier aux effets lumineux de GT3. La modélisation des voitures est très réussie, bien qu’inégale (si la 206 est parfaitement reproduite, ce n’est pas le cas de la Cordoba qui fait un peu trop brique de lait). Les salissures et déformations sont bien entendu de la partie avec des effets plus ou moins visibles selon la piste et la violence des chocs. En parlant des pistes, il faut saluer le travail d’orfèvre effectué sur chacune d’entre elles : les tracés sont extrêmement bien pensés et variés, fourmillant de détails : effets de lumière sur la piste, richesse des bas côtés, public nombreux, trace des pneus dans la neige… Au nombre de 24 (48 avec le mode reverse), ces derniers se répartissent dans 6 localités géographiques : l’Allemagne et ses routes verglacées, la Finlande et ses pistes de graviers, le Safari et ses longues lignes droites poussiéreuses, la Corse et son asphalte parfois piégeux, l’Angleterre et sa météo capricieuse et enfin la Suède et ses pistes enneigées, voire verglacées. Chaque pays offre des sensations de conduites bien distinctes et le cachet des différentes contrées est parfaitement retranscrit. Enfin, chose assez rare pour être signalée, les tracés bénéficient de petites animations qui contribuent beaucoup à l’immersion : le public qui se manifeste lors de votre passage, les animaux sauvages qui vous coupent la route, l’hélicoptère qui suit votre parcours, les cloches qui sonnent lors de votre traversée des petits villages corses …

L’ambiance sonore est là aussi une réussite : les bruits moteur sont criants de vérité, les bruitages réussis et le co-pilote parfait. Les indications sont données dans les temps, bien qu’il existe certains petits oublis (on vous annonce deux virages à gauche en oubliant de mentionner la virage à droite entre les deux , résultat : accident et de précieuses secondes qui s’envolent). Mais d’une manière générale, le copilote remplit amplement son rôle, vous avertissant même des dangers présents sur la route (ravins, barrières, fossés). Enfin, petit détail amusant, il n’hésitera pas à commenter votre style de conduite : selon votre avance vous serez gratifiés d’un « on l’a fait » ou d’un « pas mal », si vous faites du hors piste vous aurez droit à un « mais où tu vas ? » ou parfois même à des insultes (qui sont censurées par un Bip mais qu’on comprend facilement). La minute rabat-joieSi le portrait dressé jusque là était plutôt élogieux, on va attaquer maintenant des choses qui fâchent. Tout d’abord, techniquement le jeu est loin d’être parfait : les chutes de framerate sont fréquentes et le clipping bel et bien existant. Sans être gênants pour le gameplay, il est dommage de trouver des défauts qui auraient pu être évités. C’est d’autant plus regrettable que l’aliasing et les scintillements ont en partie été gommés. Manque de compétences ou manque de temps ? Je pencherais plus pour la deuxième solution, le reste du jeu prouvant que les développeurs maîtrisent leur sujet.

Les autres défauts tiennent plus du regret; les modes de jeu ne sont pas assez nombreux : un contre-la-montre, un mode challenge et un mode carrière c’est peu. Même si la durée de vie est bonne, grâce au mode carrière, pourquoi ne pas en avoir mis plus ? Où est passé le mode trophée ? L’éditeur de circuits ? Le mode multijoueurs ? Et oui ceux qui attendaient V-Rally 3 pour son mode multijoueurs vont être déçus : fini les joutes à 4, c’est désormais chacun son tour que l’on joue. Vous admettrez que le jeu perd énormément en fun. Aussi le nombre de spéciales fait un peu « light » surtout quand on le compare au 2e volet qui en comptait plus de 80 réparties sur 14 pays. Avec une telle réalisation graphique, j’aurais bien aimé voir l’Argentine, l’Italie, l’Indonésie, l’Australie ou la Nouvelle Zélande. Pour la prochain épisode peut-être.

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test écrit par Olivier


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 9 / 10

    Son

  • 8 / 10

    Durée de vie

8 / 10

Verdict

Même s’il souffre de défauts inhérents à sa sortie intervenue trop tôt, V-Rally 3 mérite que l’on s’y attarde. Bénéficiant d’une réalisation graphique et sonore de qualité, d’un gameplay progressif parfait compromis entre arcade et simulation, d’un mode carrière original et très prenant et d’une bonne durée de vie, V-Rally 3 s’empare du titre de meilleur jeu de rallye sur PS2. Cependant, la perfection n’est pas encore pour aujourd’hui : le bilan technique est mitigé (ralentissements et clipping) et les modes de jeu, bien que variés, ne sont pas assez nombreux.

- / 10

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