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Shadow of Rome

Shadow of Rome

publié le 7 février 2005
  • 03/02/2005
  • inconnue

En plus de remettre le péplum au goût du jour, le film cultissime Gladiator avait ouvert une voie sénatoriale qu'aucun jeu n'avait encore réussi à emprunter avec succès : C'est enfin chose faite avec Capcom et son Shadow of Rome ! Préparez gladius et pilum, le sable brûlant du Colisée vous attend ... Avé César ! Morituri te salutant ... Littéralement "Avé César, ceux qui vont mourir te saluent ..." De la boucherie et des gladiateurs morts au combat, il va y en avoir, c'est sur ! Mais cette fois-ci c'est Jules César lui-même qui va passer l'arme à gauche le premier ...

Revenons si vous le voulez bien quelques années auparavant, en 49 avant J.C. exactement, pour un bref rappel historique. Après avoir conquis la Gaule et ses environs dans les glorieuses circonstances que l'on connaît, Jules César décida finalement de traverser le Rubicon avec son armée. Pourtant la loi de Rome interdit à quiconque de franchir ce fleuve avec une armée, sauf avec autorisation expresse du Sénat. César défie ouvertement le Sénat et cela aura des circonstances dramatiques par la suite !
Du "triumvirat" originel (gouvernement à 3 réunissant Crassus, Pompée et César) il ne restait plus que César, alors commandant en chef des armées romaines, et Pompée, consul appuyé par les sénateurs et l'habile orateur Cicéron. César s'attela les 5 années suivantes à pourchasser Pompée avec l'aide de son lieutenant et bras droit Antoine et Pompée fut finalement assassiné en Egypte où il prit la fuite. Cela vaudra à César d'être nommé dictateur pendant un 1 an après avoir mis fin aux guerres civiles et conquit l'Italie toute entière en moins de 9 semaines ...
Les pleins pouvoir pendant 1 an seulement ? César n'entend pas s'en arrêter en si bon chemin et c'est avec brio qu'il se lance toujours à la tête de l'armée romaine en Egypte où il mate les révoltes à Alexandrie et succombe aux charmes de Cléopâtre, s'en suivent les succès à Thapsus, à Zéla et à Munda (respectivement en Bosphore, en Afrique et en Espagne) qui lui vaudront de devenir dictateur à vie ainsi que de disposer des pouvoirs du tribun et ceux du censeur : le succès est total !
Pour définitivement asseoir son succès militaire et surtout politique, Jules César entreprend un certain nombre de réformes pour le peuple et même les territoires conquis, notamment l'extension du droit de vote. La Rome Antique vit son apogée !
Le 15 mars 44 avant J.C. lors des Ides de Mars, Jules César projette d'accepter le titre de roi pour la partie orientale de l'empire romain à l'occasion de la prochaine réunion solennelle du Sénat, et c'est devant la statue de Pompée qu'il est pris à parti par une vingtaine de sénateurs qui le poignardèrent à 23 reprises...

C'est sur ces bases que Shadow of Rome débute, dans un respect exemplaire du contexte historique ! Peu après l'agression, un des gardes du palais dénommé Vipsanius découvre horrifié le corps ensanglanté ... Au même moment débarque Cicéron (fidèle à Pompée souvenez-vous) qui le met aux arrêts sans autre forme de Procès. Le peuple est choqué et tous voient en Vipsanius le coupable idéal ! Octavien, petit neuveu de César et ami d'Agrippa, fils de Vipsanius et Centurion dans l'armée romaine, décide d'aller trouver celui-ci pour lui annoncer la nouvelle et réagir en conséquence.

Shadow of Rome mêle deux ambiances : le combat et la politique ! D'un côté Agrippa et de l'autre Octavien. Si le but principal est de faire innocenter le père d'Agrippa, Octavien alors âgé de 18 ans et reconnu héritier par César est aussi en droit de réclamer le trône occupé par Antoine, ancien lieutenant du défunt dictateur ... Deux gameplay opposés pour deux quêtes différentes qui se recoupent mutuellement, c'est fort de ces quelques connaissances historiques qu'on peut aborder ce jeu sereinement et en profiter pleinement !

Shadow of Rome fait la part belle aux cinématiques, qu'elles soient en images de synthèse ou en 3D. La violence omniprésente contraste avec la classe qu'imposent les sénateurs et l'architecture romaine bien respectée par les développeurs. Cela se ressent aussi dans les graphismes du jeu : les phases de combat d'Agrippa sont en générales TRES sanglantes et sombres, tandis que les phases d'exploration et d'infiltration d'Octavien sont beaucoup plus claires et dignes des palais qu'il lui faudra parcourir !

Que retenir de la Rome Antique ? les musculeux gladiateurs ou les complots incessants du Sénat ? Capcom a choisi les deux !"Gagne la foule et tu gagneras ta liberté ..." ®Proximo ... Ou plutôt celle de son père en l'occurrence puisque Agrippa était Centurion avant que le complot éclate, et c'est l'accusation qui plane sur son père Vipsanius ainsi que la mort tragique de sa mère qui le conduiront dans l'arène avec l'aide de Claudia et de son frère Sextus : vous verrez dans quelles circonstances !
Agrippa n'est définitivement pas le cerveau du groupe, il se bornera à combattre et de suivre son instinct, élément principal de la survie dans l'arène !

Tous les combats ne se déroulent pas dans l'arène cependant, et la première échauffourée rappelle inévitablement que le moteur graphique du jeu est celui déjà utilisé par la série Onimusha (Keiji Inafune inside) ! Un plus indéniable qui colle très bien au jeu. Les développeurs sont allés jusqu'à appliquer la même maniabilité au cours des combats avec des enchaînements simples et des changements d'armes fréquents. Agrippa peut se saisir de tout ce qui lui passe à portée de main : boucliers, casques, glaives, lances, arcs, masses d'armes, hallebardes ou encore les membres découpés des précédents adversaires, tout est bon pour taper sur l'ennemi ! Quoi de plus logique dans une arène après tout ... Certaines armes se manient à une main et permettent de se protéger avec un bouclier, tandis que d'autres plus lourdes et incroyablement plus meurtrières se manient à deux mains. Une simple pression prolongée sur l'un des boutons d'attaque permet de réaliser une attaque surpuissante fracassant quasiment tout sur son passage ... A mesure que vous réalisez les enchaînements avec succès, une jauge de "salves" se remplit : les salves correspondent aux encouragements de la foule ! Une fois remplie, Agrippa peut haranguer la foule en poussant un cri digne d'une bête féroce en brandissant son arme dans le ciel, la foule réceptive lui octroie alors un cadeau en fonction de ses performances : cela va d'une arme classique en passant par des épées de taille démesurée ou encore une armure, permettant ainsi en les utilisant de récupérer encore plus de salves pour des armes encore plus puissantes, et ainsi de suite ! Les combats s'enchaîne inlassablement et le sang coule à flots ... Le tout grâce à une jouabilité exemplaire bien que parfois entravée par une caméra récalcitrante dans les endroits trop étriqués, mais dont le point d'orgue est la possibilité de réaliser pas moins de 200 coups spéciaux différents suivant l'arme et son utilisation !

Tout au long de son périple dans l'arène (et par souci de diversité), Agrippa devra s'acquitter d'un certain nombre d'épreuves le mettant aux prises avec des barbares, des condamnés à mort, des gladiateurs, des colosses et même des animaux ! Dans le plus pur respect des Jeux du Cirque et des peplums cinématographiques on retrouve différents types d'épreuves comme le combat à mort, le combat en équipe ou encore la course de char ! (Ben Hur quand tu nous tient).
Les combats à mort, comme leur nom l'indique, nécessite que vous soyez le seul survivant dans l'arène. Et ce ne sera pas une mince affaire quand il vous faudra débuter un combat à main nues contre des ennemis de plus en plus retords et de mieux en mieux équipés, d'autant plus que vos armes se briseront après avoir porté trop de coups avec ... Mais toujours garder en tête la règle d'or du gladiateur : gagner le public ! Certaines arènes proposeront des pièges meurtriers (lames affûtées et piques entre autres) qu'il vous faudra utiliser pour gagner beaucoup de salves rapidement et ainsi bénéficier d'armes plus puissantes pour vaincre des boss dans la plus pure veine des jeux Capcom : gigantesques pour la plupart, graphiquement soignés et de surcroît très longs à battre (notamment un éléphant gigantesque façon Hannibal ...) !
Le jeu par équipe consiste à fracasser des statues dans le camp adverse avant que ceux-ci ne brisent les vôtres (de statues...), tandis qu'un autre mode impose de récupérer un certain nombre de salves dans un temps imparti.
La dernière épreuve, grande originalité du titre, est la course de char ! Rythmée au possible et bourrin à souhait, c'est ce qui caractérise le mieux ces épreuves ! Il n'est pas question ici de retrouver un tracé de F1 avec des virages en épingles et des chicanes, le but est de compléter un certain nombre de tours en un seul morceau de préférence ! Pour ce faire tout est permis : faire racler le char adverse contre un mur, l'emplâtrer contre un pilier ou encore empaler son conducteur avec une arme ! Avec un peu d'adresse on arrive même à terminer l'épreuve en avance faute de conducteurs encore en course ... Carnage oblige !L'ombre plane sur Rome Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes, Octavien, le petit neveu de César âgé de 18 ans, aura la lourde tâche de rassembler les preuves du complot des sénateurs et amasser les preuves pour innocenter le père d'Agrippa, et par la même occasion lever le voile sur l'assassinat de son oncle ! Pas évident pour un blondinet frêle comme une brindille que le moindre coup de pilum cloue au sol ... Octavien devra donc opter pour la ruse et la discrétion pour mener à bien sa mission.
Cette phase d'exploration et d'infiltration est sensiblement plus libre que le jeu avec Agrippa : il faut se balader dans Rome pour glaner des renseignements et des pièces d'argent, trouver des moyens détournés pour pénétrer dans les palais sereinement, ou encore y pénétrer discrètement sans se faire repérer !

Une fois sur le lieu à fouiller, Octavien bénéficie des commandes d'infiltration basiques : se cacher derrière les murs, s'accroupir, marcher, courir, siffler pour attirer les gardes puis les fouiller après les avoir assommés avec les moyens du bord (cordes, vases, etc...) et prendre leurs vêtements, pour finalement les cacher à l'abri des regards indiscrets !
Le principal souci vient du timing, savoir à quel moment échapper à la vigilance d'un garde pour lui passer dans le dos ... On regrettera toutefois de ne pouvoir se déguiser qu'en garde, en servante ou en sénateur. Une fois déguisé il s'agit non pas de se cacher, mais de ne pas éveiller les soupçons ! Cela sous-entend de ne plus courir (un sénateur pressé ça fait tâche et ça se saurait !), de ne pas porter d'objets suspects comme des cordes ou des pots, et bien sur d'arriver à prouver qu'on a bien quelque chose à faire sur les lieux ! Certains gardes vous donneront l'ordre de vous arrêter (occasionnant des battements de cœur plus ou moins perceptibles pour entretenir le stress de la situation) et vous poseront quelques questions auxquelles vous devriez répondre correctement à condition d'avoir bien glaner les infos au forum ou saisi au vol les conversations des environs ... Si ces phases paraissent très classiques et simplistes au prime abord, elles n'en demeurent pas moins assez ardues compte tenu du timing en général serré et du fait que votre héros s'écroule raide mort au moindre coup de vent ! D'où la nécessité d'élaborer un plan avant de se lancer dans la gueule du tigre ...

Shadow of Rome avait absolument tout pour plaire ! Et malheureusement il n'aura suffit que de quelques grains de sable du Colisée pour enrayer une machine aussi bien huilé que le corps d'un gladiateur ...Ces petits riens qui nous gâchent la vie ... Shadow of Rome présente pas mal de défauts qui auraient pus (dus ?) être corrigés.
Tout d'abord le mode d'affichage : si les possesseurs d'une télé supportant le 60htz seront comblés par une animation fluide au possible, les malheureux joueurs réduits au 50htz râleront à raison contre des saccades fréquentes lors des cinématiques ...
La tendance est au scintillement, et même si les décors sont très sympas graphiquement et esthétiquement parlant, certains d'entre eux semblent désespérément vides notamment à cause d'un arrière-plan qu'on serait tenté de rapprocher de temps à autres à des décors en carton-pâte. Ca doit être le genre péplum qui veut ça ! Toutefois les gladiateurs bénéficient d'un soin optimal et certains d'entre eux sont tellement détaillés qu'ils en feraient presque froid dans le dos ...
Shadow of Rome est un pur produit Capcom avec tout ce que cela implique : une mise en scène de tout premier plan c'est sur, mais aussi un sentiment de déjà vu faute à un savoir-faire certes indéniable, mais répété dans chacune de ses productions. Les vieux de la vieille comprendront immédiatement le moment venu !

De même l'ambiance sonore avait tout pour plaire avec un doublage anglais sous-titré français de très bonne qualité, des thèmes musicaux dignes des meilleurs films du genre et une foule plus vraie que nature tout en surround siouplait ! Mais le souci majeur vient du fait que les thèmes sont trop souvent répétés et arrivent rapidement à taper sur le système notamment lors des phases d'infiltration où leur difficulté croissante nécessite de s'y reprendre souvent à plusieurs fois ...
Ce n'est pas un mal en soit mais le jeu est en règle générale assez dur, mieux vaut être armé de patience à défaut d'une arme assez puissante !
De même la chambre octroyée par Pansa à Octavien au début du jeu sensé lui permettre de récolter des objets, et qui finalement ne sert pas à grand chose si ce n'est changer entre les deux coupes de cheveux disponibles ... Une idée qui aurait largement gagné à être mieux exploitée !

Mais le point noir du jeu est, comme dans une majorité des jeux récents, l'Intelligence Artificielle ... Dans la partie action et combats en arène tout d'abord : on sait qu'un gladiateur n'a pas inventé le fil à couper le beurre, mais il suffit trop souvent de trouver le temps mort dans l'enchaînement d'un adversaire pour pouvoir lui placer un combo à son tour ...
La palme pour les gardes qu'on retrouve lors des phases d'infiltration qui, s'ils n'atteignent pas le niveau de ceux du dernier Golden Eye, brillent par leur passivité. Ils voient certes de loin, s'éveillent au moindre bruit, mais ne sortent finalement jamais du tracé qui leur a été attribué faute à des actions ultra scriptées ! Il aurait été stressant qu'ils cassent leur routine pour prendre le joueur au dépourvu, au lieu de ça les phases d'infiltration ne se résument ni plus, ni moins qu'à une affaire de timing ...Veni, vidi, vici ! Au niveau de la durée de vie il vous faudra en moyenne une vingtaine d'heures pour venir à bout des différents chapitres qui composent l'aventure ! La difficulté devrait permettre d'allonger sensiblement la première traversée des niveaux pour les moins discrets et la présence d'un "difficile" devrait promettre de belles heures aux acharnés ...

Une fois le jeu vaincu, vous aurez la possibilité de contempler une sympathique galerie de bonus à débloquer en remportant le plus de salves d'applaudissement possibles. Par ailleurs les courses de char et épreuves de combats en arène seront désormais accessibles depuis le menu approprié à l'écran titre, idéal pour se refaire à l'envie des courses au rythme effréné ou les duels qui vous auront le plus marqués !

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test écrit par Thibaut


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 6 / 10

    Son

  • 8 / 10

    Durée de vie

7.5 / 10

Verdict

Capcom nous livre ici une véritable fresque épique dans le plus pur respect du contexte historique ! Les passionnés de Ben Hur, de Gladiator, ou plus simplement de la Rome Antique et du peplum en général tiennent enfin leur jeu culte ! Les autres n'y verront qu'un Onimusha déguisé tout droit sorti du Forum Capcom, certes sympathique mais perfectible, et qui aurait sûrement gagné la foule avec une Intelligence Artificielle digne de ce nom ... Shadow of Rome reste un titre captivant superbement mis en scène et d'une rare violence qui vaut tout de même son pesant de sesterces !

- / 10

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Shadow of Rome

Shadow of Rome

7.5 / 10
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