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Jak 3

Jak 3

publié le 29 novembre 2004
  • 01/12/2004
  • inconnue

Chaque année, c’est le même rituel : les éditeurs multiplient les sorties dans l’espoir de profiter de l’engouement suscité par l’approche des fêtes de fin d’année. Après un Ratchet & Clank 3 au meilleur de sa forme, Sony nous offre les dernières aventures de Jak & Daxter. Autant dire que les autres jeux d’action-plateforme n’ont plus aucune chance !

Souvenez-vous, fin 2001 Naughty Dog avait séduit des milliers de joueurs avec jak & daxter, son premier jeu PS2. Une véritable baffe à l’époque, aussi bien graphique, technique que ludique. Deux ans après ce coup de maître, les chiens méchants nous surprenaient avec une suite mettant radicalement en cause l’ambiance et le gameplay de son prédécesseur : très influencé par GTA et le sentiment de liberté qui s’en dégageait, Jak II était une vrai révolution pour la série et ce changement radical n’avait pas plu à tout le monde. Un an après, Jak est de retour pour une aventure certes moins originale (on ne peut pas tout remettre en cause d’un épisode à un autre) mais bien plus exotique articulée autour d’un scénario qui apportera de nombreuses réponses aux multiples questions laissées en suspens. Ainsi, le scénario, plus sombre que dans Jak II, révélera pas mal d’informations sur Jak, les précurseurs et même Daxter !Un scénario riche et sombre Jak III commence là ou le deuxième opus s’est terminé : Abriville est sauvée du Baron Praxis et de la menace Metal Heads. Mais au lieu d’être accueilli en héros, Jak effraie la population et se voit banni dans les terres Pelées par le haut conseil d’Abriville et plus particulièrement par le comte Veger. Véritable condamnation à mort, Jak est sauvé in extremis par Damus, roi de Spargus, une cité née au beau milieu du désert et qui regroupe tous ceux qui un jour ou l’autre ont été chassés d’Abriville. C’est le début d’une nouvelle aventure pour nos deux héros. Si leurs premières missions sont d’intérêts publics (faire ses preuves, capturer de lézardosaures etc), très vite, le scénario prendra une tout autre tournure avec la rencontre du moine Seem et les révélations qu’il vous fera : le monde est en danger, dans le ciel brille une bien étrange lumière qui s’approche chaque jour un peu plus. Sans entrer davantage dans les détails, l’histoire de Jak III s’articulera autour de Spargus mais aussi d’Abriville, frappée de nouveau par la guerre et qui est désormais dans un bien triste état. En tant que héros, c’est à vous qu’incombe la tâche de sauver Spargus, Abriville et la planète en général ! Plus facile à dire qu’à faire.Un désert bien rempli Dans le fond, ce Jak III ressemble beaucoup à son prédécesseur. De nombreuses missions doivent être remplies. On récupère ces dernières en se rendant à un point précis de la carte, là une cinématique faisant intervenir des personnages nombreux et variés fait avancer le scénario et explique la situation que Jak doit remplir. Bien évidemment, et comme dans Jak II, on peut à tout moment laisser de côté la quête principale pour se balader librement dans Spargus et remplir quelques défis annexes. Première déception : Spargus n’est pas Abriville et la taille de la cité déçoit quelque peu. Heureusement, les développeurs se sont rattrapés en offrant à côté un immense désert. Si on pouvait craindre de se trouver en présence d’un environnement vide, il n’en est rien : le désert surprend par sa variété : immenses dunes de sable, village isolé, ruines, cours d’eau, plages bordées de palmiers, massifs montagneux impressionnants. Bien sûr, il est hors de question de s’y promener à pied (ou alors bon courage) et c’est en buggy que l’on pourra partir à la découverte du désert. Comme dans Jak II, les missions proposent un gameplay ultra varié alternant phases à pied et phases en véhicules. Les missions dans le désert se font exclusivement en buggy, qu’il s’agisse de sauver des rescapés avant une tempête de sable, de récupérer des objets disséminés dans le désert, d’abattre d’immenses créatures… Au milieu de l’aventure, c’est une partie d’Abriville qui servira de terrain de jeu et proposera un gameplay plus musclé. Dans les deux cas, que ce soit désert ou Abriville, il est possible d’accéder à d’autres environnements, prétexte à de nouvelles missions offrant un cadre graphique différent : citons le monastère ou le volcan à Spargus et la forêt ou les égouts à Abriville (entre autre). Au final, avec ces deux environnements principaux radicalement différents, Jak III offre un terrain de jeu beaucoup plus varié que Jak II (ou tout se concentrait sur le décor urbain d’Abriville).Une expérience de jeu approfondie ! Si le gameplay ne connaît pas de grands bouleversements depuis Jak II, l’expérience se trouve néanmoins enrichie. Si on retrouve les véhicules volants dans Abriville à la conduite (pas toujours évidente) similaire à celle de Jak II, les buggy offrent un comportement différent, qui varie en plus selon les modèles. Chaque buggy a sa propre spécialité qu’elle concerne l’arme (il est possible de rouler et tirer en même temps pour se débarrasser des maraudeurs) ou le saut (mention spéciale à la puce des dunes avec ses bonds de plusieurs mètres de haut). Lors des phases à pied, les changements sont moins visibles : Jak peut se déplacer à pieds ou utiliser son skateboard anti-gravité. Pour se défendre, il dispose d’un arsenal conséquent. Si on retrouve les quatre armes du deuxième opus, on peut cette fois les upgrader pour gagner de nouvelles compétences. Chaque arme dispose au final de trois types d’attaques, voilà qui varie beaucoup plus les joutes. Enfin, il ne faut pas oublier de citer les missions mettant en scène daxter. A plusieurs reprises, il faudra diriger le rongeur pour aider Jak dans sa progression. Vraiment sympa !Jak : entre ombre et lumière Bien évidemment, Jak dispose toujours de pouvoirs liés à l’éco. Ainsi, notre héros peut se transformer en Dark Jak et gagner énormément en puissance. Ainsi transformé, Jak peut se servir de sa bombe à la puissance phénoménale pour nettoyer l’écran, se servir de ses coups surpuissants pour faire le ménage ou encore concentrer sa force pour détruire certaines surfaces fissurées d’un coup de poing ravageur. Si on apprécie l’apparition de ces nouveaux pouvoirs liés à l’éco noir, c’est surtout l’apparition de Light Jak que l’on retiendra. A l’instar de l’éco noir, qui correspond au côté obscur, Jak peut désormais utiliser l’éco blanc pour se transformer et hériter de pouvoirs bienfaiteurs. Ainsi, Jak peut se protéger des attaques ennemies en déployant un bouclier. De même, il peut maîtriser le temps pour se sortir d’une situation particulière. En Light Jak, une simple pression sur la touche adéquate ralentit le temps et les mécanismes qui barraient jusque là le parcours, permettant ainsi de passer sans danger. Bien sûr on pense à Prince of Persia mais aussi et surtout à Soul Reaver, ce pouvoir altérant le décor aussi bien dans sa morphologie que dans sa couleur (tout devient bleuté). Enfin, et on peut regretter de ne gagner ce pouvoir qu’au ¾ de l’aventure, Jak peut déployer ses ailes et prendre son envol. En fait Jak ne peut pas véritablement voler mais utiliser ses ailes pour sauter plus haut et atteindre de plus grandes distances.Prise en main quasi-parfaite Comme toujours avec Naughty Dog, Jak III bénéficie d’une jouabilité le plus souvent excellente. L’interface est assez simple (bien que chaque touche soit utilisée) et tout au long du jeu, des messages explicatifs sont là pour nous aider dans les manipulations à effectuer. Comme tout bon jeu de plate-forme qui se respecte, Jak peut sauter et effectuer un double saut, frapper ses ennemis, tourner sur lui même pour détruire caisses et autres opposants, marcher, courir, nager, se servir de son hoverboard, utiliser ses armes (comme dans Jak II, on utilisera la croix directionnelle pour changer d’armes) et se transformer (vu le nombre de pouvoirs, on se transforme en maintenant appuyée la touche L2 et en cliquant sur une autre touche, difficile de faire plus simple). Malheureusement, la jouabilité n’est pas exempt de défauts. Signalons tout d’abord la caméra qui n’est pas toujours optimale (bien que l’on puisse la changer a volonté avec le stick analogique droit) et la conduite des buggy parfois buggués (problèmes de collision avec les autres engins, avec le décor etc).Des graphismes magnifiques Depuis ses débuts sur PsOne avec la série Crash bandicoot, Naughty Dog a toujours su exploiter à la perfection les capacités du hardware et le prouve une fois de plus avec Jak III. Graphiquement, on se trouve sans aucun doute devant l’un des jeux les plus beaux de la machine. Certes, on ne décèle pas de grandes différences techniques par rapport au précédent (qui était déjà sublime), mais la nouvelle orientation de cette suite apporte une plus grande variété et un exotisme bienvenu, à tel point que certains passages rappellent fortement le premier Jak & Daxter. Du début à la fin, c’est sublime : le désert offre une grande variété de lieux et c’est un régal de s’y promener, l’ambiance se trouvant, qui plus est, renforcée par le cycle jour/nuit parfaitement géré (le décor change en fonction de l’éclairage, c’est superbe). La ville de Spargus, moins sophistiquée qu’Abriville, rappelle par moment le village des sables de Jak & Daxter avec son architecture originale. Autre avantage par rapport à la vaste cité : Spargus est directement lié au décor : les maisons longent un immense massif de montagnes, le marché donne directement devant une plage bordée de palmiers, ça change d’Abriville et de son décor urbain monotone, même si vous le constaterez très vite, le nouveau visage d’Abriville est vraiment différent… Pour ne pas gâcher ce spectacle visuel, les protagonistes sont modélisés et bougent à la perfection et l’ambiance sonore est irréprochable. Les voix sont toujours aussi bien doublées et les musiques, tantôt énergiques, tantôt mélancoliques (plus on approche de la fin et plus l’ambiance musicale impressionne par ses thèmes puissants). Bien évidemment, l’irremplaçable Daxter n’hésitera pas à faire profiter tout le monde de son inimitable humour qui une fois encore fait mouche. Heureusement d’ailleurs que daxter soit là pour dédramatiser une histoire assez tourmentée.Quelques grains de sable… Malheureusement, la perfection n’est pas encore de ce monde et Jak III souffre de légers défauts. Le premier d’entre eux est bien entendu la durée de vie. Si cette tare avait été corrigée dans Jak II, qui rappelez vous offrait 20 à 25 heures de jeu, cette suite se rapproche malheureusement de son grand frère sorti en 2001. Il faudra en tout et pour tout une bonne douzaine d’heures pour en voir la fin. Bien sûr, la durée de vie grimpe à 15 heures voir plus si on part à la recherche de toutes les orbes. Ces dernières, parfois planquées dans les différents environnements, se gagnent surtout en remplissant de nombreux défis annexes (il faut se diriger vers un totem et échanger des gemmes crâniennes pour participer) : ces challenges sont variés : retrouver une orbe cachée, suivre une lumière bleue, passer à travers des anneaux, marquer un certain nombre de points avec l’hoverboard, faire des courses dans le désert ou tuer des dizaines de maraudeurs. Je ne peux que vous conseiller de faire ces missions, funs à jouer et surtout permettant d’acheter des tas de bonus (les orbes servent à acheter de nouvelles capacités pour les armes, voire une quantité de munitions plus importante, mais permettent aussi d’activer des cheats codes ou encore de débloquer des tonnes d’artworks). De plus, si le jeu se boucle aussi vite, c’est surtout parce que le niveau de difficulté a été revu à la baisse. Il y a bien certains passages retords mais le challenge offert n’est en rien comparable avec celui de Jak II. Résultat : on progresse assez vite et sans rencontrer de véritables difficultés.
Au rayon des regrets, signalons la faible utilisation des pouvoirs. Si leur nombre a sensiblement été revu à la hausse, on peut regretter la faible utilisation que l’on en fait. Mis à part les lieux où il est obligatoire d’utiliser l’un ou l’autre, en cours de jeu on se sert très peu de ces transformations. Dommage…
Enfin, au rayon de l’animation, Jak III souffre des mêmes problèmes que son aîné. Sans vraiment ralentir, le jeu est parasité par la présence de traits horizontaux qui parcourent l’image lorsque l’on tourne la caméra. Les développeurs de Naughty Dog auraient-ils surestimés les capacités de la PS2 ?

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test écrit par Olivier


  • 9 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 8 / 10

    Son

  • 7 / 10

    Durée de vie

8.5 / 10

Verdict

Quoiqu’il en soit, Jak III reste un excellent jeu mêlant action, aventure et plateforme. Graphiquement sublime, proposant un gameplay riche et varié et une bonne jouabilité, le nouveau bébé de Naughty Dog séduit surtout par son scénario intense en émotions, riche et plutôt sombre. On attendait des réponses et au final nous ne sommes pas déçus. En définitive, Jak III est une superbe conclusion à une trilogie qui ne l’est pas moins !

10 / 10

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8.5 / 10
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