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Headhunter : Redemption

Headhunter : Redemption

publié le 26 août 2004
  • 27/08/2004
  • 10/2003

Après un passage remarqué sur Dreamcast, Headhunter a été adapté avec brio sur le monolithe noir de Sony. Habile mélange d’action-infiltration-course, le titre d’Amuze a néanmoins souffert de la sortie d’un certain Metal Gear Solid 2. Cette année, alors que tous les regards restent braqués sur le prochain jeu d’Hideo Kojima, Sega nous ressort son chasseur de prime pour de nouvelles aventures palpitantes. Un monde divisé Après les ravages causés par le docteur Zweiberg et son virus Bloody Mary (responsable de la mort de millions de personnes), le monde a changé et la société a peu à peu plongé dans l’instabilité et la criminalité. Puisqu’un malheur n’arrive jamais seul, un terrible tremblement de terre ravage la ville et fait naître de ce chaos un nouvel ordre. Ce dernier est articulé autour de deux mondes : Above (le monde du dessus) est une mégalopole constituée d’immenses immeubles fait de verre et d’acier dans laquelle confort et sécurité sont au cœur des préoccupations. Société de consommation par excellence, Above est régie par des lois strictes et la manipulation des médias crée l’illusion d’un monde parfait. En dessous, l’on retrouve Below qui rassemble criminels, prisonniers les moins qualifiés, dégénérés et marginaux dont l’unique but est de survivre et de produire l’énergie nécessaire dans le monde du dessus. L’équilibre semblait parfait jusqu’au jour où une mystérieuse organisation répondant au doux nom d’Opposition fait son apparition avec à sa tête le mythique MW3M et la mystérieuse Che, chef impitoyable bien décidé à renverser l’ordre établi.Un couple de héros Dans ce monde livré à lui-même, où le chaos semble imminent, le peuple peut compter sur les Headhunters, chargés de faire respecter l’ordre et la sécurité sur Above. S’ils sont reconnus Senior, ces agents de l’Etat peuvent intervenir dans Below. Le joueur incarne l’un d’eux : Jack Wade. Héros du premier opus, l’homme a beaucoup changé depuis ses premières mésaventures aussi bien sur le plan physique (Jack a beaucoup vieilli) que mental. Très vite au début du jeu, il rencontrera Leeza X, une jeune femme qu’il a rencontré une vingtaine d’années auparavant, alors que, petite fille, son père la terrorisait avec une arme à feu. Persuadée que son père a été tué par Jack, les rapports entre les deux héros sont au début pour le moins tumultueux jusqu’au moment où Leeza apprend que son père est toujours en vie, envoyé depuis plus de vingt ans à Below. « Kidnappée » par Jack, Leeza va très vite collaborer avec son ravisseur en apprenant progressivement les techniques de son maître. Vous l’aurez compris, Headhunter Redemption n’offre plus un seul héros mais un couple de personnages que l’on incarnera en alternance au fur et à mesure de la progression. Comme on pouvait s’en douter, chaque héros offre une approche globalement identique à deux ou trois détails près. Jack et Leeza auront leur propres armes, le manque d’expérience de la demoiselle se ressentira lors du ciblage des ennemis, qui nécessite quelques secondes avant de faire mouche (contrairement à Jack qui vise juste en une fraction de seconde). De même, si les deux personnages collaborent en apparence, on se rendra vite compte que Leeza a d’autres idées en tête…Gameplay varié C’est avec Leeza que l’on débute l’aventure, alors que Jack est appelé sur les lieux d’un nouvel incident. Pour cette suite, les développeurs ont abandonné les phases de course à moto (toujours présentes mais exclusivement sous forme de cinématiques) pour se concentrer sur l’aspect action-infiltration de leur titre. Comme tout bon jeu d’infiltration qui se respecte, il est possible de s’accroupir et de marcher dans cette position pour faire le moins de bruit possible (et aussi effectuer des stealth kill). De nombreux passages réclament la plus grande discrétion possible sous peine d’éprouver les pires difficultés pour se sortir de la dite-situation. On peut ainsi longer les murs et s’en servir comme d’une couverture ou encore faire une roulade pour atteindre discrètement et rapidement un endroit. Les séquences d’infiltration sont agréables à jouer, même si l’on est loin de l’excellence d’un Metal Gear ou Splinter Cell, la faute principalement à une IA pas toujours au point. Comme dans le premier Headhunter, les ennemis sont insensibles au bruit. Votre radar peut détecter un garde à quelques mètres devant vous et même en tirant dans sa direction, ce dernier ne bougera pas. Par contre courir vers lui pourra le faire sortir de son état léthargique. De même, si l’on est repéré et que l’on entre dans un bâtiment, les gardes attendront bêtement à la porte et calqueront leur déplacement en fonction des votres. Ainsi, en pénétrant au fond du bâtiment on pourra voir depuis le radar les gardes longer le bâtiment pour se mettre à votre hauteur. On se demande encore comment ils sont capables de connaître le moindre des déplacements effectués dans une pièce différente tout en ne sachant pas ouvrir une porte !

Si la discrétion est parfois franchement recommandée, il peut arriver qu’une alarme ou un garde se mette en alerte et le joueur n’a pas d’autre choix que de faire parler la poudre. D’une simple pression sur la touche R1, on entre en mode action, le perso cible alors automatiquement le garde le plus proche (en théorie). Les mouvements du mode furtif sont parfois très utiles lors des combats, une roulade permet d’éviter certains projectiles, se plaquer contre un mur permet de tirer rapidement puis de se mettre à couvert pour se protéger ou tout simplement pour recharger son arme. L’interactivité avec le décor est réelle mais peu exploitée. Cependant le peu qui est permis permet parfois de renverser une situation mal engagée, faire exploser un baril pouvant faire d’énormes dégâts chez l’ennemi. Si les combats restent sans surprise du début à la fin du jeu, il en va tout autrement pour les boss qui demandent une approche totalement différente pour être vaincu.

Si action et infiltration composent une très grande partie du gameplay, le jeu laisse aussi la place à de longues séquences d’exploration et de réflexion que l’on jurerait tout droit sorties d’un épisode de Resident Evil. Il faut fouiller le décor à la recherche du moindre indice et pour cela on peut s’aider de la capacité qu’ont nos héros de scanner l’environnement. En appuyant sur L1, l’écran passe en mode Scanner et dès qu’un objet recèle des informations il se met en surbrillance : maintenir R1 appuyer permettra alors de lire les indices dissimulés ou de cibler l’objet avec son arme. L’utilisation du scanner est indispensable pour progresser puisqu’il permet de locker des éléments apparemment hors de portée (en hauteur par exemple). Il ne faut pas hésiter non plus à fouiller les moindres recoins de chaque décor dans l’espoir de trouver des kits médicaux ou encore de précieuses munitions. Les énigmes quant à elle mettront vos neurones à rude épreuve et il ne sera pas rare de bloquer de longues minutes sur une situation avant de bêtement trouver la solution.Bande son et graphismes réussis ! Le premier opus était visuellement agréable même si l’on sentait qu’il ne cherchait pas à exploiter la totalité des composants de la PS2, adaptation dreamcast oblige. Cette suite, développée directement pour la machine de Sony, propose donc une réalisation rehaussée. L’environnement graphique est réussi : les décors sont vastes et variés (alternance intérieurs/extérieurs) avec des textures de qualité et un aliasing et des scintillements plus que discrets. Les effets d’ombre et de lumière sont magnifiques et la grande majorité des décors baigne dans un halo lumineux du plus bel effet conférant au jeu une atmosphère et une ambiance unique. La modélisation des différents protagonistes est irréprochable : chaque personnage est superbement modélisé et bénéficie qui plus est d’animations réussies. La fluidité est au rendez-vous même si on constate par endroit de légers ralentissements.
L’ambiance sonore est aussi une totale réussite : les musiques sont splendides et contribuent à renforcer l’ambiance du titre. Les musiques calmes n’hésitent pas à évoluer en fonction de la situation rencontrée pour par exemple laisser place à une composition énergique soulignant idéalement les scènes de gunfights. Les voix sont de qualité, les dialogues joués avec conviction et les bruitages réussis.
La durée de vie reste dans la moyenne des autres jeux d’action. Les missions sont nombreuses et variées (dommage qu’elles soient assez linéaires), la difficulté bel et bien présente (il ne sera pas rare de devoir recommencer à plusieurs reprises un passage délicat).Les choses qui fâchent… Aussi bon soit-il, Headhunter Redemption n’est pas exempt de défauts. L’Intelligence Artificielle tout d’abord qui sans être catastrophique est loin de rivaliser avec les ténors du genre : en plus d’être sourds, les gardes sont aussi kamikazes ! Lors des gunfights, il arrivera souvent qu’un ennemi reste planté devant vous à attendre que mort s’ensuive.
La jouabilité, excellente au demeurant, sera parfois perturbée par des angles de caméra capricieux, principalement dans des endroits étroits. Il ne sera pas rare également que le personnage n’en fasse qu’à sa tête en se plaquant sur le mur adjacent ou opposé à celui que vous vouliez ou tout simplement qu’il refuse d’exécuter l’action (il est toujours désagréable lors d’un passage furtif de devoir s’y prendre à deux fois pour ne pas être aperçu). Le ciblage automatique fera parfois des siennes en lockant un ennemi éloigné alors qu’il y en a un beaucoup plus proche.
On peut aussi reprocher la lenteur avec laquelle se recharge la santé après l’utilisation d’une trousse de soins. Une bonne anticipation est nécessaire car attendre la dernière minute est le plus souvent synonyme de mort. Enfin, les temps de chargement auraient mérité meilleure optimisation car il est parfois désagréable de devoir attendre plusieurs secondes en ouvrant une porte ou entre chaque niveau.

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test écrit par Olivier


  • 8 / 10

    Graphismes

  • 7 / 10

    Jouabilité

  • 8 / 10

    Son

  • 7 / 10

    Durée de vie

7.5 / 10

Verdict

Finalement, et malgré le dernier paragraphe, Headhunter Redemption est une agréable surprise. Les développeurs d’Amuze ont parfaitement maîtrisé leur sujet en nous offrant un jeu d’action-infiltration graphiquement et techniquement réussi et à l’ambiance sonore soignée. Le gameplay est varié et la jouabilité la majeure partie du temps excellente. Dommage cependant que les phases à moto aient disparu…

- / 10

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7.5 / 10
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