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Darkwatch

Darkwatch

publié le 3 octobre 2005
  • 06/10/2005
  • 2005

Entre les déboires rencontrés par les tous jeunes High Moon Studios et le jeu de chaises musicales auquel se sont livrés les éditeurs concernant l'Europe, on peut dire qu'il s'en est fallu de peu pour que Darkwatch nous passe sous le nez ! C'est un Jéricho Cross au sommet de son art que l'on retrouve en ce mois d'octobre dans un FPS à l'ambiance originale, à cheval entre un western et un film d'horreur, et qui a donc toutes les cartes en main pour séduire les amateurs d'un genre dont les jeux ont encore pour thème la Seconde Guerre Mondiale une fois sur deux ...

C'était inespéré, Darkwatch s'annonçait déjà des plus prometteurs quand un coup de tonnerre a frappé le clocher de Sammy Corp, dont les velléités de freiner ses activités en Amérique du Nord et en Europe n'étaient pas du tout au goût de Sammy Studios, branche responsable du développement des jeux ... C'est sous la houlette de John Rowe que Sammy Studios a réussi à prendre son indépendance grâce à l'apport substantiel d'un fond d'investissement privé, donnant par la même occasion naissance au tout jeune High Moon Studios ! S'en suivirent les difficultés pour dégoter un éditeur aux Etats-Unis, où c'est Capcom qui rafla la mise, puis en Europe, où Ubisoft remporta la timbale pour nous le proposer en bonne et due forme en ce début de mois d'octobre. Il s'en est fallu de peu parce que Darkwatch est après tout le fer de lance de High Moon Studios, qui a misé gros sur ce coup en envisageant également une adaptation cinématographique à moyen terme ... Plutôt bien accueilli au pays de l'Oncle Sam, comme une majorité de FPS soit dit en passant, voyons ensemble de quoi il en retourne !The Great Train Robbery (1903)L'intrigue se déroule en 1876, vous incarnez Jéricho Cross, un hors-la-loi chevronné et solitaire, toujours dans les bons coups dès qu'il s'agit d'empocher le pactole, et qui lorgne une fois de plus train contenant quelque chose de "spécial". Inutile de vous préciser que tel un renard des surfaces de réparations, Jéricho se jette sur le train à son approche et s'empresse de dézinguer à tout va les quelques occupants qui s'y trouvent ... Mais à mieux y regarder, Jéricho aurait du voir que ces "occupants" n'étaient pas tout à fait normaux ... Arrivé près de la chambre forte, ce n'est pas le pactole mais bien l'enfer sur Terre qu'il récoltera, libérant un seigneur vampire assoiffé de sang, nécromancien sur les bords, qui en profitera pour vous mordre et vous maudire votre âme par la même occasion ... Conscient du danger qui menace à la fois la Terre et son âme, Jéricho se résout à intégrer une Organisation secrète bien mystérieuse, la Darkwatch, qui veille au grain depuis des siècles pour que ce genre de chaos soit endigué rapidement !

Cette Organisation secrète est composée de plusieurs membres dont tous ont pour point commun un passé tumultueux : Jéricho Cross s'engagea à l'époque dans l'armée de l'Union après un conflit l'opposant à son père au sujet de la traite des Noirs, c'est là qu'il vit les atrocités de la Guerre Civile et décidé de déserter pour finir hors-la-loi, vivant selon ses principes. Cassidy Sharp fut enrôlée dans l'Organisation alors qu'elle n'était qu'une enfant, suite au meurtre de ses parents par des vampires. Rongée par le souvenir du massacre de sa famille, elle jura de détruire Lazarus Malkoth le seigneur Vampire responsable de tout ce foutoir ! Tala quant à elle a appris à communiquer avec les esprits : shaman d'origine elle fut abusée par les mêmes braconniers qui ont tué son père avant de la capturer. Des personnages aux passés troubles, tous désireux d'en découdre et bercé dans la violence depuis leur plus jeune âge ...For whom the Bell Tolls ... (1947)L'intrigue de Darkwatch est résolument très sombre, la palette de couleurs va donc inévitablement de paire ! Avec pour thème principal la chasse aux Vampires, il ne pouvait difficilement en être autrement. Si la réalisation pourra sembler désuète aux yeux de certains, quelques effets sont en général plutôt réussis. Les textures ne sont pas les plus détaillées qu'on ait pu voir sur PS2, loin de là, et la modélisation des personnages principaux, contrairement à celle des ennemis, laisse parfois à désirer, on s'en rend compte lors des cut-scenes notamment. De même l'aliasing est encore trop tenace par endroit ... Mais l'intérêt graphique est ailleurs, si les effets de lumière, les explosions et les spectres sont en général bien réussis, c'est surtout une multitude de détails bien glauques qui ravira les amateurs de ce genre d'ambiance, avec des bras découpés, des corps mutilés et toutes sortes de monticules de crânes et autres cadavres pendus qui joncheront votre route ! La localisation des coups est d'ailleurs des plus réussies, s'il vous faudra vider un chargeur complet pour dézinguer un pauvre ennemi, une balle bien placée lui sectionnera le bras et un coup au corps à corps bien porté lui décrochera la tête ... Pas évident de prendre le risque de s'approcher, ni le temps de viser quand une horde de morts-vivants s'agglutine autour de vous ! L'Intelligence Artificielle a beau ne pas être très développée (pas d'attaques en groupe, peu de tirs de couverture, etc ...), les ennemis n'en demeurent pas moins vifs et ne vous louperont pas toutes les fois que vous traverserez leur champ de tir !

Le plaisir des yeux grâce au souci du détail, encore faut-il accrocher à cette ambiance glauque à souhait, rendue d'autant plus attrayante par cette touche "western" revêtue par les bâtiments et les niveaux parcourus. Comme si Dracula avait émigré aux Etats-Unis à l'époque du Far West ! Ainsi en lieu et place d'une forêt transylvanienne ou d'un château gothique jusqu'au bout des ongles, Jéricho parcourra des mines désaffectées sorties de la Ruée vers l'Or, un fort en bois digne de Fort Alamo ou encore des rues désertes avec en toile de fond le saloon et le barbier du coin ... Une ambiance tout à fait singulière qui nécessite d'être aux aguets pour ne pas en perdre une miette ! C'est clairement l'un des points forts du jeu, rehaussé par des cinématiques en images de synthèse plutôt réussies et bien souvent très rythmées !

Au niveau de la bande-son, le résultat est à la hauteur et en accord avec le visuel, un mix entre thèmes westerns classiques et ambiances sombres et gothiques à la fois ... Les musiques sont plutôt en retrait lors des affrontements, tandis que le thème principal rappelle un peu celui du film "Le Bon, la Brute et le Truand", un classique revu à la sauce Vampire ! Les bruitages sont quant à eux peut-être un poil trop présents, le bruit des déflagrations et des coups de feu risquent de vite vous monter au cerveau ...Blood on the Moon (1948)Concernant la maniabilité, Darkwatch s'en sort plutôt bien grâce à une prise en main rapide et des touches correctement agencées : Carré pour donner des coups au corps à corps, Rond pour recharger, Triangle pour sauter, et les traditionnels gâchettes R1 et L1 pour tirer et envoyer quelques bâtons de dynamites efficaces à souhait ! La touche L3 sert à s'accroupir, la touche R3 à activer la Blood Vision (nous y reviendrons plus bas), les touches directionnelles gauche et droite à pencher la tête pour tirer en embuscade tandis que les flèches haut et bas servent à changer d'armes. On notera également quelques ressemblances avec Halo pour citer un titre qui parlera à une majorité d'entre nous, comme la possibilité de n'emporter que deux armes à la fois, des coups au corps à corps surpuissants ainsi qu'une sorte de jauge bouclier rechargeable à volonté à condition de ne pas se faire toucher pendant le laps de temps nécessaire.

Passons sans plus tarder au gameplay ! Si Darkwatch ne réinvente pas le FPS bien, il a tout de même quelques sérieux arguments pour briser une éventuelle monotonie. Tout d'abord grâce à quelques scènes bien pensées comme des poursuites de train à cheval que ne renierait pas Red Dead Revolver, mais aussi grâce à la possibilité de choisir sommairement sa voie : rappelons que vous avez été mordu et qu'à ce titre vos instincts vampires se réveilleront à l'odeur de chaire fraîche, denrée plutôt rare dans ces lieux hantés ... Aussi dès que vous pourrez venir en aide à un humain, vous aurez le choix entre le libérer de ses souffrances ou satisfaire votre envie de chair tendre et de sang ! Ces choix influenceront certains de vos futurs pouvoirs, suivant que vous choisissiez le Bien ou le Mal.
Ces pouvoirs sont divisés en 3 catégories : neutres, bons et mauvais. Les pouvoirs neutres sont le bouclier de Sang (façon Halo), la vision nocturne qui permet de voir des ennemis cachés et le Saut de Vampire qui permet d'atteindre des hauteurs ou de prendre à revers des ennemis en cas de corps à corps. Les pouvoirs du Bien permettent entre autres une capacité de résistance accrue ou d'utiliser des balles en argent, tandis que les pouvoirs du Mal sont du genre vol d'âme et furie sanguinaire, et d'autres réjouissances du même tonneau !The Gunfighter (1950)Darkwatch propose un système de jeu pour le moins intéressant, oscillant entre FPS traditionnel et pouvoirs surnaturels cadrant particulièrement bien avec l'ambiance. Ces pouvoirs vous serviront souvent à vous sortir de mauvais pas à condition de les utiliser avec discernement ! Si Darkwatch n'est pas excessivement dur, les ennemis ont la fâcheuse tendance d'apparaître là où on ne les entend pas et auront rapidement raison des joueurs les plus statiques ... Avec quatre niveaux de difficulté, tout le monde devrait y trouver, exceptés peut-être les joueurs chevronnés qui ne trouveront pas forcément leur compte en matière de défi à relever même dans le mode le plus dur.

Sachez également qu'il vous faudra une dizaine d'heures pour le boucler une première fois, et qu'à la différence de la version Xbox, la mouture PS2 ne proposera pas de mode multijoueur en ligne ... Il faudra se contenter d'un mode versus et d'un mode Coopération, certes sympathiques, mais en dessous de ce à quoi on pouvait s'attendre depuis le temps ! Au niveau des bonus on notera la présence du mode Gunslinger permettant de refaire les niveaux du jeu tout en débloquant quelques bonus à condition de répondre aux critères du défi proposé, vidéos et artworks en perspective !

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test écrit par Thibaut


  • 7 / 10

    Graphismes

  • 8 / 10

    Jouabilité

  • 6 / 10

    Son

  • 6 / 10

    Durée de vie

7.5 / 10

Verdict

Jéricho Cross est bon, brute et truand à la fois ! Anti-héros par excellence et hors-la-loi chevronné, il vous faudra utiliser avec discernement toutes les ficelles du jeu pour vous extirper de ce cauchemar ... L'apport de pouvoirs spéciaux cadre particulièrement bien avec l'ambiance mi-western mi-vampire, et si Darkwatch n'est pas une vitrine technologique, le design et l'esthétique du soft sont quant à eux plus que convaincants ! Un titre qui se pose comme une alternative intéressante aux FPS classiques davantage portés sur le réalisme.

- / 10

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7.5 / 10
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