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B-Boy

B-Boy

publié le 5 octobre 2006
  • 27/09/2006
  • inconnue

Alors que la standardisation et le principe de séries à succès se sont installés dans le monde du jeu vidéo depuis déjà quelques années, certains développeurs tentent de temps à autres d’amener une idée nouvelle. C’est le cas de B-Boy qui vous plonge au cœur de la scène virtuelle du hip-hop et vous propose un gameplay plutôt original. Ces éléments sont-ils suffisants pour en faire un bon jeu ?
 
Dès le lancement de l’UMD et l’apparition de l’écran de chargement de B-Boy, on sent une volonté évidente de se démarquer des productions actuelles : le style graphique est particulier, inspiré d’un art urbain mélangeant couleurs ternes et graffitis, et la trop courte vidéo d’introduction donne le ton en présentant une silhouette réalisant des figures de hip-hop sur un rythme latino-funk. Le menu principal apparaît quelque peu dépouillé puisque, en dehors des habituelles entrées Options et Bonus (regroupant un didacticiel, une vidéo promo, les crédits, et le menu de connexion avec la version PS2 du jeu), on ne trouve que deux possibilités : La Vraie Life et B-Boy Jam. Passons rapidement sur la seconde option, assimilable à un mode arcade qui vous permettra de vous lancer dans des concours de breaks seul ou en réseau, pour nous intéresser à la première qui constitue le cœur du jeu.L’univers du hip-hopVotre première tâche sera de créer votre danseur par l’intermédiaire d’un éditeur de personnage sympathique mais relativement limité : après avoir choisi le style de votre breaker parmi quelques modèles prédéfinis, vous pourrez à loisir modifier sa coupe de cheveux, son chapeau, son t-shirt, son pantalon et ses chaussures. Apparemment suffisant, le problème vient en réalité du peu d’items disponibles pour chaque catégorie.

Vous arriverez ensuite dans votre quartier général, lequel agit comme un hub vous permettant de modifier votre look, de vous entraîner, de choisir vos moves (les figures dont nous vous parlerons dans un instant), ou de lire vos messages sur votre PC, ces derniers contenant aussi bien des conseils (écrits ou sous forme de vidéos) que des défis.

La progression de votre carrière de breaker est donc simple : installez-vous devant votre ordinateur, lisez vos e-mails, relevez les défis qui vous sont proposés, gagnez de nouveaux moves, et recommencez ! En l’absence de véritable scénario autre que de devenir le meilleur danseur de la ville, ce schéma très rigide apparaît vite comme l’un des véritables défauts du jeu…Un gameplay original… Les battles de moves (le jeu fait la part belle aux anglicismes !) sont des concours de danse dans lesquels vous êtes opposé à un unique adversaire : chacun votre tour, vous devrez réaliser vos meilleures figures sur un morceau de musique spécifique et durant 45 secondes. Certaines battles s’effectuent en un unique round mais d’autres, en particulier les matchs de tournoi, peuvent en compter plusieurs.

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Les moves disponibles sont regroupés en quatre catégories, chacune étant affectée à un bouton de la PSP : Top Rock avec Triangle, Power Moves avec Rond, Freeze avec Carré, Jeu de jambes avec Croix. La réalisation d’un mouvement de base n’implique qu’une simple pression sur l’un des boutons mais des moves plus complexes peuvent être effectués en combinant l’un d’entre eux avec une à trois pressions sur l’une des touches directionnelles. Ainsi, certaines figures vous demanderont par exemple d’utiliser « trois fois haut + rond », mais le but étant ici d’enchaîner un maximum de ces mouvements complexes tout en suivant le rythme de la musique, vous devrez parfois sortir des combos dignes d’un jeu de combat !…mais compliqué !En pratique, vos moves ne peuvent être enchaînés n’importe quand et n’importe comment si vous souhaitez remporter la battle : lorsque vous entrez en jeu, des marqueurs défilent autour de vous, suivant le tempo du morceau. Les marqueurs bleus indiquent les moments auxquels il est judicieux de passer d’un move à un autre, alors que les blancs peuvent être utilisés pour marquer le rythme en appuyant sur les gâchettes L ou R pour une meilleure prestation. De temps à autres, une ligne continue jaune fera son apparition, vous invitant à effectuer un Freeze durant lequel vous devez maintenir votre danseur en équilibre en gardant un indicateur centré grâce à L et R dans une jauge apparaissant à l’écran. De la même manière, vous pourrez tenter certains power moves donnant lieu à l’apparition d’une jauge de force dont il faut stopper le remplissage au bon moment pour réussir la figure.

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Evidemment, le respect du tempo et l’enchaînement correct des figures n’est pas gratuit : le vainqueur de chaque battle est en effet déterminé selon un système de médailles évaluant votre prestation. Avant chaque concours, le jeu vous indique quels domaines devront être particulièrement soignés par l’intermédiaire d’icônes : la médaille Rythme correspond à votre aptitude à placer vos moves dans le tempo, la médaille Créativité à votre capacité à enchaîner des moves différents, la médaille Flow juge votre savoir dans l’enchaînement correct des moves, la médaille Dynamite votre aptitude dans les freezes et les power moves, la médaille Base votre connaissance des moves élémentaires. Durant votre tour de danse et selon vos mouvements, une petite jauge augmente pour chacun de ces domaines, vous permettant de remporter la médaille correspondante, dans les trois couleurs habituelles (bronze, argent, or). Lorsque c’est au tour de votre adversaire de danser, le niveau des jauges diminue selon sa prestation et, s’il atteint zéro, la médaille passe dans le camp adverse. A la fin des tours de danse, le vainqueur est celui qui a empoché le plus de médailles !

Pour ceux d’entre vous qui se sentaient attirés par B-Boy et qui sont maintenant désorientés par notre description de son gameplay, précisons que ce sentiment de confusion est exactement celui ressenti pendant les trente premières minutes de jeu : ce n’est qu’une fois visionnées toutes les vidéos et lus tous les conseils que vous commencerez à comprendre le système et à tirer votre épingle du jeu !Une réalisation qui manque d’ambitionSi B-Boy fait preuve d’originalité dans son contenu, l’habillage reste lui relativement basique : les décors dans lesquels vous évoluez sont peu détaillés, et le tout manque cruellement de vie. Certes, quelques spectateurs sont parfois présents mais ils ne suffisent pas à plonger le joueur dans l’ambiance, d’autant que des angles de caméra discutables empêchent de s’occuper d’autre chose que du danseur, quand bien même il s’agit de votre adversaire. On aurait aimé pouvoir faire autre chose que de le regarder durant sa prestation, ne serait-ce que pour casser le faux rythme imposé par cette alternance entre les breakers…

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Tout n’est pourtant pas à jeter dans la prestation graphique du jeu puisque les animations des danseurs sont elles plutôt réussies : les mouvements sont crédibles et les enchaînements rarement pris en faute. Bien sûr, certaines attitudes semblent parfois relever de la caricature mais jamais au point de devenir gênantes.

Comme on pouvait s’y attendre, la bande son du jeu a été constituée avec soin et les morceaux proposés collent parfaitement au thème choisi. Lors de jolis moves ou enchaînements, le public se manifeste afin de féliciter le breaker, mais il exprime aussi sa déception lorsqu’une figure particulière est ratée. Avouons tout de même que, en dehors de ces rares effets sonores, seule la musique se fait entendre.

Signalons pour terminer la présence de chargements bien trop longs, une mauvaise habitude qui tend malheureusement à se généraliser ces derniers temps sur PSP.
test écrit par Eric
Graphismes
5
Des danseurs animés de manière assez crédible mais des environnements qui manquent singulièrement de détail.
Jouabilité
6
Rebutant au départ, le jeu s’apprivoise petit à petit et l’on comprend finalement comment sortir ses moves correctement. Une fois cette étape passée, le manque de variété se fait sentir.
Son
8
Les morceaux variant du funk des seventies au hip-hop d’aujourd’hui sont sympathiques et bien choisis mais là encore le manque de diversité finit par lasser.
Durée de vie
7
Relever tous les défis et collecter tous les moves vous demandera pas mal de temps mais encore faudra-t-il que vous n’abandonniez pas en cours de route !
Fun
5
Frustrant au départ, puis intéressant une fois le gameplay assimilé, B-Boy se révèle ensuite rapidement lassant.

• Un jeu original
• Une bonne bande son
• De nombreux moves

• Graphiquement pauvre
• Lassant une fois le principe assimilé
• Des temps de chargement bien trop longs

Verdict :
6

En jouant la carte de l’originalité, B-Boy parvient à surprendre par son gameplay inattendu. Il est toutefois dommage que ce dernier ne se laisse apprivoiser qu’après une période de flottement, voire de frustration. En outre, la répétitivité des battles apparaît vite une fois le système de jeu assimilé, si bien que l’on enchaîne les affrontements sans vraie motivation. Enfin, si l’idée de situer le jeu sur la scène hip-hop underground paraîtra intéressante aux amateurs de ce style musical, il y a fort à parier que les néophytes en la matière auront un peu de mal à accrocher.


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