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![]() The Eye of Judgmentpublié le 24 octobre 2007
Introduction, Principe
Production hybride à mi-chemin entre jeu vidéo traditionnel et jeu de cartes de type Magic The Gathering, the Eye of Judgment est aussi pour Sony un moyen original de présenter la caméra PlayStation Eye au public. Ce mélange des genres inattendu se révèle-t-il convaincant ?
Quelques secondes après avoir inséré le disque du jeu dans votre console, une cinématique de toute beauté s’offre à vous et résume le scénario du jeu : une bataille fait rage quelque part dans une région aride et des créatures étranges semblent participer au combat. L’instant d’après, on découvre deux sorciers s’affrontant au-dessus d’une table et posant l’un après l’autre des cartes magiques devant eux. D’un seul coup tout est clair : chaque carte utilisée fait apparaître une puissante créature sur le champ de bataille, et les affrontements qui s’ensuivent sont à la fois âpres et spectaculaires.Des règles simples, un gameplay profondVous l’aurez compris, vous endosserez ici le rôle de l’un des sorciers et serez opposé à un adversaire contrôlé par la console ou bien par un joueur humain qui peut aussi bien se trouver en face de vous qu’à l’autre bout du monde grâce aux options de jeu en ligne. Vous aurez même la possibilité de laisser la machine se battre contre elle-même et ainsi profiter du spectacle ! Mais en quoi consiste exactement une partie de The Eye of Judgment ? Un match se déroule sur une grille carrée formée de neuf cases. Votre but est simple : pour remporter la victoire, vous devez réussir à occuper cinq de ces cases. Pour cela, vous disposez d’un jeu de 30 cartes plus couramment appelé deck. Le jeu est d’ailleurs livré avec un starter deck (deck de départ) standard et huit booster cards (des cartes additionnelles), mais vous pourrez aussi trouver dans le commerce de nouveaux decks ainsi que d’autres boosters, le nombre total de cartes disponibles étant pour le moment fixé à 110. On distingue deux types de cartes : les cartes de créatures vous permettent d’invoquer des monstres de toute sorte sur la grille de jeu afin d’occuper les cases tandis que les cartes de sorts vous permettent d’utiliser différentes magies, défensives comme offensives. Au début de la partie, chaque joueur doit battre son deck et le poser face cachée sur le tapis de jeu. Chacun tire ensuite les cinq premières cartes de son paquet et peut décider si le tirage lui parait défavorable d’opter pour un Mulligan, une manœuvre au nom barbare consistant simplement à piocher cinq nouvelles cartes pour remplacer les précédentes. A partir de cet instant, le jeu se déroule au tour par tour, chaque joueur piochant une carte lorsque son tour arrive, à l’exception notable du tout premier tour. Pour pouvoir utiliser les cartes piochées, il vous faut d’abord veiller à avoir suffisamment de mana. Cette énergie se renouvelle à chaque nouveau tour de jeu et augmente alors de deux points. Vous pouvez ensuite décider d’utiliser vos sorts ou de faire agir les créatures déjà en place, chacune de ces options coûtant un nombre de points de mana indiqué sur la carte. Pour clore votre tour, vous pouvez enfin choisir d’invoquer une et une seule créature qui combattra alors automatiquement toute cible adverse située dans sa zone d’attaque. Cette dernière est bien entendu spécifiée sur la carte, tout comme la zone de défense indiquant sous quelles conditions une contre-attaque peut être menée, de même que les points faibles de la créature. Si le principe global du jeu est simple, sachez que de nombreuses règles viennent apporter un peu de piment aux matchs. Tout d’abord, les cases de la grille de jeu sont à double face et chacune de ces faces appartient à l’un des cinq éléments : eau, feu, terre, bois et biolithe. Comme souvent, certains de ces éléments sont antagonistes et c’est ainsi que l’eau est opposée au feu, et la terre au bois, le biolithe restant quant à lui un élément neutre. Là où les choses deviennent intéressantes, c’est que les créatures appartiennent elles aussi à l’un de ces éléments. Logiquement, invoquer une créature d’un certain élément sur une case du même élément apporte une bonification sous la forme de deux points de vie supplémentaires. En revanche, invoquer la même créature sur une case d’un élément opposé lui ôtera deux points de vie. Mais ces relations entre éléments ne se limitent pas à la seule invocation : certaines cartes de sort vous permettent en effet de retourner une case et ainsi de transformer l’élément sur lequel siège une créature ! Une manœuvre qui peut aussi bien venir en aide à l’un de vos soldats en difficulté que gêner, voire éliminer, l’une des unités adverses. Plus fort encore, de nombreuses capacités ou règles spéciales accompagnent chaque carte. Petit exemple avec le Maraudeur Freedonien qui, lorsqu’il est invoqué sur une case n’appartenant pas à l’élément feu vous fera gagner 1 point de mana à chaque nouvelle invocation. Le Dragon de Junon quant à lui augmentera le coût d’activation des créatures positionnées sur les cases adjacentes lorsqu’il est lui-même placé sur une case de l’élément bois. Plus amusant, le Cubique Blanc au coût d’invocation égal à 1 peut ensuite être sacrifié au profit d’une autre créature dont le joueur n’aura alors pas à payer l’invocation ! Et ce ne sont là que quelques exemples parmi les dizaines de spécificités de chacune des cartes disponibles. Forcément, la contrepartie d’une telle richesse est d’induire une courbe d’apprentissage relativement difficile pour le joueur débutant : outre l’assimilation des règles principales, il devra aussi apprendre à composer son deck de départ et à utiliser au mieux les possibilités offertes par ses créatures et ses sorts. L’effort nous paraît toutefois rentable et la multiplication des parties ainsi que l’observation des adversaires devraient rapidement permettre à tout un chacun d’élaborer des decks et des tactiques de plus en plus efficaces. Modes de jeu, Réalisation, Conclusion
Peu de modes de jeuMaintenant que vous en savez un peu plus sur le déroulement des parties dans The Eye of Judgment, attardons-nous quelques instants sur les modes de jeu proposés. Un rapide coup d’œil sur le menu principal nous permet de découvrir les différentes options.
Le mode Arène est le corps du jeu, celui dans lequel vous pourrez choisir d’affronter la console ou un autre joueur humain. Vient ensuite le mode Profil Carte grâce auquel vous pourrez montrer vos cartes à la caméra et obtenir des informations sur leurs caractéristiques et leur histoire. Dans le mode Editeur, vous pourrez créer des decks virtuels à partir des cartes en votre possession. Ces derniers pourront ensuite être confiés à la machine lors des matchs solo, et devront être enregistrés si vous souhaitez les utiliser en ligne, point sur lequel nous reviendrons d’ici quelques instants. Le mode Jugement offre quant à lui un mini-jeu un peu bizarre et, il faut bien l’avouer, peu intéressant : placez plusieurs cartes sur le tapis, et demandez à la console de faire combattre les créatures pour désigner le vainqueur. Le problème est que l’issue du combat est entièrement basée sur les caractéristiques de chaque unité, si bien qu’il est, à quelques exceptions près, possible de connaître le résultat en regardant simplement ses cartes ! La section Initiation se compose de plusieurs vidéos qui vous permettront de bien installer les accessoires du jeu, puis d’en découvrir les règles, et enfin de maîtriser les différentes commandes à votre disposition. Le mode Réseau enfin est consacré au jeu en ligne qui, comme indiqué précédemment, nécessite d’avoir au préalable enregistré un deck virtuel via le mode Editeur : cette manipulation est destinée à éviter les fraudes lors des matchs sur la toile, la console se chargeant alors elle-même de tirer des cartes dans le deck ainsi vérifié. Vous devez ensuite évidemment trouver la vraie carte dans votre jeu avant de pouvoir l’utiliser ! Bien que les différentes options proposées par le jeu permettent d’exploiter complètement la richesse du gameplay proposé, on ne peut toutefois que regretter l’absence de tout mode campagne qui aurait pu inclure un tutorial interactif puis inculquer quelques notions de tactique avant peut-être de plonger le joueur au cœur d’une aventure scénarisée. Un tel fil conducteur aurait sans aucun doute aidé les néophytes en matière de jeux de cartes à se sentir à l’aise plus rapidement.Une technique convaincanteAvant d’aborder le sujet de la réalisation technique de The Eye of Judgment, il convient de mentionner les besoins un peu particuliers du jeu en terme de préparatifs : pour pouvoir vous lancer dans ces parties enflammées, vous devrez au préalable installer le tapis de jeu, positionner le support de la caméra et y enficher cette dernière. Une opération qui prend au plus deux minutes lors de la première utilisation (le support est livré en kit et doit être monté) et n’est plus ensuite qu’une formalité. A l’utilisation, le système de détection des cartes par la caméra s’avère extrêmement efficace et il ne faut guère plus de deux ou trois secondes à la console pour identifier la créature ou le sort utilisé. A ce sujet, il convient tout de même de souligner l’un des défauts du jeu : suite au test publié par nos confrères d’IGN dans lequel ces derniers mentionnaient la possibilité de copier les cartes par des impressions de grande qualité, nous avons décidé de tenter nous-mêmes l’expérience avec une imprimante/scanner des plus classiques. Le résultat est sans appel : il est effectivement extrêmement simple de se créer des copies à partir de cartes originales empruntées à des amis. On peut donc légitimement anticiper que de nombreux joueurs disposeront prochainement des 110 cartes disponibles dans le commerce tant ce genre d’information fait rapidement le tour de la toile de nos jours… Pour en revenir à la réalisation du jeu, il faut bien avouer que le déluge d’effets graphiques proposé lors des invocations et des combats est particulièrement convaincant : les créatures agréablement modélisées et bien animées s’affrontent au cours de scènes spectaculaires, et les sorts sont eux aussi prétextes à des démonstrations graphiques de qualité. En outre, si le plateau de jeu vu d’en haut n’est pas particulièrement impressionnant, la caméra zoom lors des combats et on peut alors admirer les environnements détaillés de l’arène dans laquelle se déroule la partie. Seule petite déception : il arrive que le frame rate faillisse durant quelques scènes particulièrement chargées, mais la chose reste relativement rare. Côté sonore, on saluera de la même manière les bruitages liés à la détection des cartes et aux rixes entre créatures, mais la musique de type hard-rock qui accompagne l’ensemble risque fort de lasser même les amateurs du genre tant elle s’avère répétitive. Heureusement, il est possible de la désactiver dans le menu d’options. Enfin, signalons que les vidéos d’initiation au jeu ont été entièrement doublées en français ce qui permet de suivre les explications fournies sans être gêné par la lecture de sous-titres. test écrit par Eric Graphismes
7 Le design des créatures est suffisamment varié, leurs attaques sont représentées de manière impressionnante, et les arènes sont agréables à regarder durant les affrontements. On ne déplore que quelques rares ralentissements.Jouabilité
8 Extrêmement riche grâce à la grande variété des cartes et aux pouvoirs spécifiques de chacune d'elles, The Eye of Judgment demandera toutefois de longues heures de jeu avant d'en maîtriser toutes les subtilités.Son
7 Les effets spéciaux liés aux combats sont convaincants mais la musique de type hard-rock sera rapidement désactivée à cause de sa grande répétitivité. A noter que les vidéos d'initiation ont été doublées en français.Durée de vie
8 Grâce aux decks préconstruits et aux boosters disponibles dans le commerce, vous passerez beaucoup de temps à mettre au point vos différents decks. Il s'agit toutefois d'un investissement non négligeable qui sera surtout rentabilisé en multijoueurs.Fun
8 Une fois assimilés les différents paramètres du jeu, on commence à élaborer des tactiques visant à utiliser au mieux les cartes en notre possession. Un régal pour les amateurs du genre mais les néophytes pourraient trouver l'ensemble un peu difficile.
• Un concept original
• Un seul vrai mode de jeu Verdict : 8Après plusieurs dizaines de parties disputées contre la console, il faut bien avouer que The Eye of Judgment a de quoi séduire les amateurs de jeu de cartes : si les règles utilisées ici sont simples et s'assimilent en une petite heure, la diversité des cartes et les capacités spéciales de chacune donnent au jeu une dimension tactique indéniable qui promet des heures de recherche afin de créer le deck ultime et de mettre au point la manière de s'en servir. Il faudra toutefois pour cela consentir à investir dans de nouvelles cartes, et s'orienter rapidement vers des matchs entre humains pour pimenter un peu les affrontements. A ce titre, on regrette que Sony n'ait pas inclus un mode solo scénarisé qui aurait aussi bien pu servir de tutorial que d'exercice d'approfondissement des différentes techniques de jeu. |
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