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![]() Kane & Lynch : Dead Menpublié le 7 janvier 2008
Introduction, Mode solo
Devenus célèbres grâce à la licence Hitman, les développeurs de Io Interactive nous entraînent aujourd’hui dans un nouvel univers tout aussi sombre et fréquenté par des personnages aussi peu recommandables que l’Agent 47. Kane et Lynch connaîtront-ils la réussite du plus célèbre tueur a gages du monde vidéoludique ?
Le jeu vous plonge dans la peau de Kane, un homme désabusé ayant décidé de devenir mercenaire après la mort de son fils. Au cours de ses pérégrinations à travers le monde, il est entré en contact avec un groupe mystérieux baptisé les 7. Ces derniers l’ont enrôlé pour une ultime mission au Venezuela mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu : alors qu’il pensait ses équipiers morts, Kane eut juste le temps de s’échapper et de regagner les Etats-Unis avec une fortune en diamants mais fut presque immédiatement appréhendé par les autorités. L’issue de son procès était connue d’avance : une condamnation à mort. C’est alors qu’on le conduit vers le lieu où la sentence sera exécutée que débute l’aventure. Une ambiance réussie Passée la cinématique d’introduction dans laquelle Kane écrit à sa fille Jenny qu’il n’a plus revu depuis qu’il est devenu mercenaire, nous retrouvons notre anti-héros dans le fourgon qui le mène vers la mort. C’est alors qu’un autre détenu voyageant à ses côtés lui conseille de baisser la tête pour éviter d’être blessé. Avant que Kane ait pu comprendre ce qui arrivait, le fourgon est frappé de plein fouet par un autre véhicule et les deux prisonniers sont rapidement libérés par un commando d’une redoutable efficacité. Quelques minutes plus tard, Kane découvre avec stupeur que quatre membres des 7 sont encore en vie, et qu’ils le considèrent comme un traître : ils ont enlevé sa femme et sa fille et ne les libèreront que lorsque Kane leur aura remis les diamants. Pour s’assurer de sa bonne coopération, les ravisseurs l’obligent à être accompagné du détenu rencontré dans le fourgon. Ce dernier se nomme Lynch et se révèle rapidement être un dangereux schizophrène capable des pires exactions au moment le moins opportun. Evidemment, l’aventure ne sera pas des plus reposantes et les 16 chapitres que compte le jeu vous offriront de nombreux rebondissements ainsi que deux fins différentes. Bien que l’aventure démarre aux Etats-Unis où vous entreprendrez de braquer une banque, vous devrez par la suite vous rendre à Tokyo dans une discothèque surpeuplée puis dans un building renfermant le QG d’un Yakuza extrêmement puissant. Vous partirez ensuite pour La Havane, ravagée par une guerre civile, et terminerez votre périple dans une jungle infestée de gardes armés jusqu’aux dents. Si les dix premières missions ne posent aucune difficulté particulière et s’enchaînent relativement rapidement, les dernières corsent brusquement le challenge et il faudra vous y reprendre à plusieurs reprises pour négocier certains passages franchement délicats. En tout, il vous faudra ainsi sept à huit heures pour boucler l’aventure dans le niveau de difficulté normal (il existe trois niveaux en tout). L’esprit d’équipe Le jeu en lui-même se présente comme un Third Person Shooter (jeu de tir à la troisième personne), à la manière d’un Uncharted, d’un Ghost Recon, d’un Rainbow Six, ou pour prendre une référence un peu plus récente, d’un Stranglehold. Les similitudes entre la production de Io Interactive et celle de Midway Games ne s’arrêtent d’ailleurs pas là puisque Kane fera souvent parler la poudre, tout comme l’inspecteur Tequila chez la concurrence. Manœuvre très à la mode ces derniers temps, notre personnage peut profiter des éléments du décor pour se mettre à couvert, ne s’exposant que de courts moments lui permettant de faire bon usage de ses balles. L’arsenal à disposition est classique mais n’en demeure pas moins efficace : après vous être amusé avec un pistolet bas de gamme, vous aurez tôt fait de prendre en main des fusils mitrailleurs, des fusils à lunette et même des lance-roquettes. Des grenades à fragmentation et autres fumigènes sont aussi à votre disposition pour des approches fracassantes ou masquées. Mais là où Kane&Lynch diffère radicalement de Stanglehold, c’est dans le fait que votre personnage soit toujours accompagné. Bien sûr, la mission de surveillance de Lynch l’oblige à ne jamais s’éloigner de vous, mais vous devrez vite gérer une petite équipe de quatre hommes sur le terrain. Chacun d’entre eux pourra être envoyé vers une zone précise qu’il devra nettoyer, ou pourra rester près de vous dans tous vos déplacements. Une fois arrivé à La Havane, vous aurez même la surprise de voir une petite armée de 16 combattants soutenir votre groupe, mais leur efficacité est loin d’être probante et leur durée de vie excède rarement une petite minute ! On touche d’ailleurs là à l’un des principaux défauts du jeu : l’intelligence artificielle. Si vos coéquipiers se révèlent plutôt utiles, vos ennemis font en revanche montre d’une désinvolture étonnante durant les combats. Certes ils savent eux aussi se mettre à couvert mais leurs déplacements d’un abri à un autre s’anticipent trop facilement, et leurs réactions lorsque vous attaquez par surprise sont parfois déconcertantes. Durant l’une des dernières missions du jeu, nous avons pu éliminer un à un trois gardes apparemment en pleine discussion sans qu’aucun d’entre eux ne se rende compte qu’un tireur les décimait méthodiquement… De fait, la difficulté du jeu réside plus dans le nombre d’ennemis que dans leur intelligence au combat. Plus gênant encore, de rares passages sont sensés être effectués en toute discrétion : vous cherchez par exemple à atteindre une bâtisse fort bien gardée et devez pour l’atteindre neutraliser des avant-postes fourmillant de gardes, prêts à lancer une fusée de détresse pour alerter votre cible au moindre danger. Il est malheureusement très difficile de comprendre comment vos adversaires détectent votre présence, et on s’énerve assez rapidement après une dizaine de tentatives infructueuses. Pour tout dire, nous avons fini par éliminer la première sentinelle en toute discrétion au couteau, puis nous sommes fait courser dans un cul-de-sac au travers duquel les ennemis se présentaient en rang d’oignons pour se faire trouer la peau un à un sans que personne ne pense à signaler notre présence ! Un peu décevant… Heureusement, d’autres séquences sont bien plus réussies comme celles se déroulant à bord de véhicules : après le braquage de la banque lorsque la police vous file le train, puis dans la jungle à bord d’une jeep armée d’une mitrailleuse. Certes ces passages ne gagneront aucun prix d’originalité mais leur présence apporte un peu de fraîcheur au déroulement par ailleurs convenu du jeu. Il faut aussi avouer que les lieux sont suffisamment variés pour maintenir l’intérêt, et que le scénario ainsi que sa narration donnent vraiment envie de parvenir jusqu’au générique de fin. Le seul reproche que l’on puisse adresser dans ce domaine concerne le personnage de Lynch qui brille par ses réactions de fou furieux durant les premiers chapitres puis se fait oublier dans les deux tiers restants de l’aventure. Pour être totalement complet sur la campagne solo du jeu, il nous faut aussi mentionner le système de gestion de votre santé, comparable à de nombreux shooters modernes : après avoir encaissé trop de dommages, votre vue vire au rouge et vous devez alors impérativement vous mettre à l’abri durant quelques secondes. Si toutefois vous êtes touché une fois de plus, vous vous écroulez parterre mais vos partenaires disposent de quelques secondes pour vous injecter une dose d’adrénaline qui vous remettra sur pied. Mais attention à ne pas succomber immédiatement après sans quoi la nouvelle piqûre pourrait provoquer une overdose mortelle ! Evidemment, vous pouvez vous aussi utiliser cette méthode pour réanimer vos équipiers tombés au combat, ce qui n’arrive heureusement pas trop souvent. Mode multi, Réalisation, Conclusion
Une alliance fragile
Les amateurs de multijoueurs seront heureux d’apprendre que les développeurs ont intelligemment tiré parti de l’omniprésence de Lynch aux côtés de Kane : il est ainsi possible de parcourir l’ensemble de la campagne solo en coopération (l’écran est alors partagé), mais il faut bien avouer que certaines sections clairement pensées pour un joueur seul risquent d’ennuyer celui tenant le rôle du psychopathe. On regrette aussi que cette option n’ait pas été implémentée via le PlayStation Network, même si une autre bonne surprise nous attend dans ce domaine. Les développeurs ont en effet eu la bonne idée d’inclure un mode multijoueurs un peu original baptisé Fragile Alliance, qui déroge à la règle classique des matchs à mort, capture du drapeau et autres attaques de la base. Quatre à six joueurs sont ici réunis pour accomplir un braquage et récupérer un maximum d’argent : le magot est évidemment bien gardé, et il est donc important de travailler en équipe pour éliminer les menaces et remporter le plus gros pactole. A la fin du round, celui des gangsters qui a amassé la somme la plus importante est déclaré vainqueur. Là où les choses deviennent intéressantes, c’est qu’à tout moment l’un des joueurs peut décider de trahir les autres : en abattant l’un de ses anciens équipiers, il récupère sa mise et peut ainsi espérer un meilleur classement en fin de partie. Mais attention : le joueur abattu se retrouve alors en défense et cherchera vraisemblablement à se venger tandis que les autres gangsters devront se méfier à la fois du traître et du nouveau garde. Plus amusant encore, ce dernier peut gagner une prime en abattant celui qui l’a tué précédemment ! Vous l’aurez compris, l’idée est originale et il faut bien avouer que les matchs deviennent très disputés dès lors que la somme engrangée par chacun devient un peu importante. Seules petites ombres au tableau : les serveurs ne sont pas très fréquentés, certains joueurs prennent un malin plaisir à éliminer leurs équipiers dès les premières secondes de jeu, et le chat vocal ne semble pas supporté. En outre, il aurait peut-être judicieux pour la durée de vie du titre d’inclure des modes de jeu plus classique pour apporter un peu de diversité à l’expérience. Une technique inégale Dans le domaine graphique, Kane&Lynch offre du bon et du moins bon. Au rayon des déceptions tout d’abord, il faut bien avouer que les décors manquent parfois de polygones et que certaines textures bénéficient d’une résolution beaucoup trop faible pour une machine telle que la PS3. Il est en outre assez évident que si les personnages principaux ont été soignés, les autres n’ont pas eu autant de chance et souffrent souvent d’une modélisation assez sommaire. On regrette en outre qu’aucune synchronisation labiale digne de ce nom n’ait été incluse, un détail qui n’avait que peu d’importance à la génération précédente mais que l’on commence à apprécier dans les productions modernes. Mais si le niveau technique du jeu n’est pas au plus haut, les développeurs de Io Interactive nous ont quand même réservé quelques scènes impressionnantes comme celle de la discothèque durant laquelle nos deux compères doivent traverser plusieurs salles de danse pleines à craquer, chargés de la directrice qu’ils viennent d’assommer : le moteur de foule des développeurs est alors mis à profit pour rendre la panique qui saisit le public lors des premiers coups de feu, le tout accompagné de projecteurs et autres effets de lumière plutôt réussis. On citera aussi la descente en rappel depuis un gratte-ciel japonais qui offre un panorama appréciable de la ville. Malheureusement, quelques ratés sont à noter dans l’animation même si seule la fin du quinzième chapitre souffre réellement de ce défaut. Côté sonore, les tirs et autres explosions rendent bien l’intensité des combats et les doublages en français réussissent à être en même temps caricaturaux pour rendre toute la démesure des deux personnages et convaincants pour garder le joueur plongé au cœur de l’intrigue. On apprécie d’ailleurs les dialogues entendus durant les temps de chargement de chaque chapitre qui permettent d’en apprendre un peu plus sur les relations entre les deux gangsters. Signalons enfin la bonne prestation de Jesper Kyd qui signe ici des morceaux corrects parfaitement intégrés à l’action se déroulant à l’écran. test écrit par Eric Graphismes
6 Si les personnages sont dans l'ensemble réussis malgré une animation faciale peu probante, les décors et textures manquent souvent de détails et l'animation subit parfois quelques ralentissements lors de scènes très chargées.Jouabilité
7 Plutôt convaincant dans sa maniabilité, Kane&Lynch donne toutefois l'impression de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités offertes. On regrette aussi la nette montée en difficulté des dernières missions.Son
7 Les musiques soutiennent l'action de belle manière et les sons résonnant lors des affrontements sont convaincants. Il en va de même des dialogues en français, un peu surjoués il est vrai.Durée de vie
6 Comptez sept à huit heures pour boucler l'ensemble des 16 chapitres au niveau de difficulté par défaut. Vous pourrez ensuite recommencer sur une difficulté plus élevée ou bien vous lancer dans le jeu en ligne.Fun
7 Très amusant durant les dix premiers chapitres, Kane&Lynch perd un peu de son sel lors de l'arrivée à La Havane : on se retrouve alors face à un jeu trop classique qui n'est pas sans rappeler Just Cause par son environnement.
• Une action intense et bien menée
• Une réalisation qui manque de brio Verdict : 7Relativement convenu dans son déroulement et dans sa réalisation qui en font un jeu de tir à la troisième personne de plus, Kane&Lynch vaut surtout par la diversité des lieux traversés et par l'ambiance qui règne au sein de chaque mission. La mise en place de cette atmosphère particulière est principalement liée aux personnages torturés mis en scène, et l'on aurait d'ailleurs aimé que l'esprit dérangé de Lynch soit un peu mieux exploité sur l'ensemble de l'aventure. Le scénario reste toutefois accrocheur, et les quelques défauts techniques dont souffre le jeu ne sont pas suffisamment pénalisants pour rebuter l'amateur du genre : si vous cherchez un jeu d'action dans la veine des films de gangsters les plus noirs, Kane&Lynch a de sérieux atouts pour vous séduire. |
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