![]() |
|
![]() BladeStorm : Hundred Years Warpublié le 10 décembre 2007
Introduction, Gameplay
Après nous avoir plongé à maintes reprises dans les guerres du Japon féodal, KOEI s’attaque aujourd’hui à un conflit bien différent puisque vous allez cette fois participer à la Guerre de Cent Ans. Ceux qui pensaient retrouver un Dynasty Warriors à la sauce franco-anglaise risquent d’être surpris !
On ne présente plus KOEI et ses séries consacrées aux batailles à grande échelle dans lesquelles des dizaines de soldats s’affrontent pour le pouvoir ou la survie. A ce titre, l’éditeur nous avait jusqu’ici proposé deux types de jeux : les Dynasty Warriors et autres Samurai Warriors récemment regroupé dans Warriors Orichi se tournaient ostensiblement vers l’action pure tandis que les Kessen introduisaient une bonne dose de stratégie. Bladestorm se situe quant à lui quelque part entre ces deux genres, et il faut avouer qu’un peu de persévérance pour passer les deux premières heures de jeu un peu molles permet de découvrir un titre accrocheur et original.Un conflit bien de chez nousPour les joueurs peu familiers du Japon du 16ème siècle, il ne fait aucun doute que les personnages et scénarii des séries proposées jusqu’ici par KOEI devaient paraître bien mystérieux, voire être parfois entièrement occultés. Dans Bladestorm en revanche, on se retrouve en terrain connu, pour peu que l’on ait quelques souvenirs de ses cours d’histoire du collège : le jeu se déroule durant la Guerre de Cent Ans et vous offre d’incarner un mercenaire qui se battra tantôt aux côtés des Français, tantôt aux côtés des Anglais, selon son humeur du moment et les primes à empocher. Avouons-le tout de suite, les développeurs du studio Omega Force ont pris quelques libertés avec l’histoire, mais l’ensemble reste largement inspiré de faits réels : vous aurez même l’occasion de croiser des figures emblématiques de l’époque comme le roi d’Angleterre Edward III, son fils Edward le Prince Noir ou encore Jeanne d’Arc. ![]() Tout commence par la création de votre mercenaire via un éditeur minimaliste qui ne vous offrira que peu d’options : hormis le sexe de votre personnage, vous pourrez choisir son visage parmi les huit proposés, puis sa voix pour laquelle vous n’aurez que trois choix. Un peu juste convenons-en, mais sachez que l’apparence de votre guerrier sera par la suite modifiée lorsque vous changerez son équipement. Une fois le personnage créé, vous arrivez dans la taverne, véritable repaire de mercenaires dans lequel vous pourrez choisir un contrat parmi ceux proposés. Si au départ vous n’aurez que peu de choix, vos premiers succès débloqueront rapidement de nouveaux champs de bataille et donc de nouvelles missions. Chose importante, vous ne pourrez avoir accès aux contrats les plus intéressants que si votre réputation est à la hauteur : à vous donc de commencer petit et d’être le plus efficace possible pour grimper rapidement les échelons ! Il est aussi bon de préciser que certaines missions dites principales vous permettront de faire progresser le scénario du jeu, tandis que d’autres ne seront là que pour accumuler de l’expérience ainsi que de l’argent. Au passage, sachez que le jeu ne vous permettra pas de vivre la guerre en vous battant d’un seul côté, les missions principales vous obligeant à joindre aussi bien les rangs anglais que français ! La grande majorité des missions consistera à capturer des bases ennemies indiquées sur la carte mais vous aurez de temps à autres l’occasion de varier les plaisirs en défendant vos propres bases, en partant en quête d’un objet précieux, en jouant les livreurs pour une autre unité, ou en effectuant des missions d’escorte. Certains contrats pourront être réalisés sans limite de temps mais d’autres devront impérativement être réussis en quelques jours seulement, un jour du jeu correspondant à une dizaine de minutes sur le champ de bataille. A la tombée de la nuit en effet, toutes les troupes regagnent leur base pour prendre un peu de repos et mieux reprendre le combat aux premières lueurs.Un gameplay surprenantUne fois la mission débutée, vous retrouvez votre mercenaire sur l’une des bases de son camp, entouré de plusieurs escouades de différents types. Il en existe 17 catégories différentes : couteaux, rapières, épées, lances, longues lances, cavalerie, hallebardes, haches, battes, arcs, arcs à cheval, chameaux, éléphants, chariots, canons, magiciens et sapeurs. A l’intérieur de chacune d’entre elles différentes unités sont regroupées nommées selon leur équipement. Ainsi une troupe de type « épées » pourra regrouper des soldats de type « épée », « épée et bouclier », « double épéiste » ou encore « grande épée », chacun possédant ses propres attaques. Vous découvrirez rapidement que la présence de catégories pour les unités est loin de n’avoir qu’une utilité cosmétique destinée à rendre la richesse des troupes de l’époque : vos ennemis disposent en effet d’armées similaires et chaque unité a ses propres points forts et faibles. Ainsi, les épées se révèlent particulièrement efficaces contre les couteaux mais ne peuvent espérer vaincre les lances. De même, la cavalerie est efficace contre les haches mais ne peut rien contre les arcs. Il vous faut donc utiliser le bon type d’unité selon l’ennemi rencontré, une manœuvre des plus aisées puisqu’il suffit de s’approcher d’une troupe non encore commandée puis d’appuyer sur le bouton Croix pour en prendre le contrôle. A partir de là, vos hommes vous suivent dans tous vos déplacements. Lorsque vous approchez d’une troupe adverse, maintenir le bouton R1 engagera un combat dont l’issue sera plus ou moins dictée par une règle similaire à celles évoquées plus haut. Mais n’allez pas croire que Bladestorm se contente d’être un vulgaire jeu de pierre-papier-ciseaux sur console : chacune de vos unités dispose en effet d’attaques spéciales affectées aux boutons Triangle, Carré et Rond que vous pouvez utiliser quand bon vous semble pour prendre un avantage décisif ou retourner une situation compromise. Attention toutefois, il vous faudra attendre un temps de rechargement entre deux utilisations, et il est donc judicieux de bien calculer votre coup. Au fur et à mesure que vous éliminez les troupes adverses, la jauge de moral de vos hommes se remplit. Lorsqu’elle est à son maximum, l’état d’Ardeur est déclenché, décuplant votre vitesse et votre force : un bon moyen de percer les défenses ennemies ou de faire basculer le combat en votre faveur alors que vous approchiez de la déroute ! En cas de problème, vous aurez aussi la possibilité d’utiliser quelques power-ups achetés ou récupérés sur le champ de bataille appelés étendards. Ces derniers vous octroieront un petit avantage durant un court laps de temps comme améliorer la mobilité, la défense ou l’attaque de vos troupes. Mieux encore, vous pourrez engager des recrues à la taverne puis leur demander d’intervenir durant vos combats pour vous soutenir dans les moments les plus difficiles. De manière classique, la prise d’une base ennemie vous oblige tout d’abord à éliminer les troupes gardant la forteresse pour faire apparaître le commandant de la base qu’il faut ensuite vaincre. Précisons tout de même que certains châteaux très bien gardés devront d’abord être assiégés pour pouvoir pénétrer dans leur enceinte, et vous aurez alors parfois recours à des catapultes qui créeront une brèche dans la muraille ou à des béliers qui enfonceront les immenses portes. Evolution, Réalisation, Conclusion
Des éléments de RPG bienvenusEvidemment, enchaîner les combats ad vitam aeternam sans autre but que faire avancer le scénario aurait pu rapidement lasser. Mais les développeurs d’Omega Force ne l’entendaient pas de cette oreille et la progression proposée par leur dernière production est des plus intéressantes.
Au début du jeu, vous ne pouvez en effet commander que quelques types d’unités parmi les 17 décrites plus haut. Pour accéder aux autres, vous devrez d’abord récupérer les livres de commandement correspondants, aussi appelés ouvrages. A chaque ouvrage correspond un compteur de points d’expérience qui augmente lorsqu’une unité du type concerné est utilisée. Vous pouvez ensuite dépenser ces points pour augmenter les différentes statistiques de l’unité (attaque, défense, vitesse, nombre de soldats dans l’escouade…), ainsi que la puissance de ses attaques spéciales. Au fur et à mesure de son évolution, une unité vous donnera accès à des statistiques au départ cachées, si bien que l’obtention de la troupe parfaite vous garantit à elle seule des heures de jeu. Rassurez-vous, l’augmentation de l’efficacité de vos troupes sur le terrain sera visible, et vous devrez de toute façon impérativement passer par les écrans d’évolution pour avoir une chance de réussir les missions les plus avancées. Précisons toutefois que l’intelligence artificielle des ennemis n’est pas pour grand-chose dans la difficulté de certains affrontements : il s’agit plutôt d’une grande différence de niveau (d’expérience) entre les différentes factions en présence. N’oubliez donc pas de faire du level-up sur les missions facultatives ! Autre élément de RPG présent dans Bladestorm : l’équipement. Chaque officier adverse éliminé laissera derrière lui différents objets. Il peut s’agir d’argent, d’étendards, de livres de commandement, d’armes, de pièces d’armures ou d’objets inutiles mais pouvant être revendus. Le pécule ainsi amassé peut ensuite être dépensé chez le marchand qui vous permettra d’acquérir des armures plus solides, des armes plus puissantes, ou des power-ups à utiliser en combat.Une technique à la traîneVous l’aurez compris à la lecture des paragraphes précédents : contrairement à nombre de nos confrères, nous avons été séduits par l’expérience de jeu atypique proposée par Bladestorm. Certes les combats sont un peu fouillis, à la Dynasty Warriors, et la dimension stratégique n’est peut-être pas du niveau de ce que recherchent les fans du genre, mais le mélange d’action, de RPG et de stratégie proposé par KOEI a tout de même réussi à nous river à la console durant de longues sessions de tests nocturnes. Nous ne pouvons cependant pas passer sous silence le seul vrai point noir du jeu : sa réalisation. Attention, n’allez pas croire que l’ensemble soit foncièrement horrible mais il faut avouer que les décors dans lesquels nos troupes évoluent manquent sérieusement de détail, et que les textures utilisées sont bien souvent très fades. On pourrait aussi reprocher la trop grande ressemblance entre soldats d’une même unité mais c’est probablement le prix à payer pour voir des dizaines de personnages combattre à l’écran, et il n’est pas non plus anormal que les hommes d’une même armée revêtent un uniforme similaire. En revanche, on peut regretter que l’animation ne reste pas toujours fluide : certaines attaques spéciales donnent en effet lieu à de jolis effets de lumière qui peuvent parfois provoquer quelques ralentissements désagréables. Heureusement, le défaut n’a pas d’effets catastrophiques sur la performance du joueur, mais les accros de l’animation fluide risquent tout de même de tiquer. Pour ceux qui ne seraient rebutés par les phrases qui précèdent, précisons que le jeu offre aussi plusieurs cut-scenes en images de synthèse qui sont elles très réussies. Sur le plan sonore, il faut bien avouer que la musique accompagnant les batailles se révèle rapidement répétitive, tout comme les cris de nos guerriers se lançant à l’assaut des troupes adverses. Ces derniers restent toutefois crédibles, et précèdent bien sûr l’inévitable fracas des épées sur les boucliers, plutôt réussi. Terminons en saluant l’excellente initiative de KOEI France qui a décidé d’offrir aux joueurs de l’hexagone une traduction intégrale (textes et voix) de son jeu : vous n’aurez pour une fois pas à supporter les doubleurs américains, mais les puristes regretteront peut-être aussi l’absence des voix japonaises originales. test écrit par Eric Graphismes
6 Le jeu affiche de nombreuses unités à l'écran mais il faut avouer que les décors sont un peu vides et que certains éléments s'affichent brusquement au loin. En outre, quelques ralentissements se mêlent parfois à la bataille.Jouabilité
7 Assez original, le gameplay de Bladestorm vaut surtout par la diversité et l'évolutivité des différentes unités qui deviennent de plus en puissantes au fil des combats. Dommage que le fil conducteur de l'histoire soit un peu décousu.Son
7 Les musiques entendues durant les combats sont un peu répétitives mais les cris des guerriers se jetant sur les ennemis sont amusants. Les doublages en français sont corrects et rendent le jeu accessible à tous.Durée de vie
8 Il vous faudra de nombreuses heures de jeu pour parfaire toutes vos unités et terminer toutes les missions, mais il est dommage qu'aucune option de jeu en ligne n'ait été incluse.Fun
7 Passées les premières missions peu intéressantes qui permettent de comprendre le système de jeu, vos adversaires deviennent plus efficaces et il faut alors soigneusement choisir ses unités pour mener l'assaut.
• Un système de jeu original
• La réalisation graphique peu engageante Verdict : 7Clairement en dessous des standards actuels de la PS3 en terme de réalisation, Bladestorm est pourtant un titre accrocheur si l'on veut lui donner sa chance. Bien sûr, sa dimension stratégique ne lui permettra pas de toucher tous les publics mais il faut reconnaître que Omega Force n'a pas rendu l'expérience aussi ardue que celle proposée par un Kessen, et n'importe quel habitué d'un Dynasty Warriors pourra ainsi s'habituer très vite au gameplay de ce nouveau titre. Pour ceux qui décideront de tenter l'aventure, les batailles deviendront rapidement prenantes et la gestion des unités se révèlera au moins aussi intéressante que les combats en eux-mêmes. Un jeu à essayer absolument si vous êtes amateur du genre. |
|
Retrouvez les tests de jeux vidéo des consoles SONY sur www.PlayFrance.com et sur les sections PS2, PSP et PS3 |
|