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![]() BlackSitepublié le 17 avril 2008
Introduction, Scénario, Gameplay
De temps à autres l’industrie vidéoludique nous gratifie d’un jeu au développement chaotique dont le résultat laisse la plupart du temps à désirer. Annoncé début 2007 puis retardé par deux fois pour n’arriver finalement qu’en mars 2008 sur PS3, BlackSite est l’un de ces titres à la gestation difficile. Les aléas de sa création seront-ils perceptibles une fois la manette en main ?
Il faut bien l’avouer, la PS3 n’a pas été gâtée en terme de planning durant sa première année d’existence : de nombreux jeux multiplateformes ne sont apparus sur la petite dernière de Sony que quelques mois après leurs homologues Xbox 360, et BlackSite est l’un des derniers représentants de cette époque que l’on espère maintenant révolue. Il faut toutefois avouer que, dans ce cas précis, le retard de la version PS3 aura permis au joueur d’en apprendre un peu plus sur la qualité du jeu… C’est en effet mois d’une semaine après l’arrivée du jeu sur Xbox 360 que son lead game designer Harvey Smith expliquait sur Wired Blog Network que le développement avait été bâclé et que son dernier bébé méritait les mauvaises notes qu’il venait de recevoir. Sans surprise, sa collaboration avec Midway prit fin la semaine suivante, d’un commun accord si l’on en croit différentes sources sur la toile.Une aventure sans surpriseMais trêve de bavardages, revenons-en à BlackSite qui vous propose de revêtir l’uniforme de Aeran Pierce, un militaire américain que l’on retrouve au début de l’aventure en mission en Irak afin d’y débusquer les fameuses armes de destruction massive dissimulées par Saddam. Si vous vous souvenez que le jeu était au départ sensé être la suite de Area 51 sorti sur PS2 en mai 2005, vous vous doutez certainement que Pierce et ses équipiers feront une découverte bien plus étrange : pour ne pas vous gâcher l’effet de surprise, nous dirons simplement que des créatures mutantes seront de la partie et qu’il vous faudra déployer tous les moyens pour les exterminer. Précisons toutefois que seul le prologue se déroule sur le sol irakien et que vous retournerez ensuite aux Etats-Unis où la menace a réussi à s’installer. Dans la pratique, vous vous déplacez la plupart du temps en compagnie de deux hommes auxquels vous pouvez donner quelques ordres simples en visant un objectif et en appuyant sur R1 : si vous désignez une cible, vos équipiers tenteront de l’abattre. S’il s’agit d’un emplacement sur le terrain, ils s’y dirigeront. Visez un véhicule et ils y entreront. Enfin, sachez que seuls vos hommes seront à même d’ouvrir les portes : Pierce n’a semble-t-il jamais été formé à ce genre d’exercice il est vrai outrageusement difficile, et vous devrez donc pointer votre viseur sur l’icône surmontant le mécanisme d’ouverture puis utiliser R1 pour que le chemin se débloque. Un aspect du gameplay pour le moins curieux… Une fois sur le terrain, on retrouve les mécanismes de base des FPS : on avance de quelques mètres ce qui a pour effet de faire surgir des ennemis, on les élimine, et on continue. Si nombre de titres du genre ont réussi à apporter quelques idées nouvelles dans ce principe somme toute assez sommaire, BlackSite se contente malheureusement du strict minimum : certes vous pouvez diriger vos équipiers mais ces derniers s’avèrent souvent peu efficaces et il est donc généralement plus rapide d’affronter seul vos adversaires, en espérant que l’un de vos amis arrive par hasard à vous aider. Il faut dire qu’un système un peu paradoxal de gestion du moral de vos troupes a été mis en place : si vous envoyez vos équipiers au charbon en restant en retrait, leur moral descendra et leurs performances seront moindres, les poussant parfois à simplement chercher un abri en attendant que vous fassiez le sale travail. Au contraire si vous prenez des initiatives et menez la bataille de front, ils retrouveront la joie de vivre et seront en théorie plus efficaces. Seulement voilà, si vous optez pour la seconde solution, vous aurez probablement éliminé toutes les menaces avant que vos amis n’aient réussi à en toucher une seule ! Vos adversaires ne sont en effet pas non plus des modèles d’intelligence et s’ils savent se cacher derrière un bloc de béton ou au coin d’un mur, ils restent trop prévisibles dans leurs actions : vous n’avez la plupart du temps qu’à attendre qu’ils tentent de vous tirer dessus, se découvrant par la même occasion, pour les aligner correctement dans votre viseur et les abattre d’une rafale bien placée… Du côté de l’armement mis à votre disposition, on reste là aussi bien au chaud dans le conventionnalisme le plus poussé : un pistolet, un fusil d’assaut, un fusil de guerre (assimilable à un fusil à pompe), un fusil de pointe (pour les snipers), un fusil à plasma et un lance-roquettes. Ajoutez à cela les grenades et la possibilité d’utiliser quelques mitrailleuses sur pied disséminées ici et là, et vous avez fait le tour des possibilités qui vous sont offertes. Précisons au passage que nous avons bouclé le jeu en utilisant principalement le fusil d’assaut, les autres armes ne s’étant révélées utiles que très occasionnellement. Pour être totalement complet sur l’aventure qui vous attend, il convient de mentionner la présence de phases de jeu à bord de véhicules. Au sol, c’est une jeep équipée d’une mitrailleuse qui vous attend. L’idée n’est pas mauvaise mais on se demande pourquoi les développeurs ont pris le contre-pied de tous les jeux de course sur console en assignant l’accélération au stick gauche et la direction au stick droit ! Il aurait été judicieux de permettre une modification de ces commandes dans les menus… Vous aurez aussi l’occasion de casser du mutant durant des phases vous plaçant à bord d’un hélicoptère, votre rôle étant alors limité à jouer de la mitrailleuse. Abordons enfin un dernier point du gameplay de BlackSite avec les combats contre des boss certes gigantesques mais qui ne posent qu’un challenge tout relatif puisqu’ils souffrent tous du même point faible : des zones jaunes et brillantes sur lesquelles il suffit de lancer une ou plusieurs roquettes pour faire fléchir l’ennemi ! On a déjà vu plus intéressant, d’autant que le jeu nous annonce d’emblée la marche à suivre dès le premier boss rencontré… Pour terminer sur la campagne solo du jeu, mentionnons la présence de trois niveaux de difficulté correspondant à trois niveaux d’alerte. L’alerte jaune correspond au mode Facile, l’alerte orange au mode Difficile et l’alerte rouge au mode Expert. Les plus perspicaces auront remarqué l’absence du classique mode « normal », mais il convient de préciser que nous avons bouclé l’aventure en mode Difficile en sept à huit heures, sans particulièrement nous presser ni mourir excessivement souvent. En ligne, Réalisation, Conclusion
Des serveurs peu fréquentésLorsque vous aurez terminé la campagne solo une première fois, vous réaliserez que les développeurs n’ont pas fait grand-chose pour vous inciter à la recommencer : certes il existe des « dossiers cachés » dans tous les niveaux que vous pouvez récupérer pour débloquer différentes informations sur l’intrigue, mais ces petits bonus restent anecdotiques et n’apportent au final rien de vraiment intéressant.
Vous vous tournerez alors sans doute vers les parties en ligne qui peuvent rassembler de deux à dix joueurs dans des matchs de différents types. On tombe malheureusement là encore dans une offre vue et revue des dizaines de fois, avec des parties Deathmatch, Deathmatch en équipe et Capture du drapeau. Seule petite originalité, les matchs de type Enlèvement : un joueur choisi au hasard démarre en tant que mutant puis tente de tuer les joueurs humains afin qu’ils rejoignent son camp. Des points sont attribués selon que l’on reste humain plus ou moins longtemps, et le but est évidemment d’avoir le maximum de points après un nombre donné de parties. Bien entendu, l’interface du jeu vous permet de rejoindre rapidement une partie déjà créée, de faire une recherche avec des critères plus spécifiques, ou encore d’héberger votre propre partie. Seul problème, mais de taille : les serveurs sont désespérément vides, et nous n’avons jamais trouvé plus d’un ou deux joueurs connectés en même temps que nous !Une réalisation peu convaincanteA ce stade de notre article, vous aurez compris que BlackSite se contente de reprendre des principes usés jusqu’à la corde dans le domaine des FPS, que ce soit en terme de scénario, de gameplay ou de jeu en ligne. Si une telle constatation plaçait déjà le titre dans la catégorie des productions « sympas mais sans plus » de la PS3, sa réalisation l’enfonce malheureusement encore un peu plus… Tout démarrait pourtant sur des bases presque correctes : nos premiers pas en Irak laissaient apparaître des personnages (alliés comme ennemis) modélisés de manière acceptable, et des décors qui, sans être extrêmement détaillés, suffisaient à offrir un champ de bataille convenable. La gestion de la lumière s’avérait correcte, et on espérait que l’Unreal Engine 3 utilisé ici saurait se montrer aussi convaincant que dans le récent Unreal Tournament III. On était d’ailleurs plutôt séduit par l’interactivité avec le décor : bien que partielle (les lampes restent par exemple indestructibles !), elle nous permettait de réduire en miettes différents objets d’une rafale de mitrailleuse, un point toujours apprécié dans ce type de jeu. Il convient toutefois de préciser que l’on notait déjà quelques textures un peu grossières et des ombres particulièrement aliasées. A vrai dire, on aurait pu se contenter d’un tel rendu, oscillant entre moyen et correct, c’est-à-dire dans la lignée du reste du jeu. Là où les choses se sont gâtées, c’est lorsque nous avons du subir notre premier chargement alors que nous traversions un canyon pour nous rendre d’un point à un autre du niveau : durant près de dix secondes, nous avons du patienter face à un écran figé que la console finisse de charger le lieu qui nous attendait au détour d’un rocher… Plus loin dans l’aventure, les développeurs ont tenté de masquer ces fréquents chargements par un jeu de double portes (vous passez une porte, elle se referme, et la seconde ne s’ouvre que lorsque le niveau est en mémoire !) franchement décevant lorsqu’on sait de quoi la PS3 est capable si l’on prend la peine d’utiliser un système de streaming… Mais le pire était à venir : assez rapidement, nous avons constaté que la vitesse d’animation était loin d’être irréprochable, ayant bien du mal à rester fixée à 30 images par seconde pour parfois descendre si bas que l’on avait plus l’impression d’assister à un diaporama que de jouer à un jeu vidéo ! En progressant à travers les différents niveaux, le défaut s’est fait de plus en plus présent jusqu’à vraiment gêner durant certaines séquences, empêchant de viser correctement les ennemis. Pour ceux qui trouvaient les ralentissements de Half-Life : Episode 2 trop prononcés, sachez que ceux présents ici sont plus fréquents, et parfois bien pires ! Pour couronner le tout, les phases se déroulant en extérieur, souvent à bord de la jeep ou de l’hélicoptère, souffrent d’un pop-up assez prononcé qui fait apparaître d’un coup les objets distants, un défaut qui nuit encore un peu plus au rendu global du jeu. Il faut toutefois concéder que tout n’est pas à jeter dans la réalisation de BlackSite puisque les boss gigantesques auxquels on devra faire face sont plutôt impressionnants, notamment celui qu’il nous faut affronter à bord de l’hélicoptère. Terminons avec la performance sonore, plus convaincante : les effets utilisés s’avèrent en effet plutôt réussis en regard du reste du jeu, et les dialogues en français sont corrects même si certaines répliques au ton un peu trop appuyé poussent à sourire. Les musiques enfin sont relativement discrètes, ne se faisant réellement entendre, de manière judicieuse, qu’à certains moments bien particuliers. test écrit par Eric Graphismes
4 Si certaines scènes sont agréables à regarder, le jeu offre trop souvent des textures peu détaillées, un clipping féroce et d'énormes ralentissements pour vraiment séduire.Jouabilité
4 Un FPS des plus classiques dont certaines orientations laissent dubitatif : on se demande par exemple pourquoi notre personnage ne peut ouvrir les portes lui-même et l'on regrette les commandes utilisées pour le pilotage des véhicules.Son
6 Les doublages en français remplissent leur rôle et les effets sonores sont peut-être le point le plus réussi du jeu. Les musiques d'ambiance sont discrètes mais efficaces.Durée de vie
5 Il vous faudra à peine huit heures pour boucler le jeu dans le mode de difficulté par défaut. Les options multijoueurs pourraient prolonger quelque peu le plaisir si les serveurs n'étaient pas déserts.Fun
4 En raison de son classicisme étonnant et de ses fautes techniques, BlackSite ne parvient jamais vraiment à plonger le joueur au cœur de son histoire. Quelques moments valent la peine d'être vécus mais ils restent bien trop rares à notre goût.
• Quelques passages impressionnants
• Une technique trop à la traîne Verdict : 4.5Extrêmement convenu dans son déroulement et dans les phases de jeu proposées, BlackSite souffre avant tout d'une réalisation technique à la traîne et d'un gameplay basique dans lequel on ne retrouve pas toutes les subtilités des références du genre, loin s'en faut. Si l'on ajoute à cela une faible durée de vie et le fait que les serveurs soient si vides que les options multijoueurs s'avèrent inutiles, on comprend rapidement que le titre de Midway ne pourra séduire que les fans de FPS qui auraient réussi à terminer tous les autres représentants du genre sur PS3. Autant dire peu de monde. |
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