l'actualité PS2, PSP et PS3 de Sony

Army of Two

Army of Two

publié le 18 mars 2008
  • 06/03/2008
  • 04/03/2008



Introduction, Gameplay

La coopération a le vent en poupe. Alors que les joueurs ne jurent que par elle, EA nous offre de ses studios Army of Two qui, sur le papier, semble promettre le partage d’une expérience vidéoludique comme aucun autre titre n’a su le faire auparavant.
 
Lors de son annonce, Army of Two avait tout pour devenir une référence sur les plateformes nouvelle génération. Au fil du temps, le titre semblait perdre de sa superbe, sans vouloir nous en révéler d’avantage.La guerre encore et toujoursC’était couru d’avance. De nos jours, la proportion des jeux de guerres sortant des bureaux de développement est effarante. Une véritable invasion. Il va falloir s’y faire, car visiblement, lorsque l’on joue aux jeux vidéo, on est forcement amateur de gros durs surarmés et de fusillades en tout genre. En même temps, ces jeux rencontrent un succès commercial indéniable, alors comment les blâmer ? Enfin, mettons cela de coté. Une fois de plus, Army of Two est un jeu qui s’articule autour de la guerre dite moderne, entendez par la celle de l’Amérique contre l’empire du mal. Cependant, l’armée n’est plus sous le contrôle strict de l’Etat : de multiples cellules privées, au fonctionnement assez étonnant, ont vu le jour. Le principe est d’envoyer des hommes remplir des objectifs improbables et bien trop dangereux, en échange de sommes d’argent ahurissantes. Et forcément, on incarne un valeureux mercenaire d’une de ces entités. Mais cette fois, c’est différent. On n’est plus seul contre le monde, mais plutôt la moitié d’un duo inséparable. Army of Two est entièrement articulé autour de cette coopération entre ces deux hommes, coopération indispensable à leur survie sur les territoires ennemis.A la recherche de la complicitéUne fois sur le terrain, le principe du jeu se révèle assez clairement. On contrôle l’un des deux membres du duo, et pour remplir les différents objectifs la communication se révèle indispensable. On peut demander à notre camarade de nous couvrir en restant planqué derrière un muret, d’aller faire le ménage ou encore de nous suivre tout bêtement. Mais le système de coopération ne s’arrête pas là. Le jeu est en réalité basé sur l’agressivité de chaque mercenaire. Plus l’un des deux est agressif, plus il va attirer l’attention des ennemis. Et c’est sur ce point que se situe toute la subtilité d’Army of Two. Imaginons qu’une vague d’ennemis armés jusqu’aux dents se présente. On demande alors à notre coéquipier de nous couvrir mais de manière agressive. En agissant ainsi, les ennemis se concentreront sur lui, ce qui nous permet de les prendre à revers sans qu’ils s’en rendent compte. L’inverse est également possible. Si l’on est l’agresseur, on peut entrer dans une sorte de furie qui nous permet de fusiller à tout va avec le ralenti qui va bien, comme on pourrait le faire dans Stranglehold. Si l’on est celui qui est couvert, et que notre collègue s’acharne sur les ennemis pendant un temps prolongé, les ennemis sont tellement concentrés sur lui que l’on devient invisible une dizaine de seconde. Pendant ce temps, on est également dans une sorte de furie au ralenti, qui permet de réaliser un carnage.

Une jauge permet de déterminer celui des deux qui est le plus agressif. Toutefois, en solo, elle ne sert pas à grand-chose puisque c’est à nous de lui dire d’agir de manière agressive ou non, et à nous de notre coté de tirer sans cesse pour le devenir. Lorsqu’on l’est suffisamment, un halo rouge nous entoure.

Army of Two - 1  Army of Two - 2  Army of Two - 3  Army of Two - 4

Mais la coopération ne s’arrête pas là. Lorsque l’on prend des coups, il faut songer à se planquer pour récupérer notre énergie. On a également la possibilité de faire le mort et attendre que la jauge remonte, cependant on ne peut pas le faire plusieurs fois contre la même vague d’ennemis, qui ne se laisseront pas bernés deux fois de suite. Si l’on est à terre et blessé, notre collègue peut venir à la rescousse et nous fournir les soins adéquats. Il faut toutefois qu’il nous traine dans un endroit sûr pour pouvoir le faire. Si c’est lui qui est blessé, il nous l’avertira, et ce sera à nous d’aller le guérir. L’avantage c’est que pendant que l’on est blessé, ou que l’on est trainé par son collègue, on peut continuer à liquider nos ennemis. Par contre, l’intelligence artificielle montre ses limites, puisqu’il arrive que notre sauveur nous traine dans un endroit complètement à découvert. Les ennemis ne cesseront donc de lui tirer dans le dos alors qu’il tente désespérément de nous soigner sans succès, plutôt que de nous emmener dans un autre endroit plus sûr. Et on ne peut rien faire d’autre que le voir se prendre un maximum de dégâts avant d’entraîner notre mort.

Autre possibilité : faire un tir synchro avec notre camarade, pour viser, par exemple, une cible qu’on ne voudrait pas manquer, puisque les dommages sont garantis. Il suffit pour cela de faire appel à lui et on se retrouve avec l’écran scindé en deux, avec d’un coté notre viseur et de l’autre le sien. Une fonction sympathique mais dont l’intérêt est finalement assez limité. Dans la gamme des options inutiles : celle d’échanger les armes. Cela peut paraître intéressant, mais comme on dispose de trois types d’armes différents, supérieures à ce qu’il possède, et que les munitions manquent rarement à l’appel, on ne s’en servira pas souvent. Dans la même veine, la possibilité d’exprimer sa joie ou son mécontentement envers lui. Que l’on fasse l’un ou l’autre, c'est-à-dire le saluer ou lui déformer la joue, cela n’aura aucun impact dans le jeu.Un grand couloirD’autres actions sont réalisables, celles-ci liées à notre situation. Les environnements parcourus sont souvent chaotiques, et par moment il sera possible de se faire la courte échelle pour atteindre une plateforme située en hauteur. Il est également possible de ramasser certains éléments du décor, comme une portière de voiture ou une plaque de métal pour s’en servir comme bouclier. Pendant qu’on s’occupe de le diriger dans la direction de nos ennemis pour se protéger des balles, notre acolyte en profitera également en se plaçant derrière nous, tout en ouvrant le feu, le bouclier le protégeant pendant qu’il recharge. Il arrivera, dans certaines missions, que l’un des deux soit au contrôle d’un équipement tel qu’un parachute. Pendant que l’un ou l’autre le dirige, celui qui a les mains libres en profitera évidemment pour faire du nettoyage.

Avec tous ces éléments, on a presque fait le tour des possibilités offertes par Army of Two. Il ne reste plus que la possibilité de se mettre dos à dos, qui est proposée de temps à autres suivant un script. Dans cette situation, on se retrouve au centre d’une zone remplie d’ennemis, dos à dos évidemment, chacun s’occupant de mitrailler la où l’autre ne tire pas.

Army of Two - 5  Army of Two - 6  Army of Two - 16  Army of Two - 17

Cette dernière implémentation révèle malheureusement l’aspect entièrement scripté, encadré et limité de ce titre. On ne peut pas réellement faire ce que l’on veut, puisque la seule liberté offerte est celle de chercher dans les coins si des objets, permettant d’encaisser une somme d’argent supplémentaire, n’y sont pas cachés. Cet argent servira à acheter une nouvelle arme ou améliorer celle que l’on possède. Une possibilité que l’on apprécie, bien que l’on puisse facilement finir le jeu avec les mêmes armes qu’au départ, même si c’est moins amusant. Tout le reste suit une ligne directrice, qui est clairement indiquée par le GPS que l’on équipe dès le début du jeu. Lorsqu’on l’enclenche, on voit apparaitre toutes les cibles de la mission, le chemin à suivre, et même les indications pour  y parvenir, comme l’endroit exact où l’action « courte-échelle » peut être effectuée, réduisant alors considérablement la difficulté de la progression dans les niveaux, déjà fortement linéaire. Lorsque l’on ajoute cela aux aspects plutôt inutiles de la coopération, on est en droit de se demander ce qu’Army of Two propose réellement de plus que les autres.


Mode coopératif, Réalisation, Conclusion

Oublions l’IAHeureusement, un élément vient sauver le titre de la banalité : la coopération en écran splitté ou en ligne. Peut importe la méthode, cette option offre la possibilité de jouer le mode solo en compagnie d’un autre humain. Et là, presque tout prend son sens : échanger son arme permet d’offrir à son collègue une arme modifiée en échange de la sienne, pour l’aider ou pour le plaisir, et être soigné ne devient plus un calvaire puisqu’il saura choisir correctement la planque idéale. L’échange est nettement plus concluant, les stratégies employées beaucoup plus intéressantes par l’intermédiaire de la gestion de l’agressivité : c’est déjà beaucoup mieux ! Cependant, cela n’enlève évidemment pas l’aspect simple et scripté du jeu.

Army of Two - 7  Army of Two - 8  Army of Two - 9  Army of Two - 10

D’autres modes de jeu en ligne sont également proposés à travers un mode duel. Trois types de missions sont réalisables : l’extraction, l’élimination, ou un mélange des deux, le tout avec la possibilité de se lancer dans une partie classée. Mais malheureusement, ce mode semble avoir été inclus hâtivement puisqu’il ne propose en tout et pour tout que quatre maps différentes, et qu’il n’est possible de jouer qu’en duo contre duo. On aurait aimé jouer plus nombreux et surtout avec plus de variété, ce qui reste toutefois imaginable par la suite par des ajouts supplémentaires via le PSN. Malheureusement, en l’état actuel, le jeu se révèle limité puisque, en plus du mode solo qui ne dure qu’une demi-douzaine d’heure, le mode duel en ligne est tout aussi limité. On en fera donc vite le tour. Reste la coopération online qu’on aimera mais qui, puisque le jeu ne change pas, n’offre pas une extension du temps de jeu digne de ce nom.Les couleurs de la guerreLes premières images du jeu étaient plutôt impressionnantes. Dans sa version finale, Army of Two ne l’est plus vraiment. Si le jeu est loin d’être laid, il ne révolutionnera pas l’univers du jeu vidéo par ses graphismes. Les environnements ne sont pas particulièrement vastes et détaillés, les effets sont assez sympa mais n’ont rien de renversant, et certaines textures font pales figures, le tout servi avec des coloris ternes dont on a l’habitude. Par contre, la modélisation des deux héros est appréciable tout comme celle des ennemis, et l’animation de tout ce beau monde l’est tout autant. La fluidité du jeu fait également parti des points positifs du titre.

Concernant la partie audio d’Army of Two, l’ensemble des dialogues ont été doublés en français. Il faut donc s’attendre à des échanges à la fois crus et creux dont on a l’habitude avec ce genre de jeu. Lors des cut-scènes, la synchronisation entre le son et l’image n’est pas toujours idéale, ce qui donne une impression de manque de finition au jeu. Pour ce qui est de la musique qui nous accompagne lors de nos escapades meurtrières, on peut clairement parler de redondance. Enfin, notons que les bruitages sont correctes bien qu’assez répétitifs, tout comme les mots lâchés ici et là par le duo de choc ou encore par les ennemis.

Army of Two - 10  Army of Two - 14  Army of Two - 15  Army of Two - 20

Au final, Army of Two n’est pas un mauvais titre à ranger au placard. Il ne tient toutefois pas la promesse faite lors de son annonce, en manquant de profondeur là où il était attendu. Une expérience assez courte qui peut se prolonger, un peu plus, une fois en ligne. On retiendra le plaisir offert par la campagne en compagnie d’un autre joueur, qui malheureusement trouve ses limites dans la variété et la durée de vie offertes par le titre.
test écrit par Halouf
Graphismes
7
Fluide, l'ensemble est correct et cohérent. Les textures sont parfois grossières.
Jouabilité
7
Un démarrage un peu rapide qui permet toutefois d'assimiler la prise en main correctement. La profondeur des actions n'est toutefois pas concluante.
Son
6
On note une certaine redondance et quelques soucis de synchronisation dans les cut-scènes.
Durée de vie
5
Un mode solo qui nous prendra 5 à 6 heures, et un mode en ligne pas vraiment complet. Reste la coopération, très appréciable.
Fun
7
Le jeu offre son lot de plaisir, même s'il est marqué par sa linéarité et son manque de variété.

• La coopération en ligne
• De bonnes idées

• Court
• Manque de profondeur
• Mode duel en ligne peu garni

Verdict :
6.5

Army of Two est un bon titre qui se lance, timidement, sur le chemin de la coopération. Un premier jet qui manque de profondeur mais qui offre toutefois de bonnes idées. On regrettera que celles-ci n'aient pas été complètement exploitées, et que les modes de jeu en ligne proposés soient, tout comme la campagne solo, limités.



Retrouvez les tests de jeux vidéo des consoles SONY sur www.PlayFrance.com et sur les sections PS2, PSP et PS3