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The Bouncer

The Bouncer

publié le 12 avril 2003
  • 20/06/2001
  • 03/2001

On se disait qu’avec l’expérience que s’était forgé Dream Factory au cours de ces dernières années, The Bouncer avait toutes les chances de devenir un hit. Qui était mieux placé que cette équipe de développement pour faire un bon beat’em all en 3D ? Les modes aventure de Tobal 1, 2 et Ehrgeiz étaient très bien conçus, il ne leur manquait que deux choses : des beaux graphismes et des scénarios bétons. En toute vraisemblance, la PlayStation 2 arrivait à point nommé pour leur permettre de créer LE beat’em all capable de redonner les lettres de noblesse à ce genre marginalisé après l’ère des 16 bits. Malheureusement The Bouncer est bien loin de cette ambition !

Pourtant au point de vue du scénario, The Bouncer fait mieux que les mythiques Street of Rage ou Final Fight qui ne proposaient que des histoires bidons. Même si le scénario de The Bouncer est un peu plus recherché et contient quelques rebondissements, l’objectif est des plus basiques : sauver une jeune fille kidnappée. Ici la victime est Dominique Cross, une adolescente pleine de vie et d’insouciance qui part rendre visite à trois de ses amis, videurs au bar " The fate ". A peine arrivée sur les lieux, Dominique se fait enlever par le gang Mikado aux désespoirs des trois héros qui s’empressent vite de tout mettre en œuvre pour l'arracher des griffes de la bande.

Bien que tous acquis à la même cause, les trois compères sont radicalement opposés les uns des autres, avec leurs styles très différents:

Sion Barzahd est le jeune du groupe, aussi agile avec les mains que les pieds, il compte davantage sur sa technique que sur sa puissance. Il est le fiancé de Dominique.

Kou Leifoh est adepte du tatouage, sa peau en est ornée de partout. Il tient le rôle du petit blagueur de service. Sa technique de combat repose sur le TaeKwondo.

Volt Krueger incarne le gros balaise de la bande qui use principalement de sa force, ses coups sont approximatifs mais efficaces. Toujours sérieux, son sang froid à tout épreuve fait de lui le sage de l’équipe. Volt est un grand amateur de piercing.

L’aventure permettra aux héros d’en connaître un peu plus sur le tragique passé de Dominique et sur ses liens avec la Mikado Corporation. Cette organisation a pour but de lancer un satellite en orbite afin d’absorber les rayons solaires et les transformer en énergie pour la vendre ensuite, faisant de Dauragon, le chef de la société, l’homme le plus puissant du monde. Ce dernier est protégé par une armée et par plusieurs bras droits (Kaldea, Echidna, Mugetsu) que vous devrez tous éliminer...

Fidèle à eux mêmes, Dream Factory ne se sont pas limités à offrir un unique mode Story, non, il faut aussi compter sur un mode Survival où le but du jeu est de vaincre un maximum d’ennemi à la suite avec une seule petite barre d’énergie. Un autre mode permet de jouer jusqu’à trois via le multi-tap. Enfin vous aurez tous compris que c’est dans le mode Story que le jeu prend toute sa valeur, ou devrais-je dire est censé prendre toute sa valeur. Car au bout de quelques minutes de jeu, on se rend vite compte que l’action n’est pas au rendez-vous, un vrai comble pour un beat’em all !! En effet, tout commence par une époustouflante introduction en images de synthèse, jusque là rien d’anormal, mais celle-ci est enchaînée par une scène en 3D pré-calculée, où là encore le joueur ne revêt qu’un statut de spectateur. S’en suit une scène de combat de quelques minutes où enfin il est possible de jouer, mais la lutte ne dure qu’à peine quelques minutes pour à nouveau laisser place à de la synthèse et à des scènes pré-calculées. Le schéma est toujours le même : beaucoup de spectacle et un peu de combat. Ajoutez à cela quelques temps de chargement et une fois fini le jeu en à peine 2h30, on réalise qu’on a vraiment joué pendant une heure, le reste du temps étant consacré à regarder passivement la télé. Très frustrant… D’autant plus qu’on nous promettait 20 heures de jeu.

Pourtant les combats sont très complets pour un beat’em all. Bien sûr vous évoluez à trois, un personnage étant dirigé par le joueur et les deux autres par la console. A chaque début d’affrontement, vous avez la possibilité de choisir votre combattant. Cette sélection est intéressante car à un moment de la partie, les trois héros seront enfermés chacun dans une cellule différente, alors suivant la personne choisie le déroulement de l’histoire changera.

Chaque personnage possède un large panel de prises, qu’il est possible d’élargir en achetant des coups grâce aux points accumulés pendant les combats. Ces point peuvent aussi servir à agrandir la barre d’énergie, de power, et de défense de chaque combattant. Alors pour posséder l’éventail complet des prises, il faudra dépenser beaucoup de points et donc terminer le jeu un certain nombre de fois, encore faut-il en avoir le courage… Une fois que vous aurez gagné les plus grosses prises, il sera même possible de réaliser une projection à trois dévastatrice vraiment impressionnante, où les trois héros se lancent tour à tour la pauvre victime. Cette scène est très bien réalisée avec des plans de caméra parfaitement choisis et des effets spéciaux qui pimentent le tout.

Niveau graphisme il n’y a rien à ajouter, c’est du très grand art ! Que ce soit au niveau des décors ou des personnages ou de la mise en scène, tout est parfait. La frontière entre séquences en synthèse et 3D temps réel n’a jamais été aussi mince. Dommage que l’intérêt n’égale pas le niveau atteint par l’esthétisme du jeu, on est presque écœuré de voir de si beaux graphismes au service d’un jeu si court. Quel gâchis ! En même temps cela augure de très belles perspectives pour les jeux d’aventure comme Final Fantasy X du même éditeur.
L’animation aussi est excellente, la motion capture joue bien son rôle, différents types d’arts martiaux sont représentés à travers les personnages du jeu. En plus il n’y a pas l’ombre d’un ralentissement durant toute l’aventure, très agréable.

On peut également attribuer un autre point positif pour la maniabilité, la fonction analogique des boutons de la Dual Shock 2 est merveilleusement mise à contribution. Suivant la force exercée sur les touches, les coups sont différents. On arrive à un total de huit coups de base qui peuvent être réalisés grâce aux quatre boutons (carré, triangle, rond, croix). Un ingénieux moyen de doubler le nombre des boutons de la manette. En plus les développeurs ont pensé à tout puisqu’il est possible de régler dans les options la puissance de la force à employer sur la touche. Les jeunes joueurs et les plus virulents d’entre nous pourront ajuster la manette à leur guise. En contre partie ce système oblige à jouer exclusivement avec des Dual Shock 2, donc les parties à trois demanderont forcément trois manettes.

Question bande son, pas grand chose à dire si ce n’est que les musiques et les bruitages sont bons. A noter que pour la première fois un jeu propose du son au Dolby Digital 5.1 (seulement pour les scènes en synthèse). Le format DVD-Rom permet d’avoir des dialogues parlés durant les séquences pré-calculées. On peut même choisir la langue (japonais ou anglais) dans les options, bonne initiative.

Mais voilà donc le gros point faible du jeu : la durée de vie. Elle est beaucoup trop insuffisante pour justifier l’achat du jeu au prix neuf. La difficulté relativement faible ne parvient même pas à rallonger la durée de vie. Ceux pour qui la répétitivité ne rebute pas, pourront toujours s’amuser à débloquer tous les personnages cachés et faire évoluer au maximum les combattants.

The Bouncer - 4 The Bouncer - 5 The Bouncer - 8 The Bouncer - 10 The Bouncer - 6 The Bouncer - 1 The Bouncer - 3 The Bouncer - 7 The Bouncer - 9 The Bouncer - 2
test écrit par Burny
9
Graphismes
7
Jouabilité
8
Son
1
Durée de vie
Verdict :
3.5

Des graphismes exceptionnels et des bonnes idées gâchés par une durée de vie cruellement pauvre. The Bouncer peut mériter votre attention en occasion mais certainement pas au prix neuf. Finalement The Bouncer ne participera pas à la réhabilitation du beat’em all dans le paysage vidéoludique, au contraire, il enfonce ce genre encore un peu plus profondément dans l’oubli. L’avenir nous dira si Dream Factory ne s’est pas transformé en Nightmare Factory…


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