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![]() Shin Megami Tensei III : Nocturnepublié le 11 juillet 2005
Jusqu’alors délaissé, le Vieux Continent accueille en cette année 2005 son troisième gros RPG après Suikoden IV et Shadow Hearts 2. Intégralement traduit dans la langue de Molière et proposant de surcroît un mode 60hz, Shin Megami Tensei Lucifer’s Call dispose d’ores et déjà de sacrés atouts. Et ce n’est pas tout !On aurait dit un jour comme les autres…L’histoire débute assez classiquement alors qu’un jeune lycéen, en route pour l’hôpital de Shinjuku où il doit retrouver quelques amis et rendre visite à un professeur malade, s’endort dans une station de métro et fait un étrange cauchemar dans lequel le monde court à sa perte. A son réveil, troublé, il retrouve ses camarades dans un hôpital désert. Alors qu’ils partent à la recherche de leur professeur chacun de leur côté, le héros tombe sur un homme étrange et effrayant qui lui décrit avec exactitude le rêve qu’il a fait quelques heures auparavant. Troublante rencontre qui en précède d’autres, une vieille femme accompagnée d’un enfant, et surtout le professeur, sur les toits de l’hôpital qui semble attendre avec impatience un événement fondamental : la Conception ; la destruction du monde avant sa renaissance. Impuissant, le héros assiste alors à la destruction de Tokyo et à la mort de millions d’innocents. Devant ce spectacle effrayant, il perd connaissance et c’est alors que réapparaît le mystérieux enfant pour lui souffler un mot étrange au creux de l’oreille : Magatama. Alors qu’il se réveille, pensant n’avoir fait qu’un terrible cauchemar, le héros découvre que le monde a changé, que son apparence a changé. Pendant son sommeil, il a été transformé en démon et il est maintenant entouré des âmes des morts et de terribles démons, lesquels se nourrissent du Magatsuhi, les éléments de vie. C’est alors que débute une quête de longue haleine dans laquelle le héros cherchera les réponses à ses multiples questions. Mais pour cela, il lui faudra trouver des alliés puissants…Attrapez les tous !Ces alliés, ce sont tout simplement les démons qui peuplent cette nouvelle Terre, ces ennemis qui tentent par tous les moyens de mettre fin à votre vie. Bien qu’il soit devenu lui aussi un démon, ses forces ne sont au début pas suffisantes pour contrer les nombreuses attaques ennemies et c’est tout logiquement qu’il devra se tourner vers ses adversaires pour s’en faire des amis. Pour ce faire, il faut suivre une démarche assez simple mais dont les effets ne sont pas toujours garantis. Il faut en effet prendre en compte le cycle du Kagutsuchi, lequel peut être assimilé à un cycle lunaire. Lorsque la « lune » est pleine, toute conversation avec les démons ennemis devient alors impossible. Attention donc au Kagutsuchi lors de votre quête d’alliés ! S’il intervient dans le déroulement de votre recrutement, le Kagutsuchi ne peut être exclusivement retenu responsable de l’échec des négociations. Pour recruter un démon, le héros dispose d’une option Parler, laquelle permet alors d’entamer des négociations qui peuvent parfois devenir âpres ! Certains démons se méfient de vous et réclameront de nombreux objets pour essayer de jauger l’intérêt que vous leur portez. Il s’agit le plus souvent de Pierre de Vie, Goutte de Chakra ou tout simplement de Maccas (la monnaie locale). Certaines recrues coûteront parfois très cher et ce en vain puisque si les objets permettent d’acheter les services d’un démon, ils ne sont pas toujours suffisants et une question d’ordre philosophique viendra parfois conclure les débats. Attention à votre réponse, puisque celle-ci conditionne le recrutement ou non de votre cible. Au final, le recrutement des démons est assurément un des points forts du titre. Le hasard occupe une place importante dans la décision des démons et c’est un peu ce qui rend le système prenant. Quelle joie de voir un démon nous rejoindre après des négociations difficiles ! Signalons qu’il sera également possible de recruter au cour de l’aventure un certain Dante, qui fait ici une infidélité à Devil May Cry pour chasser les démons dans un monde qui n’en manque pas !Un système d’évolution à double tranchantComme tout jeu de rôle qui se respecte, Shin Megami Tensei Lucifer’s Call propose un système d’évolution des statistiques du personnage principal et des démons recrutés. Au total, ce sont cinq caractéristiques qui peuvent évoluer : la Force qui affecte la puissance des attaques physiques, la Magie qui augmente le nombre de PM, la Vitalité qui octroie des PV supplémentaires, l’Agilité qui modifie l’ordre d’attaque lors des combats et enfin la Chance qui multiplie les possibilités d’attaquer en premier. Ces cinq statistiques vitales concernent aussi bien le personnage principal et les démons qu’il recrute mais leur évolution suit un cheminement différent.
L’évolution du héros est assez classique et loin d’être palpitante. Comme dans tout RPG, la victoire lors d’un combat se traduit par le gain de points d’expérience, leur nombre dépendant le plus souvent de la force, du nombre d’ennemis et aussi du niveau actuel du personnage. Dès qu’il atteint un total prédéfini, le joueur change de niveau et gagne alors la possibilité d’augmenter d’une unité l’une des cinq statistiques. C’est aussi simple et limité que ça ! Heureusement, la gestion du personnage est rendue plus intéressante grâce aux Magatamas, de petits parasites qu’il faut ingurgiter et qui confère au héros des pouvoirs bien spécifiques. Ainsi, les Magatamas influent directement sur vos stats personnelles en modifiant de plusieurs unités Force, Magie etc et surtout vous octroient le plus souvent une résistance à un sort bien particulier (attaques physiques, électricité, feu…). Revers de la médaille, les Magatamas se traduisent aussi par un point faible, lequel peut inverser rapidement le cours d’un combat pour peu que l’ennemi dispose du sort concerné… La gestion des démons est un peu similaire. L’expérience acquise lors des joutes leur permet également de grimper en niveau et de changer leurs statistiques, à la différence près que ce n’est pas le joueur qui choisit quelle caractéristique il veut modifier, mais la console qui le fait pour lui. Cette gestion la aussi très simplifiée est heureusement renforcée par la possibilité de fusionner plusieurs montres entre eux et ce afin d’obtenir un démon encore plus puissant. L’évolution des monstres étant très lente, la fusion devient un passage très vite obligatoire. En passant par la cathédrale des ombres, vous aurez alors la possibilité de sélectionner deux démons pour donner naissance à un troisième plus puissant, lequel bénéficiera de ses propres pouvoirs mais aussi de pouvoirs hérités de ses « parents ». Petit conseil, privilégiez la fusion lors de la pleine lune, histoire de conserver les meilleurs pouvoirs et pourquoi pas faire intervenir, en sacrifice, un troisième démon. La fusion est également un excellent moyen de réduire les démons à votre service et de libérer ainsi une nouvelle place pour une future recrue. En effet, les monstres à votre service sont en nombre limité. Enfin, comme dans le RPG Pokemon, il arrive que certains monstres changent d’apparence dès qu’ils atteignent un certain niveau. Ce changement s’accompagne d’un gain non négligeable de puissance et de pouvoirs. Enfin, et ceci est commun au personnage principal et à ses démons, tout changement de niveau peut s’accompagner de l’apprentissage d’un sort. Ce dernier peut alors utiliser PM ou PV et infliger toute sorte de dégâts. Il peut s’agir d’attaques élémentaires (Electricité, Feu, Glace) ou d’effets secondaires : réduire la visée d’un ennemi, son attaque ou sa défense, l’empoisonner etc. Enfin, d’autres pouvoirs concernent plus directement les capacités du héros ou des démons. Ainsi, certains sorts permettent d’augmenter le nombre de PM ou de PV, voire d’augmenter la Force ou encore de restituer des PV à la fin d’un combat ou des PM en marchant. Finalement, si la gestion des stats est assez classique et décevante, les développeurs ont compensé cette relative faiblesse en enrichissant la gestion des personnages de manière convaincante.Une esthétique agréable à l’œilSur le plan visuel, le titre d’Atlus mêle l’originalité à la sobriété. C’est un fait, Shin Megami Tensei Lucifer’s Call ne peut pas se targuer d’être une vitrine technologique pour la Playstation 2 comme peuvent l’être certains titres de Square-Enix. Néanmoins, le charme opère et l’on est très vite conquis par l’esthétique surprenante du jeu. Tout d’abord, les personnages jouissent d’un rendu en cell-shading vraiment intéressant, donnant l’impression lors des cinématiques d’assister à un véritable dessin-animé japonais. Les personnages et démons que l’on croise bénéficient d’un design très travaillé et unique, une sacrée performance quand on sait que le jeu comporte des dizaines de monstres capturables et autres personnages secondaires. Les décors n’ont pas été délaissés et retranscrivent à merveille une atmosphère inquiétante et lugubre. Le monde des démons est parfaitement mis en images. Les sorts magiques lors des combats restent visuellement réussis, même s’ils restent finalement très sobres. Un défaut qui concerne également les environnements du titre, assez répétitifs (il s’agit le plus souvent d’interminables couloirs), peu détaillés et surtout à l’aliasing parfois très prononcé. Enfin, la carte du jeu n’est clairement pas un modèle d’ergonomie. Cette dernière est immense et peu lisible : quelle idée d’indiquer les lieux que l’on peut visiter en rouge alors que l’ensemble baigne dans un halo lumineux rose-orangé ! Mis à part ces quelques légers défauts, l’enveloppe graphique du titre reste vraiment intéressante et confère un cachet unique à cette production qui se démarque ainsi des autres jeux du genre par son univers et sa réalisation.Un jeu long et complexePour finir ce test, attardons-nous sur la durée de vie du titre. Si Suikoden IV nous avait déçu par son scénario assez court, le RPG d’Atlus propose une aventure de longue haleine. Il faudra au minimum entre 50 et 60 heures de jeu pour espérer voir la fin. Selon votre niveau, la durée de vie grimpe facilement de plusieurs dizaines d’heures. Shin Megami Tensei n’est pas un jeu aisé et la difficulté est réellement au rendez-vous. Les niveaux sont immenses et prennent le plus souvent l’allure de gigantesques labyrinthes. De plus, selon vos choix, plusieurs fins s’offrent à vous et toutes les découvrir allongera donc considérablement la durée de vie du titre. Enfin, si le jeu est long, c’est avant tout par son extrême difficulté : jouer à Lucifer’s Call n’est pas une partie de plaisir et mettra vos nerfs à rude épreuve. Les combats sont très nombreux (il peut y en avoir un toutes les 5 secondes !) et suffisamment ardus pour décourager les joueurs débutants. Les amateurs de level-up s’en donneront à cœur joie mais ce n’est pas pour autant une garantie de réussite. Pour espérer gagner les combats, il faut comprendre la tactique à adopter et la mettre en pratique. Chaque démon, chaque boss possède un point faible et c’est cette faiblesse qu’il faut à tout prix exploiter pour espérer le laminer (c’est surtout vrai pour les boss). Il faut alors s’équiper du bon Magatama (on le sait malheureusement après une première défaite) et s’entourer de démons résistants aux sorts et/ou disposant des aptitudes capables de faire de lourds dégâts. Le système de combats est assez classique dans son déroulement mais selon vos capacités, il peut varier d’un extrême à un autre. Si vous disposez d’un sort, point faible d’un ennemi, vous multipliez les chances de faire des coups critiques et surtout de gagner des tours. A contrario, si un ennemi est immunisé contre le feu et que votre premier coup sera un sort de feu, tous les tours suivants seront annulés et l’ennemi prendra immédiatement la main. Ceci peut paraître anodin, mais les combats peuvent largement basculer sur ce genre de petits détails ! D’autres éléments viennent parfois ponctuer les joutes, comme un démon ennemi qui essaie de vous acheter pour que vous lui épargnez la vie. Amusant ! test écrit par Olivier 7 Graphismes8 Jouabilité8 Son8 Durée de vieVerdict : 7.5Shin Megami Tensei Lucifer’s Call n’est pas un RPG à mettre entre toutes les mains et se démarquent des autres représentants du genre sur de nombreux points. Tout d’abord, l’esthétique du jeu est assez particulière, l’univers est sombre, lugubre et peu coloré, le tout représenté dans un cell-shading conférant à l’ensemble un aspect dessin-animé franchement bienvenu. L’ambiance sonore suit cet aspect décalé et les musiques lugubres, à base d’orgue, peuvent laisser la place à des morceaux de guitare électrique assez surprenants de prime abord. La bande-son surprend, dans le bon sens du terme, et les différents thèmes (dont certains sont franchement excellents) collent dans l’ensemble parfaitement aux situations exposées. En revanche, on peut regretter le peu de bruitages et surtout le manque de voix digitalisées. Le système de combats, classique en apparence, se révèle très tactique et surtout d’une incroyable difficulté, tandis que le système de fusion des démons et la gestion des Megatamas viennent compenser quelque peu une évolution trop molle et trop classique du héros et ses alliés.<br /><br />Au final, Shin Megami Tensei Lucifer’s Call est loin d’être parfait, c’est une certitude. Néanmoins, de par son scénario et son univers très travaillé, il mérite au moins le coup d’œil, surtout qu’il est proposé par son éditeur Ubi Soft au prix de 45 euros ! |
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