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![]() Radiata Storiespublié le 10 octobre 2005
La qualité des RPG estampillés Tri-Ace n'est plus à prouver, et pourtant ce Radiata Stories a bien failli passer inaperçu aux Etats-Unis où il est finalement sorti cet été ! Mieux vaut tard que jamais ... Raison de plus pour vous en livrer le test import, en espérant que la France ne sera pas privée d'un jeu de rôles qui, s'il ne révolutionne pas le genre, a au moins le mérite d'être extrêmement plaisant !
L'intrigue se déroule autour de la ville fortifiée de Radiata, dont les alentours sont composés de nombreux petits villages peuplés par des humains, des nains, des elfes, des gobelins ou encore des orcs ! Sans aller jusqu'à vivre en harmonie, ces différentes races arrivent à cohabiter en s'évitant soigneusement ... Vous incarnez Jack Russell, dont le père n'était autre qu'un chevalier légendaire ayant terrassé seul le redoutable Dragon de l'Eau contre lequel il perdit néanmoins la vie. Accablée par la peine, sa mère ne mit pas longtemps à le rejoindre, aussi Jack et sa grande soeur Adèle se débrouillèrent seuls dans leur petit village. Arrivé en âge de prendre les choses en main et fier du tragique, mais ô combien glorieux, passé de son père, Jack se décida donc à suivre ses traces en rentrant à son tour dans l'Ordre des Chevaliers de Radiata ! Bien qu'il perdit au tournoi d'entrée, son nom lui permit néanmoins d'intégrer les rangs de la brigade Cochon Rose, aux côtés de Ridley, une noble jeune fille incroyablement sûre d'elle, et de Gantz Rothschild, capitaine de la brigade et également fils d'une légende vivante des Chevaliers de Radiata dont on a perdu toutes traces après la mort du père de Jack ... Cette brigade est une sorte de réserve, destinée aux missions de routine et permettant à ces jeunes chevaliers de s'épanouir en attendant d'intégrer des brigades plus réputées ! Aussi nos jeunes héros mèneront à bien de nombreuses missions jusqu'au jour où deux Orcs de Sang, bien loin de leur contrée habituelle, manqueront de tuer Ridley, sauvée in extremis par Lord Nogueira, un elfe ayant effectué le rituel de transpiritation au péril de sa vie ... C'est après cet événement pas si fortuit que Jack et Gantz seront exclus de l'Ordre des Chevaliers, l'un rejoignant les troupes de la Guilde du Théâtre Vancoor pour y effectuer au début de l'aventure des petits boulots, l'autre réduit à de menus larcins après avoir servi de capitaine aussi longtemps ...Bienvenue à Radiata ! Un scénario bourré de rebondissements et doté de multiples embranchements dans un univers haut en couleur, c'est ce que vous propose ce Radiata Stories. La mise en place de l'intrigue est un peu longue, il faut attendre une bonne demi-douzaine d'heures avant de pouvoir voguer librement dans la ville et ses environs. Le premier détail qui frappe est la fraîcheur du scénario : Tri-Ace nous livre un titre bourré d'humour essentiellement grâce à un nombre incalculable de personnages très crédible dans leur rôle respectif. Radiata Stories a été pensé comme un microcosme, et hormis le cycle jour/nuit qui revient invariablement, ce ne sont pas moins de 177 personnages (sans compter les gardes et autres personnages anonymes de second plan) qui vivent leur vie paisiblement, rentrent dans leur propre maison et vaquent à leurs occupations respectives toute la journée dans les différents quartiers de la ville. Et si je vous dis qu'avec plus ou moins de mal vous pourrez recruter l'intégralité de ces 177 personnages pour combattre à vos côtés, nombre d'entre vous penseront instantanément aux 108 étoiles de Suikoden, et vous n'auriez pas tort !Une réalisation technique sans faille Poursuivons dans ce qui contribue grandement à l'ambiance d'un jeu : sa réalisation technique ! Nous l'avons vu Tri-Ace est parvenu à créer un univers très riche, c'était sans compter sur l'habileté reconnue de ses développeurs pour nous enrober le tout avec un design pour le moins original, et servi par des textures très détaillées si bien qu'on a régulièrement l'impression d'avoir affaire à du dessin. La modélisation des environnements est la plupart du temps très poussée, avec une petite réserve concernant les intérieurs du château et quelques donjons qui ont souvent tendance à se ressembler d'une pièce à l'autre ... Sans être une vitrine technologique, Radiata Stories parvient tout de même à flatter la rétine à de nombreuses reprises avec des paysages très différents d'une région à l'autre. Un grand soin a été porté aux nombreux personnages du jeu, aussi on retombe vite dans les clichés liés à l'heroïc-fantasy avec des sorciers farfelus, des membres de Culte austères ou encore une pléiade de chevaliers au look ravageur, vêtus d'armures dantesques et d'épées démesurées ! Un gimmick déjà vu et revu maintes fois, mais qui cadre bien avec la légèreté du jeu, renforcée par des dialogues quasiment tous doublés et un script très porté sur l'humour et la dérision. Cela n'empêche pas le jeu d'être sérieux par moments, certains passages ne prêtant pas forcément à rire, mais le fait est qu'on rigole tout au long du jeu tant grâce aux dialogues, qu'aux mimiques des personnages et autres détails dans les décors ! Petit détail esthétique en passant, Jack changera d'apparence suivant l'armure qu'il porte. La bande-son est également de très bonne facture, outre des dialogues réussis et des voix crédibles, les thèmes sont également bien mis en valeur et toujours en rapport avec l'action, du très bon boulot en somme.Star Ocean Stories !C'est sûrement du côté du gameplay que ça pêche légèrement ... Les décors sont bien modélisés mais restent néanmoins très linéaires : que ce soit pour circuler dans la ville, visiter le château ou les régions alentours, vous ne pourrez jamais vous aventurer en dehors du chemin tracé ! Ce n'est pas plus dérangeant que cela, même si ce choix explique aussi en partie le très agréable rendu visuel dont bénéficie le jeu, au détriment d'une liberté d'action accrue. Le système de "kick" est à la fois nécessaire et ennuyeux à la fois : en appuyant sur la touche X vous pourrez donner un coup de pied dans les décors. Si cette action apparaît au premier abord anodine, les décors sont truffés d'objets à récupérer en "tiltant" le mobilier ! Aussi on passe parfois plus de temps à fracasser chaque meuble et bibelot en tous genres tellement les pièces sont remplies plutôt que de parler aux occupants des lieux ... Il n'est biensur pas obligatoire de taper dans tout ce qui se présente en face de vous, mais les objets récupérés sont tellement nombreux et utiles (épées, baies pour augmenter les stats, herbes curatives, argent) qu'il est difficile de passer au travers. Le "kick" sert également à provoquer les personnages en duel ! Une première fois, ils pestent un peu, la seconde ils vous chargent ... Pas évident de se souvenir précisément de qui a eu droit à votre jeu de jambes, pourtant il va vous falloir essayer les 177 personnages si vous voulez tous les récupérer puisque certains d'entre eux ne vous rejoindrez qu'après avoir été vaincus. Prenez garde toutefois, l'habit ne fait pas le moine comme on dit, et le petit prêtre austère pourrait bien se révéler plus coriace que le chevalier à l'épée gigantesque qui devise à longueur de journée dans la Taverne : vous vous ferez dégommer plus d'une fois, vous pouvez en être certain ! Par contre le jeu en vaut la chandelle puisque les personnages puissants que vous aurez vaincu et qui se rallieront à votre cause le seront tout autant une fois à vos côtés ! Passons à présent au système de combat. Tri-Ace oblige, celui-ci est largement inspiré par les derniers Star Ocean, à l'exception près que vous ne pourrez contrôler que Jack tout au long du jeu. Votre héros aura le choix entre des épées, des épées lourdes, des lances ou encore des haches, toutes ayant des enchaînements différents à composer soit même suivant des Action Points. A mesure que vous progresserez, vous obtiendrez de nouveaux coups pour chaque catégorie d'armes, coûtant de plus en plus d'Action Points. Il vous faudra donc composer un enchaînement de 5 coups maximum en fonction de la qualité du coup, de sa rapidité et biensur de son nombre d'Action Points : la garantie d'un enchaînement quasi imparable passe par de nombreux essais ! Très tôt vous aurez l'occasion de composer votre propre brigade, aussi il vous faudra partir rapidement en quête de nouveaux compagnons et amis pour les emmener avec vous au combat ! Pas d'affrontements aléatoires, dans Radiata Stories les ennemis vous feront face sur les différents chemins. Une fois l'affrontement lancé, vous pourrez diriger votre personnage à l'aide du stick analogique droit comme bon vous semble, à vous de voir si vous préférez harceler l'ennemi en vous déplaçant sans arrêt, auquel cas le Lock On de la touche R1 vous permettra de tourner autour, ou si vous comptez plutôt lui faire face ! Vos alliés, quant à eux, sont dirigés par la console, et s'ils ne sont en général pas avares en attaques, un système de commande et de tactiques a été implémenté histoire de justifier pleinement votre rôle de chef de brigade. S'il est judicieux de prendre des alliés puissants avec soit, la magie étant rare à Radiata il est aussi fort conseillé de garder un clerc en retrait pour soigner les troupes ... Toute la subtilité du système de combat de Radiata Stories gravite autour de la jauge de Volty Points ! Chaque coup porté par vous et votre équipe vous rapportera un point de plus. Il vous est possible en plus de l'attaque traditionnelle d'effectuer une attaque spéciale différente suivant votre arme et coûtant 10 points. De même l'utilisation de commandes tels que soigner l'équipe, augmenter la rapidité, l'endurance, protéger le leader et bien d'autres vous coûteront également davantage de points, mais feront intervenir activement vos personnages au moment où vous en aurez besoin. Enfin, une fois chaque type d'arme bien maîtrisé, vous aurez la possibilité d'effectuer une super attaque coûtant les 100 points de la jauge Volty, mais fracassant quasiment à coup sûr l'ennemi dans une mise en scène bien particulière ! Côté tactique vous pourrez apprendre à mesure que vous progresserez dans l'aventure un certain nombre de stratégies de combat. Ces "Links" sont en quelque sorte des formations de combat nécessitant également des Volty Points, et permettant à votre équipe d'effectuer des attaque combinées : encercler un ennemi, frapper à la chaîne, effectuer un écran pour protéger le leader, et bien d'autres encore à utiliser à l'aide de la croix directionnelle. En théorie ce système de combat se révèle plutôt complet, dans la pratique les ennemis sont bien trop faibles pour avoir le temps élaborer des stratégies, aussi en dehors de quelques boss très coriaces il suffit bien souvent d'appuyer frénétiquement sur le bouton d'attaque pour s'en sortir indemne ... En cela le gameplay est le point faible du jeu.Etre humain ou ne pas être humain ?Sachez tout d'abord qu'il vous faudra une bonne vingtaine d'heures pour mener le jeu une première fois à son terme avec une petite trentaine de personnages. Par ailleurs le scénario vous offrira deux alternatives radicalement différentes à la mi-jeu valant largement la peine de se pencher dessus une seconde fois une fois terminé, d'autant plus qu'un mode Hard et deux donjons optionnels bien corsés viennent se greffer à votre sauvegarde si vous décidez de l'utiliser pour une seconde partie ! Une idée d'autant plus salvatrice que comme nous l'évoquions plus haut le jeu est relativement simple à l'exception des boss ... Comptez donc une trentaine d'heures pour boucler le scénario à proprement parler. Rajoutez à cela la quête des 177 personnages, et je peux vous garantir que vous en aurez pour votre argent ... Certains persos, et non des moindres vous vous en doutez, sont carrément durs à recruter, il ne s'agit pas que de les provoquer en duel loin de là, mais en valent largement la peine ! La plupart des leaders n'intègreront votre équipe qu'après avoir recruter tous leurs officiers, aussi la surpuissante Elwin ne se joindra à vous qu'une fois toutes les brigades du Théâtre Vancoor de votre côté ... Idem pour l'Ordre d'Olacion, ou encore pour l'Institut de Magie ! Autant vous dire que vous n'êtes pas prêt d'en voir le bout. Côté bonus, un certain nombre de clins d'oeil ont été rajoutés : tels que Gantz habillé comme Claude dans Star Ocean 2, Jack habillé en Fayt de Star Ocean 3, etc ... Mieux encore un personnage bonus a été ajouté à une liste déjà longue, il s'agit de Lenneth de l'excellent Valkyrie Profile qui joindra vos rangs une fois le donjon optionnel "Corridor of Distortion" terminé ! test écrit par Thibaut 8 Graphismes7 Jouabilité9 Son8 Durée de vieVerdict : 8.5Radiata Stories est en quelque sorte ce qu'aurait pu être Suikoden si la série n'avait malencontreusement dérapé lors de son passage sur PS2 ... Subtil mélange entre le titre de Konami pour la quête des personnages et de Star Ocean 2 et 3 pour le système de combat, Radiata Stories n'a rien inventé en matière de RPG, mais a le mérite de proposer en plus une aventure esthétiquement très agréable et dotée d'un humour omniprésent ! En bref, l'un des meilleurs RPG de l'année ! |
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