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![]() Project Zeropublié le 11 avril 2003
A l'approche de l’hiver, où les jours deviennent gris, où les feuilles tombent et le soleil se couche de plus en plus tôt, quel meilleur genre de jeux trouver pour occuper ses soirées (et ses nuits) que le survival-horror ? Alors que Capcom joue la sécurité et sort un Resident Evil amélioré graphiquement, Tecmo revisite le genre et créée la surprise de avec un jeu que personne n'attendait, et qui pourtant vaut largement le détour. Et comme une bonne idée n’arrive jamais seule, le jeu est vendu 50 euros, une bonne initiative qu’il faut souligner.
L’histoire commence alors que la jeune Miku décide de partir à la recherche de son frère disparu, Mafuyu ; il semblerait que celui-ci ait disparu il y a quelques semaines de cela, alors qu’il explorait le manoir Himuro. Abandonné depuis de nombreuses années, le manoir a une étrange réputation dans la région…des rituels s’y seraient déroulés, le manoir serait maudit… Miku part donc sur les traces de son frère, bien décidée à faire la lumière sur sa disparition. Jusque là, rien de particulièrement original. Si ce n’est qu’on sent dès le début un certain parti pris esthétique à travers le choix du noir et blanc pour présenter l’introduction, d’emblée on sent l’atmosphère pesante qui se dégage de ce manoir visiblement abandonné… Le début du jeu est conçu pour vous aider à vous familiariser avec les commandes, mais malgré ce coté progressif, et le fait que vous n'ayez fait encore aucune mauvaise rencontre, la tension distillée par le jeu est perceptible dès les premières minutes. La musique, ou les bruitages, ont tout ce qu'il faut pour vous glacer le sang, et par certains cotés, ne sont pas sans rappeler ceux de Silent Hill (tout en gardant leur originalité). Les décors visités ont le mérite de renouveler le genre, puisqu'on explore un manoir typiquement japonais. Certains éléments du décor peuvent vaguement rappeler Onimusha (la structure du manoir, les paravents, les sculptures et autres décorations), en plus réaliste, plus sombre… L’ambiance est parfaitement réussie, et dès vos premiers pas dans le manoir, tout sera fait pour que vous vous sentiez mal à l’aise, grâce à de nombreux petits effets et surprises, chères au genre du survival. Même si les effets utilisés sont classiques, ça fonctionne toujours aussi bien ! Clic-clac merci Kodak !Venons en au gameplay à proprement parler : Project Zero a l’intelligence de nous proposer une véritable innovation au genre, puisque notre chère Miku ne dispose d’aucune arme. Vous avez bien lu ! Pas de fusil à pompe, pas de magnum, rien de tout ça…à la place, un appareil photo ! Dotée d’une certaine sensibilité pour les phénomènes paranormaux, Miku dispose uniquement d’un appareil photo un peu particulier, puisqu’il permet de voir l’invisible…Il vous permettra donc d’explorer les recoins d’une pièce, de découvrir des indices, et enfin, à capturer les esprits qui hantent le manoir. Quelques mots sur son fonctionnement : en mode visée, on peut déplacer le personnage, déplacer l'angle de l'appareil, tourner rapidement ; les commandes répondent bien et de façon souple, c'est d'ailleurs peut être même plus simple à manipuler que l'héroïne en elle-même, dont le déplacement est très lent. A noter que pour réussir sa photo (c’est-à-dire infliger des dégâts à l’ennemi), il faut attendre que le cercle de capture clignote en bleu. C’est ce qui fait tout l’intérêt et toute la tension des combats, comment optimiser la pellicule et se débarasser au plus vite de l’esprit ? Car les affrontements sont très stressants, de par la musique, les bruitages, et l’esprit qui s’approche afin de vous témoigner son affection… Pour terminer sur le gameplay, deux types de déplacement sont proposés, déplacement objectif et subjectif. Qui plus est, le jeu propose 8 types de configuration manette. En mode exploration, notons la présence d'une lampe torche (que l'on contrôle avec le stick droit), et qui est plutôt utile, même si elle n'a pas autant d'utilité que dans un Alone in the dark, où son usage était vital. Enfin, on a la possibilité d’upgrader l’appareil photo grâce aux points rapportés par les esprits capturés : on peut ainsi améliorer les capacités de base (vitesse etc..), ou débloquer des fonctions spéciales. La technique au service de l’ambianceEntièrement en 3d, Project Zero n’en est pas moins joli ; les environnements intérieurs sont plutôt bien détaillés, les couleurs variées et bien choisies, l'héroïne parfaitement modélisée, et les esprits sont juste assez tangibles pour être vraiment effrayants. Aucun temps de chargement ne viendra gâcher votre plaisir une fois lancé dans la partie, le passage d’un pièce à l’autre se faisant directement…fini l’attente devant la porte qui s’ouvre à la Resident Evil. Les musiques et bruitages sont superbes ; inquiétante à souhait bien sûr, la bande son est aussi là pour vous mettre mal à l’aise et accentuer l’ambiance pesante qui règne déjà dans le jeu ; mais vous pourrez également profiter de magnifiques percussions japonaises… On peut seulement regretter que le manoir ne soit pas plus étendu, et qu’on se retrouve rapidement à explorer les mêmes lieux ; en effet, durant la deuxième moitié du jeu, on ne découvrira que quelques nouvelles pièces…De ce point de vue, le jeu aurait gagné à proposer plus de lieux à visiter… Quant au scénario, qui vous sera dévoilé au fur et à mesure des scènes cinématiques, il est sombre à souhait. Les cut scenes sont justement très violentes, assez malsaines d’ailleurs, et certaines vous mettront réellement mal à l’aise, par leur violence, leur pouvoir de suggestion, parce qu’elles évoquent plus qu’elles ne montrent. Le pouvoir de la suggestionCe qui nous amène à un point d’importance pour ce type de jeu, la peur. La question est la suivante, Project Zero vous collera-t-il la trouille au ventre ? Sans hésiter, la réponse est oui, plus que jamais…Contrôler une héroïne désarmée n’est déjà pas très rassurant (avec un appareil photo, on fait beaucoup moins le malin qu’avec une fusil à pompe), devoir affronter des esprits qui apparaissent et disparaissent, dont on n’est jamais sûr qu’ils se trouvent à deux pas derrière vous ou ailleurs, vous plongera dans une atmosphère de crainte et de paranoïa permanente. Qui plus est, leur apparition n’est pas scriptée…l’effet de surprise est donc préservé à chaque fois, impossible de savoir si vous ferez une mauvaise rencontre ou pas après avoir rechargé votre sauvegarde (hormis les boss bien sûr). C’est là toute la force de Project Zero, jouer sur une effet de surprise permanent, avec des ennemis bien plus effrayants qu’un simple zombie ou un créature grotesque plus ou moins mutante ; vos ennemis sont des simples humains comme vous, enfin ils ont été humains, avant d’être tués d’une façon horrible, et d’être obligés d’errer dans une sorte de non-vie après la mort… test écrit par Homonculus 7 Graphismes8 Jouabilité8 Son7 Durée de vieVerdict : 7.5Résumons donc : un cadre original, un gameplay qui ne l’est pas moins, des énigmes intéressantes, des documents à consulter, du matériel audio pour faire avancer l’enquête, des ennemis effrayants au possible, une ambiance à vous glacer le sang, une réalisation nickel, tels sont les points forts de Project Zero. Pour ce qui est des points faibles, on pourra reprocher un certain manque de variété dans les lieux visités, et une durée de vie un peu courte, puisque le jeu se termine en 8 à 10h selon votre rapidité. Il y a quelques bonus de fin de jeu, comme l’apparition d’un mode ‘Combat’ pour les mordus de la photo, un nouveau mode de difficulté ‘Nightmare’, et, paraît-il une deuxième fin cachée. Au final, on a donc un très bon jeu d’aventure/horreur, qui après Resident Evil et Silent Hill, marque une nouvelle évolution dans ce genre. |
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