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ISS

ISS

publié le 10 avril 2003
  • 24/11/2000
  • 1900

Il y a 5 ans, le premier Winning Eleven de la PlayStation voyait le jour, ce fut une véritable catastrophe. Depuis, Konami a largement rectifié le tir et nous a offert les plus belles simulations de football qu'un joueur puisse rêver. Mais cela va-t-il continuer sur PlayStation 2 ?

Bien qu'étant un fan invétéré de la série ISS de la PlayStation, je n'attendais pas vraiment avec impatience ce dernier épisode. La raison à cela est que ce Jikkyou World Soccer 2000 nous vient tout droit des studios de Konami basés à Osaka et non de l'équipe située à Tokyo. La différence entre ces deux groupes de développeurs est primordiale, KCEO (l'équipe d'Osaka) est à l'origine de la série ISS de la Nintendo 64, une série incontestablement axée arcade, alors que KCET (Tokyo) privilégie la simulation, ils sont les créateurs de ISS Pro Evolution et des autres ISS de la PlayStation. Mais force est de constater que KCEO stagne depuis le premier ISS 64 sans faire évoluer son titre dans le bon sens, laissant KCET prendre le dessus avec le réalisme pour le moins efficace de leur ISS Pro. Malheureusement, cette tendance se confirme avec ce dernier opus, on se retrouve devant une pâle version PS2 de ISS64.

Pourtant tout commence bien, la présentation en image de synthèse est dynamique avec d'époustouflants gestes de footballeurs. Ensuite on a droit à des beaux menus très high-tech et comme à leur habitude, Major (KCEO) nous offre des tonnes de modes de jeu, histoire de varier les plaisirs. Tout y est : match amical, championnat international, coupe du monde, jeux olympiques, mode scénario, entraînement, et même un original "success mode". Le mode scénario est incontournable dans la série, il consiste à remonter le score d'une équipe en difficulté au cours d'un match déjà débuté. Le mode "success" avait précédemment été aperçu sur la Nintendo 64. Il consiste à incarner un jeune joueur voulant devenir star du football. Vous devez rencontrer les bonnes personnes, prendre les bonnes décisions et évidemment vous entraîner dur pour que son rêve se réalise. Il faut faire attention aux blessures et à ne pas manquer les séances d'entraînement supervisées par les sectionneurs de grands clubs.

Au niveau du nombre d'équipe Major a mis le paquet avec pas moins d'une centaine d'équipes internationales et 50 sélections de moins de 23 ans. A souligner que les noms des joueurs sont vrais, c'est la première fois que Konami achète une licence mondiale pour un jeu de foot.
Mais bon, c'est bien de donner plein de modes, d'options, d'équipes et des licences de joueurs, mais encore faut-il que le reste suive. Or c'est loin d'être le cas, les graphismes, l'animation et la maniabilité ne sont pas du tout à la hauteur.

Graphiquement, il y a un peu de bon mais surtout du très mauvais. Le point positif concerne les personnages, ils sont plutôt bien modélisés et ressemblent plus à des humains que ceux de Fifa 2001. En revanche, les décors dans lesquels ils évoluent contrastes énormément avec ces derniers. Non pas à cause de leur modélisation qui est somme toute très correcte, mais à cause des scintillements dont ils sont victimes. Jusqu'à maintenant, c'est du jamais vu pour un jeu PlayStation 2 ! Ca scintille tout le temps, et même la pelouse est touchée par ce défaut. Lors des plans de vue éloignés c'est un véritable carnage, on ne distingue même plus les détails.

Il n'y a pas à dire, Major ne maîtrise pas du tout la console, maintenant on comprend mieux pourquoi le titre était sans cesse repoussé.
Pour l'animation, KCEO récidive, la médiocrité est encore de mise. D'accord les mouvements des joueurs sont très variés, tous les coups du football sont présents. Mais les transitions entre les différents gestes des sportifs sont mal gérées, il y a un petit temps de latence très désagréable qui d'une part ne permet pas toujours au joueur de construire les actions souhaitées, et d'autre part donne un aspect précalculé au jeu. Dommage que Major n'ait toujours pas corrigé ce problème qui a toujours était présent sur tous les ISS 64, et qui l'ait encore plus dans celui-ci.
L'autre gros point négatif concernant l'animation est ses fréquents ralentissements qui perturbent le jeu. Comme si les scintillements ne suffisaient pas, KCEO prouve à nouveau sa difficulté à dompter la console. Il existe néanmoins un moyen pour réduire fortement les ralentissements, il faut pour cela enlever les indications inscrites à l'écran (noms des joueurs, scores…). Cette manière peu académique permet de faire disparaître la plupart des saccades, mais il est tout de même bien dommage de devoir en arriver là.

On pourrait croire que ces scintillements et ces ralentissements soient principalement dus à la console. Mais il suffit de comparer ce World Soccer 2000 à Fifa pour se rendre compte que KCEO en est surtout la cause. EA Sports a sorti un jeu de foot beaucoup plus abouti graphiquement, pourtant Fifa World Soccer a vu le jour quelques mois plus tôt.

La déception s'intensifie avec l'imprécise maniabilité. L'animation des joueurs est sûrement à l'origine de la difficulté éprouvée à les diriger. Pourquoi Major s'obstine-t-il à intégrer de tels mouvements ? Lorsque les footballeurs courent, on a l'impression qu'ils glissent sur le terrain, et tous les autres gestes sont exagérés, faisant perdre de temps pour réaliser des phases de jeu précises. Depuis la commercialisation de ISS Pro Evolution, le joueur est devenu exigent et ce n'est pas avec une jouabilité si approximative qu'ils seront satisfaits. Major a l'air d'oublier que de l'eau à couler sous les ponts depuis le premier ISS 64, et que leur système de jeu demeure maintenant très désuet par rapport à la concurrence. De plus, il est vraiment regrettable que l'intelligence artificielle soit si limitée, cela donne parfois lieu à des actions complètement surréalistes. Reconnaissons tout de même l'utilisation des boutons analogiques de la Dual Shock 2 pour doser les frappes ou les passes.

Les bruitages sont excellents, les supporters et les commentateurs sont bien présents. Et les musiques qui accompagnent les options sont très bonnes. Aucun souci de ce côté là.

La durée de vie arrive néanmoins à relever le niveau général, il y a bien plus de modes de jeu que dans n'importe laquelle des simulations de foot du marché. On peut même régler la difficulté et tout paramètrer dans les options. Si vous supportez la maniabilité, vous en aurez pour de longues heures de jeu.

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test écrit par Burny
4
Graphismes
4
Jouabilité
6
Son
6
Durée de vie
Verdict :
4

Konami, et plus particulièrement KCEO, ne font vraiment pas honneur à la PlayStation 2. Les graphismes, l'animation et la maniabilité sont malheureusement loin derrière Fifa World Soccer. Il est temps pour Major de redonner un sérieux coup de jeune à sa série. D'ailleurs, Konami l'a bien compris et a chargé KCET de sortir sur PS2 la suite de ISS Pro Evolution pour l'année prochaine. On ne peut qu'approuver cette décision lorsqu'on essaye de jouer à Jikkyou World Soccer 2000, vivement l'année prochaine !



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