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Gun

Gun

publié le 26 novembre 2005
  • 02/12/2005
  • 11/2005

Si vous avez toujours été fans de Docteur Quinn Femme Médecin ou, dans un autre registre, des films de Sergio Leone, vous ne resterez pas insensible devant GUN et son ambiance très Western. Mais ce contexte particulier suffit-il à faire un bon jeu ?

Depuis le succès sans précédent de l’excellent Grand Theft Auto III sur PlayStation 2, il y a de ça un bon moment déjà, les jeux misant sur la liberté offerte aux joueurs sont devenus légion. Et depuis que le divin Grand Theft Auto : San Andreas est venu chambouler le monde du jeu vidéo, les titres comportant des flingues, du rap et du tuning sont devenus innombrables. C’est pourquoi GUN et son ambiance particulière, très Western Spaghetti, est une véritable bouffée d’air frais dans le genre action/aventure. C’est vrai que, hormis Red Dead Revolver, combien de softs nous ont proposé de longues traversées à cheval dans des plaines arides, des fusillades sauvages ou des attaques de train ? Pas beaucoup ! On peut saluer l’initiative de Neversoft, eux qui sont à l’origine de trop nombreux épisodes de Tony Hawk, de nous sortir un petit peu de cette routine.Il était une fois dans l’OuestToute aventure commence par une histoire, et GUN ne déroge pas à la règle. Vous incarnez Colton White, un jeune cow boy qui travaille avec son père Ned dans l’abatage de gibiers divers et variés. Le jeu débute donc par un petit tutorial durant lequel vous devez exterminer de nombreuses espèces sauvages : cerfs, loups, perdrix et même des ours. On ne rigole pas dans le Far West et la protection des animaux n’a pas encore été inventé alors on massacre sans vergogne des petits animaux sans défense. Heureusement le crime n’est pas gratuit puisque ces denrées sont ensuite vendues à l’équipage d’un bateau à roue, très « Mississippiesque ». C’est à bord de ce bateau que les choses prennent une tournure inattendue : votre père s’entretient avec une fille de joie et parle d’un artéfact précieux et certainement de grande valeur. A ce moment, l’embarcation se fait aborder par des bandits prêts à en découdre. Ni une ni deux, vous saisissez votre bon vieux revolver six coups et foncez dans le tas. Autant le dire tout de suite, le jeu ne fait pas dans la dentelle et les crânes explosent régulièrement si vous êtes du genre à tirer dans la tête. Et dire vrai, c’est même conseillé puisque vos headshots remplissent (plus vites que les autres tirs) une jauge baptisée « Tir Eclair » qui s’apparente à un Bullet Time en vue intérieure. D’une simple pression du bouton R2 vous passez en vue FPS et l’action ralentie ce qui vous permet de tirer avec précision dans des crânes ou d’autres parties du corps humain. Très pratique lors d’une prise d’otage et d’échauffourées déséquilibrées, on s’étonne quand même de voir le « Tir Eclair » fonctionner uniquement avec le colt. Certainement pour reproduire l’effet Lucky Luck (tirer plus vite que son ombre), il est impossible de profiter de cette option avec un arc ou un fusil…dommage. Détail amusant et très cinématographique : pendant ces phases de tir de précision, votre pistolet peut tirer plus de coups qu’il n’en contient et ce, sans recharger. Ajoutez à cela des armes de mêlée du type couteaux et la possibilité d’utiliser des canons ou des mitrailleuses fixes et vous comprendrez dès la première mission que l’action est bien le centre du gameplay. Ce premier assaut passé avec perte et fracas, votre père – bien blessé d’ailleurs – vous annonce froidement que depuis toujours il vous a menti et que vous n’êtes pas réellement son fils, et vous lance aussi sec à la flotte avant que le bateau explose. A votre réveil vous n’aurez qu’une seule idée en tête : découvrir vos origines et venger la mort de votre (faux) père.Maintenant on l’appelle Plata.Quand on est dans l’Ouest américain, entre les grands espaces, le soleil, le sable et le manque d’eau, la première chose à faire est de se trouver une monture pour éviter de perdre son temps à courir à droite à gauche. Ca tombe bien, vous en trouvez facilement et ce, dès le début de l’aventure. Mais comme l’adage le dit si bien, qui veut voyager loin ménage sa monture. Il faut savoir gérer la barre de tonus de votre canasson pour éviter qu’il ne se fatigue trop vite. En gros, il vous suffit de ne pas lui donner trop de coups d’éperons dans le bas ventre. Soyons fair-play, ces phases de balades et de courses à cheval sont plutôt distrayantes et mettent bien dans l’ambiance malgré une animation rigide et parfois surréaliste de l’animal. D’autant que vos affinités avec la bête augmentent à mesure que vous accomplissez des missions facultatives. Outre l’aventure solo obligatoire et dirigiste, il vous est rudement conseillé d’accomplir les missions facultatives mises à votre disposition : rechercher de l’or, rechercher des hors-la-loi, aider des braves gens à se protéger des bandits, faire des courses ou encore jouer au poker. Ces missions apportent quelques dollars bien venus mais améliorent surtout vos compétences en mêlée, en fusillade, en maniement du cheval ou en « Tir Eclair ». Un moyen subtil d’augmenter une durée de vie finalement bien plus courte qu’un GTA : une dizaine d’heures pas plus, missions annexes comprises. Dommage, parce que le scénario est bien prenant.

Le principal défaut que l’on peut reprocher à GUN est son manque de liberté et de profondeur. En effet, les missions se suivent et se ressemblent (toujours du bourrin, pratiquement pas d’infiltration) et sont dirigistes à souhait : le radar indique la position de l’objectif (un radar, dans un jeu de cow boy ?) et des anneaux lumineux au sol vous marquent même les endroits où vous devez vous placer ou placer un objet. Les objectifs sont constamment répétés en haut de l’écran et un bel écran « mission accomplie » apparaît en fin de tâche. On peut aussi regretter l’absence de vie dans les niveaux (personne ne sort des villes à part vous) et d’alternance jour/nuit qui auraient donner un peu plus de réalisme et de paysages colorés. Finalement, si on quitte trop longtemps les missions, on s’ennuie ferme à force de tourner sans réel but et sans rien avoir à faire. Un peu comme The Getaway avant lui, GUN ne puise son intérêt que dans les missions du jeu et non dans l’exploration comme dans un GTA. Il faut faire avec et suivre la trame principale pour savoureux le jeu, même si le plaisir est finalement plus court que prévu (merci les Checkpoints).

Niveau réalisation, GUN est plutôt bien réalisé. Les textures sont propres et détaillées, les paysages sont écrasés par un soleil de plomb, les arbres perdent leurs feuilles orangées, les bisons traînent ça et là : on s’y croirait. L’aliasing discret, les espaces ouverts et sans temps de chargement renforcent eux aussi l’immersion. Néanmoins il arrive que le jeu accuse de légers ralentissements lors des batailles les plus chargées et la maniabilité nécessite quelques secondes d’apprentissage pour éviter de s’emmêler les pinceaux. Enfin, les thèmes musicaux sont rares mais efficaces et bien dans l’ambiance. Pas de problème de ce niveau là.

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test écrit par Vincent
7
Graphismes
7
Jouabilité
6
Son
6
Durée de vie
Verdict :
7

Avec un peu plus de liberté et de profondeur, GUN aurait pu être un hit. Au lieu de ça, ce jeu d’action efficace est « juste » un bon titre, plutôt bien réalisé et prenant mais qui ne tiendra pas en haleine plus d’une dizaine d’heure. Le grand Ouest aurait mérité un peu plus d’ambition et de variété. A réserver aux fans.


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