Drakengard - Test PS2
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Drakengard

Drakengard

publié le 21 mai 2004
  • 21/05/2004
  • 02/03/2004

Si Square-Enix reste avant tout célèbre pour ses séries fétiches que sont Final Fantasy ou encore Star Ocean, il arrive parfois que l’éditeur nippon sorte des sentiers battus pour nous offrir un produit plus original. Après Kingdom Hearts, c’est donc au tour de Drakengard de nous offrir une nouvelle expérience made in Square-Enix.

Comme le veut désormais la coutume, chaque nouvelle production Square-Enix débute par une introduction en images de synthèse du plus bel effet. Celle de Drakengard n’échappe pas à la règle et frappe par son incroyable qualité. Tout d’abord, l’on retiendra la musique, épique et puissante, qui colle à merveille aux images d’une fluidité impeccable et à la mise en scène très cinématographique. Pas de doute, avec une telle mise en bouche, Drakengard ne pouvait nous décevoir. Rassurez-vous, cette nouvelle production Square-Enix tient toutes ses promesses et vous réservera de nombreuses heures de plaisir devant votre écran.

La première qualité du jeu est de nous offrir une histoire passionnante, riche en rebondissements et personnages charismatiques. Fort de multiples fins, le scénario de Drakengard parvient à nous tenir en haleine du début à la fin et s’avère être au final d’une noirceur comme on n’en voit que trop rarement. C’est une certitude, les péripéties qu’il nous est offert de suivre ne se caractérisent pas par leur optimisme, bien au contraire. Le monde de Drakengard est en guerre, un terrible conflit oppose en effet l’Empire et l’Union. Vous incarnez Caim, combattant pour l’Union et prince d’un royaume ravagé par l’Empire. En plein combat, vous apprenez que votre château est assailli par des centaines de soldats. N’écoutant que votre courage, vous vous lancez corps et âme à la rescousse de votre sœur, Furiae. Malheureusement, les ennemis étant trop nombreux, vous êtes mortellement blessé. Dans l’enceinte du château, vous tombez nez à nez avec un dragon rouge, lui aussi aux portes de la Mort. Votre seule chance de rester en vie est de conclure un pacte avec la créature. Malgré de mauvais souvenirs, vos parents ayant été assassinés par un dragon de l’Empire, la vie prendra le dessus et vous conclurez avec ce dragon un pacte. Désormais, vos deux vies sont liées et si l’un des deux vient à mourir, il entraînera avec lui son compagnon d’armes dans la mort. Malheureusement, un tel pacte n’est pas gratuit et se caractérise par un stigmate en l’occurrence, la perte de la parole pour Caim. Revigoré par votre alliance avec le puissant dragon, vous décidez de lever le voile sur les mystères entourant l’Empire.

Votre croisade vous conduira à traverser de multiples contrées, aux environnements variés et aux ennemis de plus en plus nombreux et puissants. Vous rencontrerez également de nombreux autres personnages, bons ou mauvais, ayant leur propre motivation. Si Drakengard est un jeu fortement scénarisé (le jeu est en effet entrecoupé de nombreuses cinématiques, soit en images de synthèse, soit utilisant le moteur de jeu), il reste avant tout un jeu d’action, dans la veine de Dynasty Warriors de Koei, à la différence près que le jeu comprend aussi des phases plus originales à dos de dragon. La majorité du jeu se déroule donc sur terre. Le déroulement est loin d’être des plus fins : il vous faudra le plus généralement débarrasser la carte de tous ses soldats (ou tout du moins des ennemis « cibles »). Si de prime abord, l’on pourrait penser de Drakengard qu’il est un jeu bourrin et lassant, on se rend bien vite compte que ce n’est pas du tout le cas. Certes on fonce dans le tas le plus souvent, mais le jeu n’est jamais lassant. Pourquoi ? Tout simplement parce que Drakengard nous offre un arsenal d’armes des plus conséquents (on n’en compte plus d’une cinquantaine). Comble du raffinement, chaque arme se joue différemment selon sa classe : épée, épée longue, pique, marteau etc. Les différences se font donc indubitablement ressentir et l’on est en quelque sorte obligé de toute les essayer puisque selon les adversaires, les effets seront plus ou moins dévastateurs. On jonglera donc entre nos armes (8 par mission, à vous de bien les choisir) pour faire le plus de dégâts possibles. En plus de cela, la palette de coups est assez étoffée et les combos nombreux. A noter qu’il est aussi possible de chevaucher le dragon lors des missions en extérieur (sans aucun temps de chargement) pour des phases de rase-motte souvent dévastatrices. Enfin, pour vous venir en aide, vous pourrez également utiliser la magie associée à votre arme. A chacune d’entre elle correspond un sort unique qui, pour être utilisé, demandera à ce que votre barre de mana soit remplie (vous le ferez en tuant vos adversaires). Des bonus joncheront parfois le sol et vous viendront en aide en éliminant les ennemis alentour, en vous redonnant des points de vie ou en vous octroyant un bonus d’attaque. Finalement, en dépit des apparences, Drakengard offre des séquences de jeu variées et passionnantes sur terre. Pour ne rien gâcher, les phases à dos de dragon, tout en étant radicalement différentes, sont elles aussi terriblement accrocheuses et jouissives. Certains développeurs ont travaillé par le passé sur les premiers Ace Combat et fort de cette expérience, les phases de vol ont fait l’objet d’un soin tout particulier. Le dragon se manie avec aisance et répond à la moindre de nos sollicitations. En revanche, si pour les phases à pied, le choix des cibles nous est le plus souvent offert, les phases à dos de dragon suivent systématiquement un cheminement linéaire. Vos ennemis sont nombreux et variés : chauve souris, créatures étranges, dirigeables, boss gigantesques, tout est mis en œuvre pour vous nuire. Heureusement notre dragon n’est pas sans ressources : vous pourrez esquiver certaines attaques, cibler un ennemi pour ne jamais le perdre de vue, préparer un coup visant plusieurs ennemis simultanément ou encore utiliser une magie dévastatrice. Bref, le gameplay est finalement radicalement différent des phases à pied et ces séquences complètent merveilleusement bien le jeu, qui grâce à cela, n’est jamais répétitif. On regrettera juste la maniabilité parfois imprécise lors des combats au sol. Il ne sera pas rare de taper dans le vide et de perdre de précieux points de vie pour cette raison (même si une parade existe). Les problèmes de caméra n’y sont pas étrangers et on pestera à de nombreuses reprises après cette satanée caméra mal placée. Heureusement, ces problèmes sont minimes et la jouabilité de Drakengard reste globalement excellente.

Square-Enix oblige, Drakengard ne pouvait se passer d’éléments RPG. Ainsi, ces derniers répondent bel et bien présent et donnent au jeu toute sa profondeur. Tout d’abord, les combats apportent de précieux points d’expérience. Chaque mort en octroie un certain nombre qu’il est possible de faire grimper en faisant des « chains » à savoir une succession de coups dans un bref délais. A la fin de chaque mission, votre barre d’expérience se remplit avec les points glanés au cours des combats pour vous faire gagner des niveaux. Cependant, contrairement aux jeux de rôle classiques, seule les points de santé évoluent avec votre expérience. Ne comptez pas sur votre évolution donc pour devenir plus puissant. L’évolution de votre dragon suit à peu près le même schéma : en fonction du nombre de tués, c’est son attaque qui augmente (votre santé étant la santé du dragon, ce dernier gagne des HP quand vous en gagnez). Arrivé à un certain stade, le dragon évoluera en devenant plus puissant et en changeant d’apparence. Pour augmenter votre attaque, il faudra faire évoluer vos armes. Pour se faire, il vous faut combattre avec l’arme que vous souhaitez voir changer et atteindre un certain nombre de tués. C’est à cette seule condition que votre arme gagnera en puissance. Votre attaque et les dommages créés par vos combos augmenteront sensiblement à chaque niveau, tout comme votre magie. Cependant, chaque arme est limitée à quatre niveaux. Heureusement que ces dernières soient nombreuses et surtout variées !

Pour finir, la réalisation du soft est assez satisfaisante. Certes, Drakengard n’est pas une vitrine technologique comme la plupart des jeux de l’éditeur, mais le résultat est réellement plaisant. Tout d’abord, la bande son est vraiment efficace. Les thèmes peuvent à la longue devenir lassants mais les compositions ont le mérite de coller merveilleusement bien à l’action et nous motivent à toujours aller plus loin. Les bruitages sont efficaces et les voix, restées en anglais, sont elles aussi parfaitement choisies. Les acteurs jouent avec conviction et l’immersion est immédiate. En définitive, Drakengard assure sur le plan sonore. En revanche, le constat est légèrement différent pour ce qui est des graphismes et de l’animation. Premièrement, bien que fluide la plupart du temps, le jeu souffre parfois de sévères ralentissements qui, s’ils ne gênent pas vraiment le gameplay, se révèlent assez désagréables. Ces derniers interviennent généralement lors de l’utilisation du sort magique de notre dragon. Celui-ci faisant intervenir un véritable déluge de flammes, il semblerait que le moteur peine à gérer les effets graphiques et les dizaines d’ennemis affichés simultanément. Dans le même ordre d’idée, les champs de bataille sont gigantesques et font intervenir parfois plusieurs centaines de soldats, de ce fait, le jeu souffre d’un clipping assez prononcé. Globalement, les éléments imposants du décor apparaissent assez loin, ce sont surtout les soldats et les éléments de moins grande envergure (pierres, arbres etc) qui s’affichent trop tardivement. Enfin, la réalisation graphique de Drakengard prend deux visages bien différents. Ainsi lors des cinématiques en images de synthèse, le rendu est irréprochable et vraiment magnifique. En revanche lors des phases de jeu, le constat est tout autre. Les personnages principaux sont modélisés de très belle manière mais les ennemis ont un peu tendance à trop se ressembler. De même, le brouillard gâche un peu le plaisir visuel que l’on aurait pu éprouver en jouant au jeu. Les textures sont un peu répétitives et parfois moches (malgré tout, mention spéciale aux séquences à dos de dragon avec un relief plus vrai que nature), l’aliasing et les scintillements sont assez discrets mais tout de même présents.

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test écrit par Olivier
7
Graphismes
7
Jouabilité
8
Son
8
Durée de vie
Verdict :
7.5

Au final, en dépit d’une réalisation graphique moyenne, Drakengard est une petite merveille. Le gameplay est véritablement accrocheur et si le jeu peut lasser à long terme, l’on y revient sans cesse pour connaître les tenants et aboutissants du scénario. Le système d’évolution des armes est bien pensé et poussera les plus exigeants d’entre nous à toutes les trouver (bon courage !). La durée de vie est également exceptionnelle. Les missions sont très nombreuses et longues et il sera possible de rejouer les cartes débloquées lors du mode Story, avec de nouveaux objectifs et ce afin de trouver de nouvelles armes. Bref, Drakengard est certes un jeu qui ne pourra plaire à tous, mais il vaut largement le coup d’œil !


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