l'actualité PS2, PSP et PS3 de Sony

Chaos Legion

Chaos Legion

publié le 3 septembre 2003
  • 04/09/2003
  • 08/08/2003

Après la déception engendrée par Devil May Cry 2, bon nombre de joueurs attendaient le digne successeur du mythique Devil May Cry. Pressenti pour l’être, Chaos Legion n’a au final que très peu d’éléments en commun avec l’ami Dante puisque ici il n’est question que de trancher, découper, massacrer des dizaines d’adversaires dans des joutes bruyantes, à des années lumières de toute finesse. Défoulant mais aussi lassant. Explications. Plantons le décor Développé par Capcom, Chaos Legion est inspiré d’un célèbre manga sur l’archipel nippon et met en scène deux anciens amis désormais devenus ennemis. Ainsi, le joueur incarne Sieg Wahrheit dans sa lutte contre Victor Delacroix. L’amitié unissant les deux anciens compères a éclaté lorsqu’un des deux eut l’idée folle de vouloir conquérir le monde. La quête de Sieg est alors d’arrêter Delacroix avant qu’il ne parvienne à assouvir sa soif de domination du monde. Pour les aider, chacun des deux est accompagné d’une jeune femme : Arcia Rinslet épaule Sieg dans sa lutte fratricide (notons que cette dernière se joue de manière très différente en utilisant ses deux guns et ne pouvant invoquer de Légions) alors que Siela Riviére partage le rêve de Delacroix.

Ce scénario, loin d’être original, n’est qu’un prétexte pour nous faire prendre part à des joutes massives mettant en scène des dizaines et des dizaines d’adversaires. A cette mission s’ajoute aussi celle consistant à réunir les différents fragments de la légion ultime, Thanatos, éparpillés à la fin du niveau d’introduction.Des combats épiques Les combats dans Chaos Légion constitue environ plus de 90% du jeu. Autant dire qu’avec une telle proportion, ils se devaient d’être jouissifs et non lassants. Si le contrat est en partie rempli, il faut bien reconnaître que le manque flagrant de stratégie (il en existe bien un soupçon mais on reste quand même bien loin d’un Dynasty Warriors) nuit au plaisir de jeu et nous donne plus l’impression d’assister à une immense boucherie. On se contente le plus souvent de matraquer le bouton d’attaque et ceci afin de parvenir à nos fins. Heureusement, le jeu apporte une grande originalité : les légions. Il s’agit en fait de démons que l’on peut invoquer pour nous venir en aide. Il existe plusieurs légions différentes aux capacités bien distinctes. Au départ, vous n’en possédez aucune, il vous faut donc les récupérer dans les différents niveaux (il en existe six différentes), en plus des fragments. Cependant, les récupérer n’est pas aisé puisqu’elles sont souvent très bien gardées par un immense boss et de très nombreux ennemis.

Chaque Légion possède donc ses propres caractéristiques. Ainsi il en existe une qui vous servira de bouclier, une autre qui explosera sur vos adversaires, une qui combattra à vos côtés, une autre armée d’arcs pouvant toucher les ennemis à distance … Bref, largement de quoi venir à bout des dizaines d’opposants vous barrant la route. Cependant, veillez à faire le bon choix avant de vous lancer corps et âme dans le niveau puisqu’il sera impossible de changer de légion en cours de mission. Heureusement, vous pouvez vous équiper de deux Légions au maximum. Les combats gagnent donc très nettement en intérêt (même si parfois un mauvais choix de Légion peut vous rendre la tâche impossible) et l’on a désormais l’impression d’être plongé dans un immense champ de bataille avec des joutes d’une rare intensité et où survivre reste le leitmotiv. Mais l’intérêt du jeu se retrouve surtout renforcé par le système d’évolution de vos Légions.Système d'évolution La difficulté étant relativement élevée et les ennemis de plus en plus nombreux, il est possible de customiser vos Légions afin de les rendre beaucoup plus puissantes. Pour se faire, rien de plus simple, il faut que vous combattiez avec afin de leur faire gagner de l’expérience. C’est cette expérience qui sera possible d’échanger entre le missions contre des upgrades très utiles. Vous pourrez ainsi augmenter votre attaque et votre défense, augmenter le nombre de Légions invocables simultanément (une légion se compose au départ d’un nombre déterminé de démons qu’il est possible d’accroître moyennant de l’expérience). Vous constaterez très vite qu’améliorer vos invocations coûte très cher, l’expérience demandée augmentant considérablement. Ainsi, si de prime abord, il ne vous faut que 50.000 points d’expérience pour augmenter votre attaque d’un niveau, les derniers peuvent vous en demander plusieurs centaines de milliers. Dur dur, quand on sait qu’il existe plusieurs Légions à « upgrader ». A noter que vous pouvez également gagner de l’expérience en ramassant certains items que vos adversaires laissent traîner sur le sol après les avoir défaits. Enfin, un peu à la manière d’un Devil May Cry, le jeu prend en compte votre style de combats afin de vous décerner ou non plus d’expérience. En fin de niveau, un tableau récapitulatif vous gratifie d’un grade. Plus celui-ci est élevé, plus vos points d’expérience seront multipliés par un plus grand coefficient.

L’amélioration des vos invocations a également des répercussions sur les caractéristiques de vos personnages. Il se peut par exemple que votre barre de vie ou d’âme augmente, idem pour votre attaque ou défense … A vous donc de choisir le plus efficacement possible le duo de Légions qui vous accompagnera. Cependant, il ne faut pas se leurrer, parvenir à réunir la bon duo du premier coup tient du miracle. Il faut la plupart du temps un échec pour comprendre ses erreurs. Enfin, il est également possible d’augmenter les caractéristiques de ses perso en ramassant des items parsemés ça et là dans les différents niveaux ou lâchés par les ennemis après leur défaite.

Aussi bon soit-il, ce système d’évolutions s’avère au final à double tranchant. Si améliorer ses Légions est une très bonne idée en soit, en fin de compte on a plus tendance à utiliser le même couple de démons du début à la fin, puisqu’il s’avère beaucoup plus puissant que les Légions que l’on acquiert au fil de l’aventure. Entre un démon au niveau trois ou quatre en attaque et défense, contre un au premier niveau, le choix est vite vu, d’autant plus que les ennemis sont eux aussi de plus en plus puissants et nombreux.Prise en main aisée En ce qui concerne la prise en main, il n’y a aucun problème particulier à signaler. Le jeu se prend très facilement en main et il ne faut pas plus de cinq minutes pour assimiler les différentes possibilités offertes. La panoplie de mouvements est assez étoffée : vous pouvez courir, faire des pas de côté, sauter (pour les quelques phases de plate-forme), locker vos adversaires, faire des attaques spéciales quand une Légion est invoquée et bien évidemment, l’action que vous ferez le plus, donner des coups d’épées. Viennent s’ajouter à cela, les possibilités concernant plus précisément vos Légions. Il existe bien sûr une touche pour les invoquer et une pour sélectionner laquelle des deux vous désirez appeler. Vous pouvez également leur faire exécuter un coup bien particulier en maintenant enfoncé le triangle. Cependant, vérifiez bien dans quel mode se trouve votre invocation. Il en existe deux : passif et actif. En passif, votre Légion attend vos ordres pour attaquer tandis qu’en actif, vos Légions combattront d’elles-mêmes.Une réalisation mitigéeTechniquement, le jeu fait irrémédiablement penser au deuxième volet de Devil May Cry. Les décors proposent une architecture imposante, d’inspiration gothique et moyenâgeuse. C’est un réel plaisir que d’évoluer dans des environnements aussi beaux, même si l’aliasing et les scintillements viennent quelque peu gâcher le tableau. Les différents niveaux nous proposent une grande variété dans les décors, malgré une palette de couleurs assez réduite principalement composée de teintes plutôt ternes.
En revanche, le look des personnages est inattaquable. Comme Dante, il se dégage de ces êtres virtuels une classe incroyable et une immense impression de puissance. Les multiples ennemis ne sont pas en reste. Si globalement, ces derniers ne ressemblent à rien de connu, il faut tout de même saluer leur design pour le moins étrange mais au final très réussi et s’intégrant à merveille aux différents environnements. N’oublions pas de mentionner les boss, très souvent gigantesques et magnifiquement dessinés.
L’animation est également un modèle du genre. Malgré des dizaines d’ennemis simultanément à l’écran, cette dernière ne faiblit jamais. Cependant, cette fluidité se fait au détriment de la distance d’affichage assez réduite. Dommage de voir de si beaux décors gâchés par un épais brouillard.
L’ambiance sonore est globalement bonne. Les musiques, surprenantes, sont très bonnes et collent parfaitement à l’action, de même pour les voix, cris des monstres et bruits des différents coups. Malheureusement, les joutes nous opposent à tellement d’ennemis qu’il en résulte au final une impression de cacophonie générale, désagréable à la longue.Un challenge corséLa durée de vie de Chaos Legion peut être appréhendée de deux manières différentes. Tout d’abord, pour les joueurs lambda, la durée de vie s’élèvera à une dizaine d’heures de jeu et n’en parlons plus. Pour les joueurs chevronnés, Chaos Legion représente un réel challenge. Tout d’abord la difficulté du jeu est bel et bien présente. Même en mode facile, il n’est pas toujours évident de parvenir aisément à ses fins et il faut souvent s’y prendre plusieurs fois. Boucler le jeu dans tous les modes de difficulté représente alors un challenge comme il est de plus en plus rare d’en voir. A cela, vient s’ajouter la recherche du grade parfait qui peut occuper de nombreuses heures supplémentaires.

Chaos Legion - 55 Chaos Legion - 49 Chaos Legion - 47 Chaos Legion - 53 Chaos Legion - 42 Chaos Legion - 38 Chaos Legion - 40 Chaos Legion - 39 Chaos Legion - 25 Chaos Legion - 19 Chaos Legion - 21 Chaos Legion - 12 Chaos Legion - 2 Chaos Legion - 1 Chaos Legion - 5
test écrit par Olivier
7
Graphismes
6
Jouabilité
6
Son
7
Durée de vie
Verdict :
6

Au final, Chaos Legion est une semi-déception . On s’attendait à un clone de Devil May Cry, on se retrouve avec un beat’em all aux possibilités alléchantes mais au résultat loin d’être celui escompté. Malgré de bonnes idées (les deux persos se jouant différemment, les légions customisables …), le jeu s’apparente beaucoup plus à une immense boucherie où le matraquage de bouton prédomine. Un soupçon de stratégie supplémentaire n’aurait pas été de refus. La progression à l’intérieur des différents niveaux est extrêmement linéaire. Comme pour Shinobi, il n’existe qu’un seul passage et accéder au suivant n’est possible qu’après avoir vaincu tous les ennemis présents. Aussi, l’apport des Légions est une excellente idée en soit, mais qui aurait peut-être pu être mieux exploitée. Ainsi il n’est pas souvent rare que l’on invoque ses Légions et qu’on attende tranquillement qu’elles fassent le sale boulot. Le joueur se retrouve donc un peu décroché des batailles au lieu d’y être impliqué à 200%. Enfin le niveau de difficulté assez élevé et la réalisation loin d’être éblouissante finiront de convaincre les joueurs les plus réticents que Chaos Legion n’est pas fait pour eux. Cependant, pour ceux qui passeront outre ces quelques défauts, Chaos Legion leur réserve un challenge corsé et une expérience rafraîchissante.



Retrouvez les tests de jeux vidéo des consoles SONY sur www.PlayFrance.com et sur les sections PS2, PSP et PS3