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Kingdom Hearts : les raisons du succès

Kingdom Hearts : les raisons du succès


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Apparue pour la toute première fois sur PlayStation 2 il y a maintenant dix ans, Kingdom Hearts s'est rapidement imposé comme une nouvelle licence de choix dans les carnets de Square Enix. A l'occasion de cet anniversaire, célébré en mars dernier au Japon, nous vous proposons de revenir sur les raisons du succès de cette série, réunissant notamment les héros de l'univers Disney et ceux des jeux Final Fantasy.

Un cross-over improbable mais habile

La fusion des mondes Disney avec les héros emblématiques de la série Final Fantasy en aura surpris plus d'un. Sur le papier, tout semble opposer ces deux univers. En 1999, personne ne pouvait même soupçonner tel mariage à l'issue de l'association toute fraîche entre Squaresoft et le géant de l'animation occidentale.

Mais Tetsuya Nomura et son équipe ont décidé de se réapproprier ces influences pour créer leur propre mythologie. Avec pour objectif de rendre l'ensemble crédible aux yeux des joueurs. Pour cela, le character designer de FF VII, VIII, X et XIII donne vie à un tout nouveau héros, nommé Sora. Avec ses grosses pompes jaunes et son short bouffant, le personnage central de Kingdom Hearts rappelle ainsi l'univers plus rondouillard des productions Disney, tout en conservant la patte artistique de Nomura.

Ce dernier écrit également une histoire originale dans laquelle le joueur sera amené à sauver différents mondes, dont une partie est tirée des dessins animés du géant américain. L'intégration des personnages de Final Fantasy y est plutôt subtile. Nomura se sert du background originel des Cloud, Squall (renommé Léon) et consorts, pour les mêler à l'intrigue de manière naturelle. On pense inévitablement à Auron (FF X), qu'Hadès rappelle du royaume des morts dans KH II, ou encore de Zack (FF VII : Crisis Core) qui concourt au Colisée de l'Olympe pour devenir un héros. Des exemples parmi tant d'autres, clins d'œil habiles interpellant directement les habitués des titres de Square.

Pour autant, les héros issus des Final Fantasy sont minoritaires. Cela n'empêche pas Kingdom Hearts de trouver un certain équilibre. Le jeu ne se retrouve pas noyé sous une trop grande influence occidentale en s'inscrivant dans une logique de progression, typée Action-RPG, dans la plus pure tradition nippone. Le soft se destine ainsi au public le plus large possible, qu'il soit nouveau venu ou expert dans le jeu vidéo.

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Des thèmes universelsMême si l'histoire de Kingdom Hearts a – il faut bien le reconnaître – eu tendance à se complexifier au fil des épisodes, il n'en demeure pas moins que chaque nouveau chapitre parvient à toucher les joueurs. KH, c'est avant tout une grande histoire d'amitié entre Sora, Riku et Kairi. Un sentiment si fort qu'il les pousse à franchir tous les obstacles en travers de leur route. Des passages qui réservent quelques grands moments d'émotion.C'est aussi un récit initiatique où l'on suit l'évolution de Sora. Insouciant au début de son périple, le jeune homme prend peu à peu la mesure du rôle qu'il a à jouer dans l'intrigue. Du premier au second épisode sortis sur PlayStation 2, le changement est d'ailleurs assez flagrant.La série constitue également une perpétuelle incitation au voyage, invitant le joueur à naviguer de monde en monde, à la rencontre de nouveaux personnages. Des rencontres toutes plus marquantes les unes que les autres, que lui et Sora ne sont pas près d'oublier... L'oubli, c'est justement un des thèmes les plus prégnants de la licence. Dans les derniers volets, les héros luttent contre l'oubli, conscients de l'importance des souvenirs, des bons moments passés. C'est ce qui les construit, fait d'eux ce qu'ils sont aujourd'hui. Toutes ces thématiques, essentiellement liées à l'adolescence, touchent indéniablement les plus jeunes. Mais pas seulement.En apparence très manichéen, l'histoire de Kingdom Hearts parvient finalement à éviter cet écueil grâce à Riku, ou encore Terra dans le spin-off Birth by Sleep (PSP). Ces protagonistes ont pour point commun d'avoir succombé aux ténèbres. Cela ne les empêche pas d'être bons et bienveillants envers leurs amis. C'est la raison pour laquelle ils apprennent à maîtriser leurs ténèbres. La question de la dualité est ainsi posée.

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Direction artistique et réalisation flamboyantes

Comme la majeure partie des productions Square, Kingdom Hearts se veut être une véritable vitrine technologique. Et ce, sur tous les supports.

Malgré un aliasing quelque peu prononcé lors des cutscenes, le premier épisode pose déjà les bases d'un style graphique proche du dessin animé. Palette de couleurs chatoyante et animations au poil sont des éléments fondateurs de l'identité visuelle de la licence, qui remodèle avec une fidélité remarquable les mondes Disney. Même si certains ont été beaucoup trop déclinés à travers les différents opus de la série, on note parfois un effort de profondeur louable (à l'image du Colisée de l'Olympe, de KH I à KH II).

La maestria du chara design n'est pas non plus étrangère à cette réussite. Les personnages de Nomura possèdent toujours autant de charisme et rivalisent de présence face aux héros Disney. L'ensemble est cohérent d'épisode en épisode, sans jamais être pris à défaut.

La mise en scène n'est pas en reste avec des combats merveilleusement bien chorégraphiés, notamment dans le second volet. En effet, l'intégration des QTE s'y révèle tout bonnement bénéfique, offrant des moments de bravoure particulièrement spectaculaires. Et qui ne se rappelle pas encore de la mémorable scène de bataille contre 1 000 Sans-Cœurs dans KH II ? Une prouesse technique rendue jubilatoire par une fluidité de l'action exemplaire. Un passage qui aura ravi un grand nombre d'amateurs d'Action-RPG.

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Une bande-son de qualitéLes deux premiers KH, ce sont surtout un doublage intégral dans la langue de Molière. Pourtant, au regard de la quantité de personnages croisés dans l'aventure, ce n'était pas gagné. Square et Disney l'ont fait. C'est ainsi que l'on retrouve bon nombre de voix officielles, telles que Laurent Pasquier (Mickey), Gérard Rinaldi (Dingo, Clayton) ou encore Sylvain Caruso (Donald). Un gage de qualité, qui contribue par ailleurs très fortement à l'immersion du joueur dans les mondes Disney. Il ne faut pas négliger non plus la performance des autres doubleurs, et plus particulièrement ceux chargés des principaux protagonistes. Avoir des voix françaises dans un jeu vidéo n'est pas chose si récurrente...Outre son excellent doublage, que serait Kingdom Hearts sans les compositions de Yoko Shimomura? Réputée pour son travail sur la bande-son de Front Mission ou encore de Legend of Mana, la musicienne a su se réapproprier avec brio les célèbres mélodies des films Disney. Immersion garantie. La musique tient même une place toute particulière dans KH II puisque le monde de La Petite Sirène se traverse comme une comédie musicale, où l'on progresse à la manière d'un jeu de rythme. Inoubliable.

Bien qu'ayant avancé sous pression, Shimomura est finalement parvenue à insuffler une véritable identité sonore à la licence, à l'image de « Dearly Beloved », le somptueux morceau de l'écran titre.

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Un gameplay évolutifLe tout premier Kingdom Hearts se veut somme toute basique dans son approche du genre Action-RPG. La progression y est très linéaire et et l'évolution des capacités de Sora, elle, assez limitée. Seules quelques phases de plateforme, pas vraiment aidées par une caméra défaillante, et de shoot'em up apportent un peu de variété.KH II est venu améliorer la formule en intégrant QTE, des transformations pour Sora lui octroyant temporairement de nouvelles compétences, et en réglant les soucis de caméra du premier opus. Les combats se révèlent bien plus dynamiques à jouer que par le passé, ce qui est déjà un premier grand pas.Les nombreux spin-off qui ont suivi se sont attachés à poursuivre dans cette voie. Le volet Chain of Memorie sur Game Boy Advance a expérimenté un système de cartes de compétences à utiliser durant les affrontements. Le concept apporte une dimension stratégique bienvenue, incitant le joueur à organiser ses decks de cartes de la manière la plus optimale qui soit. Cette idée sera reprise sous une forme quelque peu différente dans Birth by Sleep, sur PSP. Dans cet épisode, les compétences peuvent être montées en niveau, afin d'apprendre des capacités suppélementaires. D'autres nouveautés font leur apparition au cœur du système de combat, lui conférant une plus grande profondeur encore que par le passé.Kingdom Hearts rime aussi avec mini-jeux. En effet, les volets principaux regorgent d'activités annexes auxquelles le joueur peut s'adonner par pur plaisir. Même si ces activités ne revêtent pas un intérêt ludique conséquent, elles ont le mérite d'exister et d'apporter par instants un petit peu de fraîcheur.

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