Spécial PS3

Dead Space 3 : pleins feux sur la coopération | le 08 novembre 2012 à 15h00, par

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Si depuis Alien tous les amateurs savent que dans l'espace personne ne vous entend crier, le premier Dead Space a su imposer sa vision très personnelle de l'horreur spatiale sur consoles. Avec un deuxième épisode qui multipliait les scènes d'anthologie, le studio Visceral Games, en charge du développement de la série, a su plonger les joueurs au cœur d'une épave à la dérive, véritable nécropole au cœur encore palpitant. Ce troisième opus vous embarque dans un vaisseau en meilleur état. Pour quelques instants seulement, le temps qu'un incendie se déclare et que tout s'effondre autour de vous. Seul au monde et à la dérive dans une épave monumentale, vous incarnez Isaac, véritable Jonas des temps futurs. Le genre de héros qui a le chic pour faire capoter les aventures où il s'embarque. Pour ce Dead Space 3, Visceral ajoute un nouvel ingrédient à sa formule explosive, la coopération et réussit à nouveau l'exploit de nous emmener sur des chemins sans retour vers l'angoisse.

Un tien vaux mieux que deux tu l'auras ?

Après une première séance manette en mains lors de la Gamescom, Dead Space 3 s'est donc laissé approcher une nouvelle fois pour dévoiler plus en détails l'aspect coopératif du jeu. À l'annonce de cette nouveauté, les critiques des joueurs se sont élevées très vite, criant à la trahison d'une licence et de cette nouvelle offrande faite sur l'autel de l'action. Comment, a priori, concilier ambiance claustrophobique et coopération entre amis ? Comment conserver ce climat malsain et oppressant des deux premiers épisodes alors que vous pouvez désormais vous épauler comme dans tout bon TPS (jeu à la troisième personne) en vogue ? Loin des Gears of War ou même d'Army of TWO qui s'appuient sur la même mécanique de binôme, Dead Space 3 pervertit les codes de la coopération et souffle presque la discorde entre les joueurs.

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Les habitués de la saga retrouveront donc Isaac qui semble encore et toujours poursuivi par les "faveurs" d'une secte dont le but apocalyptique est de répandre les nécromorphes dans la galaxie. Pour ne rien arranger, notre ingénieur est à bord d'une expédition vers une planète gelée qui abriterait l'un des mystérieux monolithes à l'origine de la contagion. Dans cette aventure, notre héros sera rejoint par un soldat qui l'accompagnera et l'épaulera dans sa mission, bien que ses motivations soient différentes. Si le scénario reste encore mystérieux, Visceral Games nous a permis de jouer deux fois le même passage (une première en solo, une deuxième en coopération) pour comprendre comment Dead Space 3 intégrait la coopération. Une manière aussi simple qu'efficace de prouver que jeu à deux ne rime pas forcément avec action sans concession.

Perdus dans le froid de cette planète hostile, Isaac avance seul dans une nuit silencieuse. Les pas feutrés du héros résonnent dans l'obscurité quand un vaisseau hostile déchire le ciel et nous prend pour cible. Une course poursuite s'engage alors et la souris ne se sauve qu'en rentrant dans un complexe de couloirs en béton. Quelques instants plus tard, c'est le retour en extérieur et les premiers ennemis nous tombent dessus avec une violence et une rapidité qui participe à la tension générale. Les twitchers sont de nouveaux nécromophes qui se déplacent à vitesse grand V et semblent presque se téléporter d'un point à un autre pour mieux vous cisailler, empaler et tout ce qui peut ressembler à de la charcuterie sur le corps humains. De son côté, Isaac n'est pas en reste et, équipé de ses armes les plus meurtrières, notre héros va pouvoir lacérer, bruler, transpercer les corps de ces ennemis aux multiples membres. Dead Space 3 n'est pas gore au sens classique du terme, il joue sur un rapport malsain avec le corps et le joueur est régulièrement confronté à des situations assez malsaines qui rappellent que sous l'épaisse armure du joueur un simple être de chair et de sang tente de survivre. La séquence se termine par un dernier combat en intérieur et si la qualité graphique du jeu impressionne à nouveau le meilleur reste à venir.

Les sentiers de la perdition

Fin de notre course en solitaire, nous reprenons le même passage, cette fois-ci dans la peau du nouveau venu, Carver, qui ne se contentera pas de jouer les seconds rôles tandis qu'un développeur endosse le costume d'Isaac. La démarche de Carver est plus lourde, l'homme est un soldat massif et le souci du détail va donc aussi loin pour renforcer l'expérience du jeu. On pourrait presque parler de direction d'acteurs virtuels tant les deux personnages malgré des armures presque similaires se différencient une fois la manette entre les mains. Nous reprenons donc la même poursuite avec le vaisseau qui nous canarde copieusement et la présence d'un deuxième personnage ne change rien à l'affaire, il s'agit toujours de courir et de se mettre à l'abri. Même constat lors du combat contre les nécromorphes, la puissance de feu double est compensée par des ennemis plus nombreux et toujours aussi vicieux comme les fameux stalkers (des poulets géants décharnés) qui prennent un malin plaisir à vous charger dans le dos.

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La différence surgit alors que l'on pénètre dans le dernier bâtiment. Casque rivé sur les oreilles nous entendons les plaintes d'une femme qui résonnent dans les couloirs. Pire, alors qu'Isaac traversait cette zone de béton sans relever d'indices particuliers, des soldats de plomb apparaissent sous nos yeux et semblent garder les portes. Un petit coup d'œil sur l'écran de mon partenaire et je constate que ces visions ne sont pas communes, tout comme j'apprends être le seul à entendre les cris de détresse. Carver est sujet à des hallucinations qui débloquent de nouvelles zones à explorer mais faussent également la communication entre les joueurs. Tandis que l'un voit une porte s'ouvrir, l'autre ne peut pas avancer et la frontière entre cauchemar et réalité s'effondre brusquement quand Carver est transporté dans une zone en flammes, prêt à tout pour rejoindre le fantôme fuyant de sa femme. Pendant ce temps-là, Isaac doit composer avec les nécromorphes qui attaquent et Carver ne pourra l'épauler qu'en sortant au plus vite de son délire.

La démonstration était donc orchestrée pour mettre en avant les différences entre les deux personnages mais également entre les deux expériences de jeu. Visceral Games joue avec les codes de la coopération et, alors même que les joueurs sont désormais habitués à s'épauler pour franchir les obstacles, ici chacun aura une vision différente de la réalité. Ce qui ne manquera pas de créer des quiproquo et même des sujets de mésentente entre les joueurs. Pourquoi aller à gauche alors qu'une porte s'ouvre à droite pour l'un mais pas pour l'autre ? Comment accepter que votre camarade ne vous aide pas en combat alors que pour lui il n'y a aucun danger à l'écran? Un mécanisme subtil et spectaculaire une fois en jeu, qui permet à la fois de renouveler la campagne. Une garantie que ce Dead Space 3 ne sera pas un simple jeu d'action mais à nouveau une expérience qui joue avant tout sur les peurs des joueurs, claustrophobie, dégoût de la violence des combats ou encore peur de ne pas être compris par son équipier.

Conclusion

Pendant de longues années, la peur se conjuguait sur consoles avec les épisodes de Resident Evil. Mais aujourd'hui, alors que de son côté la série de Capcom s'oriente toujours un peu plus vers l'action et le grand spectacle, les aventures d'Isaac Clarke (hommage double à Isaac Asimov et Arthur C. Clarke) nous embarquent à nouveau pour un jeu qui mêle action et frissons. Bien sûr la peur ne se commande pas et certains ne seront pas aussi sensibles que d'autres aux ressorts utilisés pour entretenir le malaise du joueur. Mais tous tomberont d'accord sur la maestria de la réalisation qui emmène le joueur dans ce décor sinistre d'une planète endormie et presque morte, successions de couloirs gris, tout juste éclairés par une lumière bleutée vacillante et d'extérieurs frappés par le froid et le vent. Rien ne sera fait pour réconforter le joueur, pas même la présence de son coéquipier qui, en proie à ses propres hallucinations, sera parfois la cause de situations critiques pour le tandem.



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