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Concert : Nobuo Uematsu à Paris | le 21 novembre 2012 à 8h30, par

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Entretien avec Nobuo Uematsu

Jeudi 15 novembre, 14 h, Nobuo Uematsu est en France pour livrer une série de trois concerts, programmés au Dock Pullman et à La Cigale. La veille, il s'était déjà produit à Bruxelles (Belgique) pour la toute première fois sous une formation inédite, seulement accompagné sur scène de Yoshitaka Hirota (basse) et de Tsutomu Narita (claviers). Malgré la fatigue du voyage (l'équipe est arrivée dans la matinée, NDLR), le compositeur phare des Final Fantasy s'est montré très disponible, prenant le temps de répondre à toutes les questions qui lui étaient posées lors de la conférence de presse tenue dans la salle d'arcade parisienne La Tête dans les Nuages. L'occasion pour lui, de revenir sur cette tournée, son actu, mais aussi sur sa carrière. Morceaux choisis.

NB : Voir aussi la news vidéo Final Fantasy : notre entretien avec Nobuo Uematsu.

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Vous arrive-t-il de faire beaucoup de concerts sur une année à l’étranger, ou vous concentrez-vous uniquement sur le Japon ?

Nous faisons quelques concerts à l’étranger, avec une formation orchestrale (Distant Worlds, NDLR). Il nous arrive aussi d’en faire au Japon, une fois tous les deux ans environ. Avec mon groupe, les Earthbound Papas, nous faisons entre 3 et 4 concerts par an. Mais si on me demande de faire des concerts ailleurs, j’y vais ! (rires)


Vous êtes le premier compositeur japonais à venir en Europe pour faire un concert de musiques de jeux vidéo. Espérez-vous que cela se développe par la suite ou bien sentez-vous que c’est encore timide ?

Jusqu’à maintenant, on s’est beaucoup concentré sur les États-Unis pour jouer à l’étranger. Bien entendu, ce n’est pas l’envie d’aller jouer ailleurs qui nous manque. Le prochain concert de Distant Worlds, à Paris (12 et 13 janvier), n’a pu se finaliser que très récemment, par exemple. Cela faisait très longtemps que l’on avait envie de le faire, mais on n’avait pas eu d’occasions concrètes.


Aviez-vous déjà séjourné en Europe, et notamment en France, avant de venir y tenir des concerts ?

Je suis venu plusieurs fois en repérages quand je travaillais encore chez Square Enix. Notamment pour les premiers épisodes de la série Final Fantasy, jusqu’au sixième, car ceux-ci s’inspiraient très fortement de l’ambiance heroïc fantasy, très européenne. Mais depuis Final Fantasy VII, l’univers est beaucoup plus inspiré d’un futur proche que sur l’aspect moyenâgeux des précédents volets. A l’occasion de Final Fantasy IX, je suis revenu en France pour deux nouvelles semaines.


Quels compositeurs européens vous ont inspiré et quels sont ceux que vous préférez ?

Il y en a beaucoup que j’apprécie. Il fut un temps où j’ai beaucoup étudié la musique classique française, et notamment Debussy. En analysant quelques morceaux, il s’est avéré que c’étaient des compositions très jazz et cela m’a beaucoup impressionné à l’époque. J’apprécie énormément ce genre d’artistes.


Y a-t-il une anecdote qui vous a particulièrement marqué lors d’un concert ?

Il y en a plein (rires) ! Je me souviens qu’en Suède, lors d’un concert Distant Worlds, de nombreux fans nous attendaient à la sortie. Comme il était difficile de quitter la salle à ce moment-là, nous avons dû attendre. Jusqu’à ce que cela soit possible, il restait encore 7 fans à attendre. Ils venaient de Finlande et ils ont tellement attendu qu’ils ont raté leur vole de retour ! Ou encore, à Taïwan, où des fans rentraient en retard dans la salle de concert. Pendant une demie-heure, on avait des spectateurs qui s’installaient au compte-goutte. Je pense qu’ils ne sont pas très près de l’heure à Taïwan ! Il y a encore beaucoup d’histoires à raconter, mais ce sera pour la prochaine fois. (rires)


Quelle est l’origine de votre groupe de rock Earthbound Papas ?

A l’époque de The Black Mages (une première formation créée par Uematsu avant Earthbound Papas, aujourd’hui dissoute, NDLR), j’étais encore employé chez Square Enix. Quand j’ai arrêté de travailler pour eux, il était devenu difficile de garder ce nom tout en poursuivant cette activité. C’est comme cela qu’est né Earthbound Papas. La base est restée à peu près la même. Par exemple, le guitariste de l’époque est toujours là (Tsuyoshi Sekito, NDLR). D’autres, comme messieurs Iwata et Narita font désormais partie du groupe. On fait toujours la même chose mais sous un nom différent. On joue d’ailleurs des morceaux que nous faisions déjà avec The Black Mages. On aimerait pouvoir sortir un nouvel album l’an prochain, aux alentours du mois de juin. Et si on fait un concert, n’hésitez pas à venir !


Quelle est votre façon de travailler dans la composition des musiques d’un jeu ?

En général, j’entame la composition des musiques dès que j’ai connaissance de l’histoire du jeu. C’est toujours mieux d’avoir des images ou d’autres documents avant de pouvoir composer, mais ce n’est pas toujours le cas. Donc, le processus commence très tôt. Avant, je travaillais sur la production d’OST de A à Z, c’est-à-dire de toutes les étapes de composition jusqu’à la sortie du CD. Aujourd’hui, comme je travaille en free lance, je suis très occupé et il m’arrive donc de ne pas me charger de la composition dans son intégralité. Souvent, je demande à M. Narita de s’occuper des arrangements de certains morceaux, de donner des indications générales pour la suite, etc.


Si vous ne deviez retenir qu’un seul morceau que vous auriez composé pour la série Final Fantasy, lequel serait-ce ?

(Il réfléchit longuement) Le thème des Chocobos ! (rires)


Final Fantasy XIV a marqué votre retour à la composition pour le compte de la série. Avez-vous envie de faire les musiques d’un nouvel épisode ?

Depuis mon départ, la compagnie Square Enix a connu de nombreux changements, et a accueilli beaucoup de nouveaux membres. Si on me demandait aujourd’hui de participer à un nouveau Final Fantasy ? Je n’ai pas vraiment d’idée précise à ce sujet. Par contre, si d’anciens membres me proposaient un nouveau projet autour de la série, et notamment M. Sakaguchi, je pense que j’y réfléchirai beaucoup plus sérieusement. Cela me plairait même beaucoup.


Où en est votre collaboration avec Mistwalker?

Avec M. Sakaguchi, nous travaillons ensemble depuis très longtemps. Nous sommes toujours très contents de collaborer avec lui. D’ailleurs, il se trouve actuellement à Paris. Il se déplace très souvent pour venir nous voir en concert à l’étranger, notamment à Distant Worlds. Il sera d’ailleurs présent aux concerts parisiens, en janvier.


Y a-t-il des OST que vous avez particulièrement appréciées récemment ?

Uematsu : Il y avait une Anglaise… Elle a réalisé la bande originale d’un film que j'ai vu récemment… Son nom ne me revient pas en tête. Je suis un peu vieux maintenant, j’ai du mal à retenir les noms. (rires) Ce doit être une personne du même âge que moi je pense. En écoutant ses musiques, je me suis dit que j’aimerai bien composer quelque chose comme ça.

Hirota : J’ai réfléchi vraiment longuement à la question et, après avoir encore joué hier quelques morceaux avec Nobuo Uematsu, je pense que ses OST sont les meilleures que j’ai écoutées.

Narita : Pareil pour moi ! (rires) Quand j’étais petit, j’ai joué aux Final Fantasy et, à l’époque, j’en ai acheté les partitions. Il m’est parfois arrivé de jouer quelques morceaux à l’école, à l’occasion de petites représentations musicales.


Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ? Et le pire ?

Le plus difficile pour moi, c’est lorsque je me rappelle mes débuts où, pour vivre, j’acceptais tout et n’importe quoi. Je me souviens avoir connu des coupures d’électricité ou d’eau, parce qu’il était très difficile de payer les factures et de tenir les fins de mois. Et justement, le meilleur souvenir est celui de ma carrière jusqu’à maintenant. Être invité à l’étranger, rencontrer plein de gens et jouer devant plein de fans, c’est vraiment quelque chose qui n’a pas de prix.

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Au terme de cet entretien d'une heure, Nobuo Uematsu doit enchaîner avec plusieurs interviews privées. A l'entrée de la salle d'arcade, quelques fans font déjà la queue pour voir leur idole et repartir avec une petite dédicace. L'attente est longue (près de 3 heures pour les premiers arrivés), mais dans la file, on discute avec passion de l'œuvre de l'artiste. D'autres réécoutent ses plus belles compositions, sur un lecteur MP3 ou encore sur 3DS, avec le jeu Theatrhythm Final Fantasy.

18 h, les vigiles ôtent les barrières de sécurité et filtrent le passage des fans jusqu'à la boutique du concert. Vinyles en édition très limitée (seulement 1 000 exemplaires), T-shirts, badges... Les supports ne manquent pas pour recueillir une petite signature de Nobuo Uematsu. Quelques joueurs ont préféré ramener un exemplaire de leur collection de jeux FF, d'autres ne sont venus qu'avec un bout de papier. Comme ce jeune homme qui, au lieu d'un simple autographe, repartira finalement avec un dessin de Chocobo griffonné par la star. Le compositeur de 53 ans se montre très accessible et souriant. Un beau préambule avant le premier concert donné en France, le 16 novembre, au Dock Pullman.

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