Spécial PS4 - Assassin's Creed Syndicate : la preview

Assassin's Creed Syndicate :  la preview

Assassin's Creed Syndicate : la preview

Assassin's Creed va-t-il connaître cette année l'épisode du renouveau que beaucoup attendait l'année dernière avec l'épisode Unity ? La Révolution Française laisse la place à la Révolution Industrielle, Londres succède à Paris et le héros solitaire Arno est remplacé par un couple de jumeaux, Jacob et Evie. Le jeu lui-même nous promet de l'aventure, de l'escalade et des combats améliorés, le tout au rythme effréné des calèches lancées au galop et des trains à vapeur. Comme tous les ans on nous annonce de nouvelles mécaniques de jeu et une histoire qui se conjugue avec l'Histoire (avec un grand H). Reste à voir si la série parvient à trouver dans le passé des raisons de croire en son futur.

Ubisoft nous a conviés pour une session d'essai sur Assassin's Creed Syndicate. Plusieurs heures de jeu en présence de certains membres de l'équipe de développement et un premier aperçu qui nous en dit déjà beaucoup sur ce nouvel épisode.

Préambule historique Difficile, voire même impossible d'aborder ce nouvel épisode de la saga sans revenir sur le précédent. Assassin's Creed Unity aura ainsi subi les foudres des joueurs. La cause ? Une myriade de bugs plus ou moins gênants qui ont fini par faire oublier dans l'esprit de beaucoup l'incroyable bond en avant graphique. Assassin's Creed Unity aura en effet été le premier épisode développé uniquement pour la nouvelle génération de consoles, offrant sous nos yeux un Paris plus vrai que nature et une aire de jeu certes moins vaste que celle d'Assassin's Creed Black Flag mais ô combien plus détaillée et variée. Là encore, le verre à moitié vide l'a emporté, et beaucoup (trop ?) ont avant tout retenu un jeu qui abandonnait les navires (normal vu le thème) sans reconnaître que les activités annexes étaient désormais beaucoup mieux scénarisées et que la série revenait sur ce qui avait fait sa force, une histoire concentrée sur une ville. Une qualité qui ne s'est pas faite au détriment de la quantité, les histoires du Vieux Paris étant assez nombreuses pour vous retenir presque 50 heures.

C'est donc avec ce lourd héritage sur les épaules que débarque bientôt Assassin's Creed Syndicate. Un jeu qui tente de traverser les époques en ajustant sa formule pour suivre le train des jeux qui sortent cette année. Un pari de plus en plus risqué quand la concurrence se renforce et que des titres comme Metal Gear Solid V The Phantom Pain ou encore The Witcher III prouvent que l'on peut concilier aire de jeu XXL, durée de vie conséquente, scénario captivant et gameplay soigné. De nouvelles références qui viennent un peu plus mettre la pression sur un épisode développé par Ubisoft Québec, pour la première fois studio leader sur un épisode.

Allons à London

Assassin’s Creed Syndicate nous emmène jusqu’en 1868 en pleine Révolution Industrielle, dans un Londres beaucoup plus vaste que le Paris de 1789. Pour cette session de test nous avions accès directement mais uniquement aux séquences 3 et 7 de l’histoire principale. Pas question de découvrir comment cet épisode renoue avec le présent, mais les développeurs nous ont assuré que ce qui a été amorcé avec Unity sera ici plus clair pour tous. On se souvient ainsi que les cinq premiers jeux Assassin’s Creed formaient un seul arc narratif avec le personnage de Desmond, même si le passé nous amenait à contrôler Altaïr, Ezio et Connor. Ce qui donne donc un autre découpage pour certains qui se concentrent uniquement sur le passé avec la trilogie Ezio et la saga Kenway (Connor, Haytham et Edward). Avec Assassin’s Creed Syndicate on devrait donc découvrir soit un nouveau personnage dans le présent (ou notre futur) mais aussi un lien entre Unity et Syndicate. L’Animus des précédents numéros, sera vraisemblablement remplacé par le système Helix, et on peut imaginer que le thème des périodes de Révolution aura un rôle entre les deux épisodes.

En traversant la Manche la série se les retrousse (les manches !) et fait peau neuve sur quasiment tous les aspects sans pour autant chambouler (on vous évitera le mot révolutionner c’est promis !) le squelette du gameplay qui s’appuie une fois encore sur  différents piliers que sont le combat, le parkour, l’infiltration et les enquêtes. Mais avant de faire le point sur le gameplay, un mot, et beaucoup plus encore, sur l’histoire et surtout les personnages de cet épisode londonien. On ne va pas se mentir, même en tant que fan inconditionnel de cette série à part, depuis Ezio les personnages n’ont pas brillé par leur charisme. Sur le papier Edward et Haytham s’en sortent un peu mieux mais depuis la perte d’Ezio, Assassin’s Creed n’a pas forcément brillé sur ce sujet. Avec Arno elle a même sans doute touché le fond. Pour mieux nous surprendre cette année avec non pas un mais bien deux héros, les jumeaux Jabob et Evie Frye. Un duo dynamique, l’un est un peu insouciant l’autre est plus prudente. Les échanges entre les deux sont savoureux et pour la première fois depuis longtemps on s’attache aux héros de l’épisode. Un plaisir prolongé par la galerie de personnages secondaires qui vont vous assister ou vous combattre.

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Un casting qui fait mouche Comme le disait Hitchcock, « Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film », une règle d’or qui ne signifie pas qu’il faut un grand méchant pour un grand film (a fortiori un grand jeu) mais que sa présence sera une grande valeur ajoutée à l’intensité dramatique. Là encore, Assassin’s Creed Syndicate frappe fort avec Crawford Starricks, un industriel sans scrupules, épaulé par une galerie de second couteaux salopards tout droits sortis d’un film de Guy Ritchie. Ambiance Cockney, avec un défilé de sales tronches et un accent reconnaissable par tous mais compréhensible par personne. Le jeu se déroule ainsi dans une ville de Londres découpée en sept quartiers très différents, avec une population qui affiche sa richesse dans certaines rues, des conversations aux sujets opposés selon les quartiers et bien sûr une architecture incroyablement détaillée pour retranscrire l’ambiance de cette ville en pleine mutation. Les façades des commerces sont colorées, les églises sont là pour rappeler l’âge d’or du Néogothique anglais et enfin les bâtiments de l’époque comme la Gare de Saint Pancras et son incroyable verrière rivalisent avec les monuments emblématiques de Londres.

Une ville aux proportions différentes et là où l’on avait pris plaisir à déambuler sur les toits de Paris pour esquiver la foule trop pressante dans les petites rues, ici on aura au contraire de larges avenues pour profiter des toutes nouvelles calèches et d’un trafic inédit. Sans aucun doute échaudé par les déboires techniques rencontrés sur Assassin’s Creed Unity la foule est moins présente mais la vie de quartier n’en reste pas moins bien retranscrite avec des activités qui varient selon les quartiers. En revanche les textures nous ont semblé moins précises, un détail quand on admire le rendu de la ville mais en revanche une légère déception quand on se rend compte que les visages des protagonistes, par ailleurs très expressifs et très bien doublés, affichent des modèles 3D pas aussi précis que ce qu’on est en droit d’attendre pour une production de ce calibre. Soyons clairs, c’est encore très satisfaisant mais la renommée de la série l’expose à un jugement forcément plus critique. Au final la ville de Londres propose un terrain de jeu si vaste que l’impression d’ensemble l’emporte, d’autant plus que cette fois-ci le frame rate est plus stable. Un ajustement technique qui fait regretter les incroyables jeux de lumières sur les vitraux de Notre-Dame et de la Sainte Chapelle mais qui permet d’afficher une ville encore plus vaste.

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Assassin’s Creed Syndicate propose une aventure dans un Londres en pleine mutation. Une fois de plus ce cadre historique est le parfait décor pour une histoire qui nous dévoile les agissements de sociétés secrètes, des organisations de l’ombre censées influencer les changements de société. Cet épisode nous a déjà montré de très belles séquences et une mise en scène soignée de chaque séquence. Le thème industriel transpire jusque dans les objectifs de mission qui nous dévoile une classe ouvrière naissante et exploitée. Evie et Jacob incarnent avec panache ces défenseurs des opprimés, des enfants abandonnés et des quartiers en proie à la violence. On retrouvera aussi des figures emblématiques de ce Londres crasseux et nos deux héros pourront prêter main forte à Charles Dickens, Darwin ou encore Graham Bell. Des missions secondaires qui permettent d’explorer la ville et de plonger le joueur dans une époque en pleine effervescence. Pour le coup le résultat est convaincant et nous a semblé, même mieux orchestré que dans le précédent Assassin’s Creed Unity. Reste à savoir comment le scénario saura (ou non) monter en puissance et si les méchants dévoilés sauront (ou non) incarner une menace digne d’intérêt et non pas se restreindre à faire de la figuration de circonstances.

Un gameplay mis à jour On l’a vu, la technique du jeu est perfectible mais la direction artistique permet malgré tout à cet Assassin’s Creed Syndicate d’avoir fier allure à l’écran. Sur le terrain du gameplay le bilan après trois heures de jeu est tout aussi ambivalent. La série s’appuie depuis le premier épisode sur plusieurs piliers que sont le parkour, le combat et l’infiltration. Dans cet épisode ces trois aspects ont été revu avec des fortunes diverses.

Le parkour tout d’abord est toujours aussi simple d’accès, avec deux héros qui marchent en funambule sur les traces des précédents assassins, capables d’escalader les plus hauts monuments en quelques secondes et de les dévaler comme a su le faire Arno depuis AC Unity. A cette agilité génétique s’ajoute un nouvel outil qui révolutionne les déplacements en ville, le grappin. Très vite vous allez en effet récupérer un fusil capable de décrocher un grappin pour vous agripper aux corniches et autres gargouilles trop curieuses. Evie et Jacob peuvent ainsi franchir des distances de plusieurs dizaines de mètres au-dessus du vide en utilisant la corde et une tyrolienne. Un ajout majeur qui rappelle les tyroliennes de Assassin’s Creed Revelations, cette fois-ci disponibles à la demande. Les dimensions de la ville justifient cet ajout, tout comme la possibilité de se balader en calèche quand l’envie de rester sur le plancher des vaches se fait sentir. Trafic assez dense, rues assez larges, Evie et Jacob n’auront finalement que très peu l’occasion de marcher dans la rue comme un quidam anonyme. Pour être complet, précisons que si la ville est immense par rapport à Paris, en revanche il nous a semblé que les bâtiments étaient quasiment tous fermés là où Arno pouvait se faufiler d’un café à un autre. Un retour en arrière assez décevant même s’il estompe les problèmes de maniabilité et de caméra dès que les héros se déplacent dans des environnements clos.

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Le combat a subi une modification plus lourde. Même si la série encourage à jouer la discrétion les passes d’armes sont nombreuses et jamais vraiment un obstacle à la progression. La faute une fois encore à une difficulté toute relative. Evie et Jacob peuvent en effet contrer les attaques des ennemis, esquiver d’un pas sur le côté ou encore casser la garde des plus récalcitrants. Dans ce cas les indications à l’écran se multiplient et chaque ennemi dispose souvent d’une icône au-dessus de la tête qui vous avertit s’il va attaquer ou encore s’il faut « casser » sa garde avant de lui infliger des dégâts. Les héros peuvent également utiliser en plein combat une arme à feu ou encore finir de manière plus ou moins sanglante les ennemis. On est malheureusement encore loin de la mise en scène d’un Batman ou même de la brutalité de l’Ombre du Mordor. Les coups manquent d’impact et on a souvent l’impression de frapper dans le vide. Pire, il est souvent impossible de s’enfuir, cernés par des ennemis pas très futés. On devra alors péniblement et méthodiquement les tuer avant de reprendre notre route. Si la police passe par là, attendez-vous à une confrontation plus sérieuse. Les combats restent donc assez laborieux malgré une refonte presque totale du système, ce qui pousse plus que jamais le joueur à rester sur les hauteurs et à privilégier la discrétion.

Ce dernier aspect du gameplay de la série reste lui aussi perfectible. Malgré l’ajout d’un bouton pour s’accroupir et se déplacer plus silencieusement que dans Assassin’s Creed Unity, Syndicate ne fait pas beaucoup mieux que ses prédécesseurs avec des ennemis au comportement robotisé et à la vigilance particulièrement volatile. Le jeu tente bien de dissimuler ces lacunes avec des scripts assez prononcés mais dans l’ensemble, et malheureusement, plus que jamais Assassin’s Creed n’est plus un jeu d’infiltration. Quand on compare cet aspect au très récent Metal Gear Solid V The Phantom Pain, le constat est sans appel et réclame une mise à jour urgente du gameplay de la série pour le prochain épisode. Le tout est loin d’être désagréable mais l’ensemble manque clairement de fluidité. Heureusement Assassin’s Creed Syndicate fait régulièrement oublier ces lacunes historiques tant l’ensemble du jeu témoigne d’un travail titanesque. Les activités sont nombreuses comme les nouvelles guerres de gang qui permettent de contrôler un quartier. On prend ainsi d’assaut les repères des ennemis puis, après quelques échauffourées, on arrive à la confrontation finale, façon Gangs of New York avec un duel au sommet contre le chef du syndicat du crime ennemi. Une idée qui permet de ponctuer toute cette partie du jeu avec des bastons efficaces mais aussi de proposer des figures de méchants beaucoup plus présentes. Terminons cette partie avec votre QG qui, loin de se cantonner à l’un des quartiers se déplace en permanence dans Londres puisqu’il est à bord d’un train à vapeur. L’idée est excellente et permet d’ajouter une nouvelle manière de se déplacer (sans oublier les inévitables points de synchronisation).

Nos Impressions Assassin’s Creed Syndicate va tenter de faire oublier le démarrage chaotique de l’épisode précédent. D’un point de vue technique on oscille entre plusieurs sentiments, impressionnés par la taille de la ville, la, richesse de sa reconstitution ou encore et tout simplement cette impression unique de se balader dans une ville du passé toujours bien vivante. D’un autre côté le jeu a clairement fait machine arrière sur certains points et la distance d’affichage se fait au prix de nombreux sacrifices. L’important reste malgré tout  l’impression d’ensemble et pour le coup il n’y a non seulement rien à dire mais plutôt à tirer bien bas son chapeau. Pour l’aspect aventure la surprise est, pour l’instant, très largement positive et sans réserve. L’idée d’incarner un couple de jumeaux assassins, leurs relations, les dialogues qui en découlent dynamise avec bonheur l’écriture. Les méchants tout droits sortis de leurs entrepôts de contrebande sont également à mettre sur le compte des bonnes idées. Mais l’addition se révèle plus amère quand on se penche sur le gameplay du jeu. Certes, comme on l’a vu et détaillé, chaque aspect du jeu semble avoir fait l’objet d’une refonte assez net. Pourtant, on aurait préféré un enrichissement de ce qui fonctionne au lieu de ce qui ressemble parfois à des essais (non transformés) comme, en particulier, le combat qui manque cruellement de pêche. Impossible enfin de ne pas pointer du doigt la partie parkour qui, malgré les améliorations constatées depuis Assassin’s Creed Unity reste souvent d’une rigidité (cadavérique ?) insupportable. Un seul exemple pour illustrer cet aspect : grimper dans un bâtiment depuis une fenêtre est d’une lourdeur d’un autre temps. C’est bien dommage mais cela, fort heureusement, ne gomme pas tout le reste. Les fans de la série devraient donc s’y retrouver mais de son côté elle devrait sans doute prendre un peu de temps pour repenser une formule qui commence à accuser son âge malgré les rénovations régulières dont elle fait l’objet.

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