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A la découverte de L.A. Noire | le 10 décembre 2010 à 18h00, par Thomas

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Annoncé en 2006 pour ne réapparaitre concrètement que cette année, L.A. Noire est le genre de titre à prendre son temps. En gestation depuis près de cinq ans, le dernier né de Rockstar veut une nouvelle fois bousculer les genres et nous proposer une expérience inédite avec ce thriller noir d'après-guerre. Attention, il se pourrait bien qu'on soit en présence d'une des œuvres majeures de 2011.

Le personnage que l'on incarne se nomme Cole Phelps (à ne pas confondre avec un certain Michael). Vétéran de la seconde guerre mondiale et décoré de la Silver Star, il choisit tout simplement de rejoindre la police de Los Angeles afin de devenir détective. Plutôt humble mais déterminé, il essaye de devenir celui qui lutte pour le bien de la communauté, le flic parfait en somme. Dans un contexte d'après-guerre où le taux de criminalité explose à Los Angeles et partout ailleurs aux Etats-Unis, il est confronté à diverses enquêtes de corruption et de meurtre qui vont lui rappeler que l'être humain est loin d'être un ange.

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La première chose qui frappe lorsque l'on regarde L.A. Noire, un aspect d’ailleurs mis en avant dans le trailer fraichement diffusé, ce sont les expressions des visages criantes de vérité de chaque protagoniste. Après le Motion Capture qui permettait aux équipes de retranscrire avec précision les animations du corps dans un jeu, il est maintenant question de MotionScan. Cette technique donne la possibilité à Team Bondi, le développeur, de scanner le visage des acteurs sur 360 degrés pour les transposer intégralement dans L.A. Noire. Résultat, les expressions paraissent fluides et réelles, offrant un rendu extrêmement réaliste sur chaque personnage. Ce procédé est d'ailleurs loin d'être un gadget high tech puisque lorsque vous serez amené à questionner un suspect ou une victime, vous aurez l'occasion d'analyser les mimiques de votre interlocuteur afin de savoir si oui ou non il dit la vérité.

A la manière d'un GTA, L.A. Noire propose un monde ouvert dans un Los Angeles de 1947 à la fois fictif et cohérent. Cependant il faut s'attendre à un rythme de jeu bien plus posé qu'à un Grant Theft Auto. En effet, même si on a le droit à de classiques gunfights et autres courses-poursuite, les interrogatoires constitueront une large partie de l'aventure, pouvant parfois durer une bonne dizaine de minutes. La première étape est alors de dénicher des indices sur les lieux du crime. Ces preuves potentielles serviront à accélérer notre démarche puisqu'elles attiseront la curiosité de notre enquêteur, qui ne se privera pas de questionner le suspect à leur propos. Après la première question posée durant cet interrogatoire, le joueur aura le choix entre trois réponses : croire aux paroles de la personne en face de lui, l'intimider pour lui soutirer une information, voire carrément l'accuser. Bien sûr, la dernière option n'est pas sans conséquences, et pour consolider cette accusation, il va falloir piocher une preuve parmi celles trouvées. Si vous tombez juste, l'interrogé paniquera et l'affaire s'accélèrera avec, peut-être, un nouvel indice à la clef. En gros, la réflexion, la déduction et l'analyse passent avant tout le reste.

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Le piège aurait été de tomber dans un rythme haché, déstabilisant quelque peu l'action, mais c'est tout le contraire avec une montée en puissance au fil de l'enquête. On passe alors d'une filature à une course-poursuite en passant par une série de gunfights en plein Los Angeles, et ce sans s'ennuyer une seule seconde. D'ailleurs, on notera des séquences de tirs et de combats au corps à corps venues tout droit de Red Dead Redemption et de GTA IV. On tiquera quand même légèrement sur les combats à mains nues, plutôt mollassons. Autre point important, ce choix durant les interrogatoires donnera des résultats complètement différents d'un joueur à l'autre. Vu que la présentation se concentrait uniquement sur une mission (The Fallen Idol), on ne connait pas concrètement ces différences, mais certains joueurs avec un peu de jugeote plieront l'enquête en deux temps-trois mouvements, tandis que d'autres mettront un peu plus de temps à dénicher le vrai responsable, avec en guise quelques séquences supplémentaires pour l'aider.

Techniquement, le titre restait dans la moyenne avec ce procédé de MotionScan juste saisissant. Comme on en a l'habitude dans un titre estampillé Rockstar, l'atmosphère des années 40 était parfaitement mise en valeur avec ce grain terne pour bien signaler la noirceur de ce polar d'après-guerre. En revanche, quelques animations manquaient encore de travail, et la ville, parfois cruellement vide, ne demandait qu'à s'embellir. On espère également que le popping et le clipping seront un peu moins prononcés lors d'un prochain rendez-vous.

Pour vite conclure, on peut dire qu'on n'en attendait pas tant de L.A. Noire : après un mémorable Red Dead Redemption cette année, Rockstar semble bien décidé à marquer les esprits une nouvelle fois l’an prochain. Mature, posé, réfléchi, le titre de Team Bondi nous rappelle que le jeu vidéo a encore beaucoup à offrir et peut toujours innover, même en cette fin de décennie. Un jeu à surveiller de très près pour le printemps 2011, sans le moindre doute.

dossier réalisé par Thomas


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