Test de jeu / PS3 / NeverDead

- publié le 10 février 2012
- Etat : Disponible
- Date de sortie :02/02/2012
- Développeur :Rebellion
- Distributeur :Konami
- Thème :Post-Apocalyptique
- Genre :Shoot
- Nb de joueurs :1
Top ! Je suis un chasseur de démons moi-même maudit. Je suis le dernier espoir du genre humain. Je combats des monstres grotesques à l'aide d'une paire de flingues et de l'épée que je porte dans le dos. Je dois purger une salle de ses ennemis pour détruire le sceau qui m'empêche d'aller à la suivante. Je forme un binôme avec une jolie blonde et une musique rock accompagne mes actions. Je suis ? Je suis ?Devil Must CrySi vous avez répondu Dante, c'est que vous avez du goût. Mais la réponse attendue était Bryce, le héros de NeverDead, un jeu qui s'inspire allègrement du hit de Capcom. Comme le fils de Sparda, Bryce est lui aussi un chasseur de démon - mais immortel et vieux de 500 ans - agissant non pas en freelance mais pour la National Anti-Daemon Agency, une entité gouvernementale ultrasecrète. Il est en outre épaulé dans ses fonctions par l'agent Arcadia, une jolie blonde à la gâchette facile. Notre binôme se rend sur les lieux d'activités occultes afin d’éradiquer la menace démoniaque qui complote pour prendre le contrôle du monde des humains. Généralement, ce sont des endroits propices à ce genre de phénomènes : un asile psychiatrique, un musée, un commissariat abandonné... Notre paire d’agents ne contient qu'un seul héros et Arcadia se contente : 1/ d'être une proie facile qu'il faut protéger, 2/ de donner des ordres et 3/ d'attendre devant une porte fermée que vous veniez l'ouvrir à sa place.

Annoncé à l’E3 2010 par Konami, NeverDead est un jeu d’action à la troisième personne. A ce titre, Bryce va devoir combattre une pelletée de créatures à l’aide de deux flingues (chacun correspondant à une gâchette de la manette) et d'une épée papillon. Chose rare – probablement pour une raison d’ergonomie – la lame se manie à l’aide du stick analogique droit, les mouvements de gauche à droite ou de bas à haut permettant de trancher ou de lacérer sa victime. La panoplie de notre casse-cou se complète d’un bouton pour faire des roulades et un autre pour faire des sauts. Comme dans la majorité des titres du genre, un système d’expérience vient récompenser (par l’octroi de points à convertir en compétences) le nombre de cadavres laissés derrière soi et le temps perdu à chercher des trésors planqués dans les décors. Ainsi, Bryce aura jusqu’à dix nouveaux tours simultanément dans sa manche avec en vrac : des balles enflammées, un meilleur saut, une course plus rapide, des dégâts plus importants... Du très classique dans le fond, malgré une histoire qui alterne des scènes du passé de Bryce et de son présent.
La seule véritable innovation de NeverDead, celle qui est censée apporter sa plus-value au genre, provient du démembrement. Bryce à beau perdre un bras, puis l’autre, puis une jambe, puis l’autre, il trouvera toujours assez de jus pour ramper au sol comme un ver. Même décapité, il peut faire rouler sa tête jusqu’à son corps comme le faisait Sir Daniel Fortesque dans Medievil 2. Il ne peut pas mourir, sauf si sa tête se retrouve dans un estomac à jamais. Cette immortalité est alors mise à profit pour résoudre quelques énigmes à base d’éléments normalement dangereux comme le feu ou l’électricité. Malheureusement, ce qui devait tonifier le genre devient rapidement son plus gros défaut.NeverFunA trop vouloir faire reposer le gameplay sur ce démembrement, les développeurs ont tué toute forme de plaisir. A la moindre attaque d’un ennemi de base pas vraiment spectaculaire, Bryce explose comme une piñata pleine de bonbons. On perd alors notre temps à chercher nos membres comme un soldat allié sur une plage du débarquement. Et lorsqu’on arrive enfin à être autre chose qu’un homme-tronc, une nouvelle attaque nous éparpille comme un Crash Dummy. L’expérience de jeu est énervante, frustrante, dès le premier niveau. On se retrouve à avancer à cloche pied, à chercher sans cesse nos morceaux pour pouvoir continuer notre calvaire. Même si une capacité spéciale peut nous régénérer d’un coup, jouer les lépreux est immédiatement pénible d’autant que la séparation de ses membres a une utilisation aussi rare qu’anecdotique dans le jeu en lui-même. A peine de quoi ouvrir une porte ou trouver un trésor caché.

De toute façon, avec ou sans la disparation de ses membres, les affrontements n’atteignent jamais le dynamisme et la nervosité d’un Devil May Cry pourtant vieux de dix ans. Bryce n’est absolument pas gracieux et donne l’impression de se forcer à chaque balle tirée. D’un côté, on ne peut pas lui en vouloir compte-tenu du character design affreux des monstres échappés d’un mauvais Silent Hill. Les créatures sont souvent grotesques et leur sang bleu a de quoi achever la motivation du plus bourrin d’entre nous. Quelques boss d’une taille respectable relèvent légèrement le niveau mais il n’y a vraiment pas de quoi s’extasier.
Enfin, on se permettra de lâcher un bâillement d’ennui devant des niveaux qui se résument à trouver et à détruire les portails qui font apparaitre des nuées de démons dans notre monde. Une fois ça va, deux ça devient gênant alors à la cinquième on décroche pour de bon. Et on ne peut même pas prendre nos jambes à notre cou puisqu’un sceau bloque la sortie de la zone tant que le ménage n’est pas terminé. Vous l’aurez compris, la concurrence fait déjà mieux depuis des années.
Malgré des défauts aussi réels que récurrents, tout n’est pas à jeter dans NeverDead. Par exemple, on ne pourra pas lui reprocher son humour sympathique, sa bande sonore virile composée entre autres par Megadeth, sa durée de vie honnête qui avoisine les huit heures de jeu ou ses défis multijoueurs d’escorte et de survie. Pour le reste par contre, mieux vaut se tourner vers de meilleurs jeux.

• Un peu d'humour
• Bande son pour hommes
• Idées mal exploitées
• Créatures ratées
• Niveaux répétitifs
Verdict
Si l'originalité d'avoir un personnage en kit était prometteuse sur le papier, elle s'avère manette en mains n'être qu'une fausse bonne idée tuant le plaisir de jeu en à peine une heure. Très mal exploité, ce découpage du héros transforme des affrontements déjà poussifs en un jeu de piste morbide loin d'être amusant. Ajoutez à cela des ennemis ratés, des niveaux répétitifs et des énigmes aussi rares que simplistes pour obtenir la première déception de l'année.
Le Village PF

Graphismes
6 / 10En plus des défauts usuels pour une série B - aliasing, bugs, textures parfois pauvres - on retient surtout de NeverDead des ennemis ridicules qui ne valent même pas une balle.
Jouabilité
6 / 10La prise en main est relativement rapide mais Bryce manque de pèche et les combats deviennent rapidement confus quand on se retrouve à ramper comme un zombie.
Son
8 / 10Entre les répliques non dénuées d'humour de notre héros et les musiques rock dont certaines sont jouées par Megadeth, le son est ce qui se fait de mieux dans ce jeu.
Durée de vie
6 / 10Avec un personnage qui refuse de mourir, la difficulté est forcément réduite et donc la durée de vie n'excède pas les huit heures de jeu. Mais il faut s'accrocher pour ne pas abandonner.
Fun
2 / 10La chasse aux morceaux de cadavre énerve quand on les cherche pendant plus de dix secondes et quand, enfin complet, on se fait de nouveau pulvériser par un ennemi grotesque.